Bibl. nat., cabinet des titres, doss. Noaillesy f
2. Délibération du 26 juin 1559 (Registres secrets du parlement de Bordeaux ; Bibl. de Toulouse, Mss., B. 94).
3. Lettre de Ghantonay à la duchesse de Parme, du 2 mars 1560 (Recueil conservé aux arch. de Bruxelles, f. 44).
4. Lettre de Michiell à la république de Venise, du 6 mars 1560 (Mss., Dépêches vénit., filza 4, f. 16).
conjurés, surtout parmi les hommes de main obscurs que les Guises avaient laissés échapper, rentraient peu à peu dans leurs provinces, vaincus sans être découragés et pleins d'espérance en Favenir^. On découvrit dans le Bordelais les traces d'une organisation insaisissable, analogue à celle dont était sorti le tumulte d'Amboise. Les réformés s'affiliaient entre eux ; chaque ville avait ses chefs, qui obéissaient aveuglément à un mot d'ordre inconnu ; des collecteurs passaient auprès des fidèles et recueillaient des subsides qui étaient plus régulièrement payés que la taille *. Lie parti de la résistance catholique était particulièrement &ible à Bordeaux. Beaucoup de magistrats appuyaient secrètement les accusés. Le parlement, troublé par ses discordes intérieures et par les inimitiés qu'il s*attirait, ralentit les poursuites. La réforme était habile à profiter de l'hésitation des corps judiciaires. Le moindre acte de faiblesse des officiers du roi livrait passage à des c bouillons ardents », qui ne tardaient pas à avoir des suites sanglantes. La reine mère, en méfiance de Burie ^, envoya à Bordeaux François de Peyrusse, s. d'Escars, serviteur du roi de Navarre rattaché au parti des Guises, avec la mission officielle de servir
1. L'ambassadeur vénitien, Jean Michieli, dans deux lettres du 16 et du 28 mars, signale la Guyenne comme une des provinces les plus troublées du royaume (Mss., Dépèches yénit., ûlia 4, f. !6 et 32).
2. Otte organisation nous est révélée par un discours du président de Roffigoac au roi de Navarre (Registres secrets du parlemont de Bordeaux, séance du 25 juin 1560 ; Mss. de la bibl. de Toulouse, B. 94).
3. Commentairts $i lettres de Biaise de Monluc, édïi. de la Société de THist, de France, t II, p. 344.
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de lieutenant du roi dans la partie de la Guyenne située au nord de la Garonne^. D'Escars entra au parlement le SS mars 1560 et confia à la cour qu'il avait recueilli, en traversant la Saintonge, des nouvelles alarmantes. Il demanda un conseil de six magistrats, en permanence auprès de lui, afin de délibérer à toute heure sur les événements. La cour désigna deux présidents et les quatre plus anciens conseillers^.
L'efiarement produit par les premiers troubles était si grand que les officiers du roi croyaient apercevoir l'ennemi aux portes de Bordeaux. Cependant, le 17 mars, un capitaine saintongeois, le s' de Linars, écrit à Antoine de Noailles que la sédition est dissipée, mais il donne cette bonne nouvelle du ton dont il aurait annoncé Tattaque pour le lendemain ^. D'Escars, cédant à la terreur générale^ voulait mettre tous les hommes valides sous les armes. N'osant convoquer les membres du parlement à la garde des portes, il frappa leurs maisons d'un impôt destiné aux frais. La cour invoqua ses privilèges et réprimanda le dizenier qui s'était rendu coupable du crime de les méconnaître. D'Escars fut plus heureux avec les avocats et avec les procureurs. Sur les conseils du président Roffignac et après délibération dans la chapelle du palais, ils se
i. Ses lettres de nomination furent enregistrées par le parlement de Bordeaux dans la séance du il mars 1559 (1560) (Heg. secrets du parlement de Bordeaux; bibl. de Toulouse, B. 94).
2. Ibid. Délibération du 22 mars 1559 (1560). Sur l'entrée de d'Ëscars à Bordeaux voyez aussi la lettre de Linars à Noailles citée dans la note suivante.
3. Lettre orig. de Linars à Noailles du 17 mars 1559 (1560) (f. fr.,vol. 6911, f. 308).
résignèrent à prendre b pique, mais ils stipulèrent qu'ils pourraient se faire suppléer par gens capables au gré du lieutenant du roi ^
D*Escars, dans la crainte d'un soulèvement génà^, qui l'aurait trouvé désarmé, tandis que Noailles était absent et que Burie parcourait nonchalamment la Guyenne à la poursuite de séditieux obscurs , invoqua l'autorité du roi de Navarre. Il lui c fit entendre combien c de faveur ce pays recevroit par sa présence, laquelle c non seulement autoriseroitlesd. s. commissaires et c autres officiers du roi, mais contiendroit toujours c de plus fort les habitants de ce pays en l'obéissance c qu'ils doivent à Sa Majesté ^. > Le prince répondit par des protestations pacifiques et envoya des émissaires secrets aux églises. Les prêdies mystérieux, les réunions en armes, qui troublaient le repos des lieutenants du roi, cessèrent aussitôt comme par enchantement. L'obéissance des séditieux et l'influence du roi de Navarre sur des partisans, revêches à tout conseil padfique, étonna la cour et les ambassadeurs étrangers. Gonunent le prince aurait-il eu tant de crédit sur les réformés s'il n'avait eu des engagements avec eux ^ ? Mais les Bordelais paisibles, qui profitaient de la pacification, ne songeaient pas à incriminer les intentions du roi de Navarre. Antoine avait accordé aux écoliers
t. Séance du parlemont du 8 avril 1559 (1560) (Reg. secrets du parlement de Bordeaux ; bibl. de Toulouse, Mss., B. 94).
2. Lettre orig. de d'Escars au duc de Guise, du 12 juin 1560 (f. fr., vol. 15641, pièce 9).
3. ... al cual estan tan obedientes que se tiene mas sospecha (Résumé de dépêches de Chantonay au roi d'Espagne; orig. espagnol; arch. nat., K. 1493, n. 26).
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du collège de Guyenne le droit de s'assembler en armes ; le parlement avait annulé cette autorisation imprudente ; d'Escars obligea la cour à révoquer sa décision pour ne pas le blesser ^ .
Cette condescendance ne désarma pas Thumeur du prince. Il envoya à Bordeaux le capitaine Des Bories, enseigne de la compagnie du pnnce de Navarre, avec une mission qui ne pouvait être rigoureuse, car Des Bories avait des tendances vers le Calvinisme^. Le prince partit lui-même de Pau et rejoignit les commissaires du parlement à Marmande au milieu de juin, c Après avoir entendu d'eulx qu'il n'y avoit chouse c aucune qui deust raisonnablement esmouvoir ne ung c seul hoDOune de toute la Guyenne qui heust prys les c armes^ », il entra à Bordeaux. Le S5 juin, il se rendit à l'audience du parlement, à neuf heures du matin, n se plaignit aigrement des avertissements que le parlement avait adressés au roi et de la suspicion que de telles alarmes pouvaient faire naître dans son esprit. Quand ces avis eussent été fondés, dit-il, il avait les moyens d'apaiser tous les troubles, ainsi qu'il l'avait prouvé. Le président de Roffignac s'excusa en énumérant les assemblées qui avaient eu lieu et l'organisation redoutable, les armements, les collectes du parti réformé *.
Le même jour le roi de Navarre rendit compte au roi,
i. Arrêt du 8 mai 1560 (Registres secrets du parlement de Bordeaux ; Mss. de la bibl. de Toulouse, B. 94).