‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 9 sur 133 · La Planche, p · texte numérisé non relu

La Planche, p

aux prédications des ministres venus de Genève. Le jour de Pâques, le 26 mars 1559, il prit part à la Gène dans le temple de Pau, et, deux jours après, dans une maison particulière de la ville, dite la maison du Casse. Un carme défroqué, Arnaud Guilhem, dit Barbaste, et François le Gay, dit Boisnormand, étaient ses prêcheurs ordinaires^.

Jeanne d^Âlbret suivait son exemple. Jusqu'alors, elle n'avait donné aux cérémonies calvinistes, à la cène, au chant des psaumes, qu'une attention peu soutenue , où la curiosité tenait plus de place que le sentiment religieux. L'injustice dont la maison d'AIbret était victime de la part des deux rois qui se partageaient les forces de la religion romaine, la haine des Guises, rivaux de son époux et rivaux victorieux, le désir de contrarier la politique de Philippe II, champion de l'orthodoxie, l'espoir de trouver dans la réforme un levier contre l'ennemi conunun, et enfin l'orgueil blessé par l'échec du chef de sa maison, allumèrent dans son cœur une passion ardente qui ne devait s'éteindre qu'avec sa vie. Elle ne montra pas d'abord l'acharnement que d'autres oSenses, plus intimes peut-être pour le cœur d'une fenune, développèrent chez elle. Mais elle protège les ministres , elle assiste à leurs prêches , elle s'intéresse, comme sa mère Marguerite, aux disputes théologiques ; son nom devient populaire parmi les Calvinistes, et le pape Paul IV la qualifie de < fille pire € que sa mère, qui avoit gasté son mary et infesté « toute la maison de Vendosme '^ » .

i. Olhagaray, p. 520.

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