CHAPITRE DIXIÈME
Depuis la conjuration d'Amboise (mars 1560) jusqu' de François II (5 décembre 1560).
à la mort
Ltô roi de Navarre^ gouverneur de la Guyenne. — Ses intrigues à l'intérieur et à l'extérieur contre les Guises. — Mission du maréchal Saint- André en Guyenne. — Antoine chef des huguenots.
Assemblée de Fontainebleau (20 août 1 560) . — Arrestation de Jacques de la Sague^ de François de Venr dâme^ vidame de Chartres j et de Robert de La Haye.
Plan du roi de Navarre contre les Guises.
Troubles de Limoges y de Bordeaux. — Surprise de Lyon (5 septembre 1 560) .
Le roi quitte Fontainebleau (3 septembre 1 560) . — Le due de Guise s'occupe de réunir des forces. — Alliance de Philippe IL
Mission d'Antoine de Crussol et du cardinal de Bourbon en Guyenne.
Indécision du roi de Navarre sur son voyage à la cour. — // se met en route. — Le maréchal Paule de Thermes en Guyenne. — Montpezat ferme les portes de Poitiers au roi de Navarre.
François II se rend à Orléans. — Ses armements. —
État de la ville d'Orléans.
Le rai de Navarre et le prince de Condé arrivent à
Orléans (30 octobre 1 560) . — Emprisonnement du
prince de Condé. — Arrestation de la dame de Roye,
du bailli Groslot et du chancelier Bouchard. — Situor
tion du roi de Navarre à la cour.
Procès de Condé. — Arrivée à Orléans de Léonor de
Roye. — Tentatives d'assassinat contre le roi de
Navarre.
Le roi tombe malade (1 7 novembre 1 560) . — Confé^
rence de Catherine de Médicis avec le roi de Navarre.
— Mort de François II (5 décembre 1 560) .
Le roi de Navarre, en attendant ToocasioD de reconquérir de haute lutte, sur les champs de bataille de la cour, le pouvoir et la faveur du roi, s'efforçait d'utiliser, au profit de ses desseins contre les Guises, les convulsions qui déchiraient la Guyenne. Depuis son retour de Roncevaux, il parcourait les villes de son gouvernement, comme pour reconnaître ses partisans, et transportait sa résidence de Pau à Nérac et de Nérac dans la Basse-Guyenne, suivant les inspirations des événements. Au milieu de mars, il séjourna à Langon et y fut rejoint par le prince de la Roche-sur^Yon, qui revenait d'Espagne ^ Vers cette époque, il tomba gravement malade à Nérac, et, bien que sa maladie n'ait laissé aucune trace dans sa correspondance, elle parut
i. Lettre originale de Linars à Antoine de Noailles, du 17 mars 1559 (1560) (f. fr., vol. 6911, f. 308).
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assez grave aux contemporains pour leur faire préjuger Tajournement de ses revendications à la cour ^ . Son rétablissement lui permit de nouer de nouveaux desseins. Au conmiencement de mai, il réunit à Gondom une compagnie de chevau-légers de quatre cents hmnmes. Quelques jours après, il présida en Béam à de nouvelles montres dans les vallées d'Aspe et d*Ossau ^.
Beaucoup de gentilshonunes raccompagnaient, presque tous calvinistes ; plusieurs catholiques se ratr tachaient aussi à lui par ambition. Biaise de Monluc luÎHnéme, c comme voyant son meilleur », se rendait le serviteur de ce prince ^. Dans ses conférences avec ces nouveaux courtisans, Antoine louait le roi et protestait de son obéissance, mais il se plaignait amèrement des Guises. Sa politique, telle qu'on peut la dégager des correspondances originales, était de mettre les gros bataillons de mécontents de son côté. Les cruelles exécutions d'Amboise avaient répandu en Guyenne, parmi les coreligionnaires et les parents des victimes, des sentiments de vengeance que dominait à peine la terreur inspirée par les Guises^. Les viOes les plus indifférentes étaient sourdement travaillées par une agitation mi-religieuse, mi-politique. Dans plusieurs assemblées les gentilshonunes s'étaient juré
i. Mémoires de Vincent Carloiw, liv. Yin,chap. 9.
2. Lettre du duc d'Albuquerque à Philippe U, du 14 mai 1560 (Cîop. espag., Arch. de la secret. d'État d'Espagne, leg. 358, f. 52).