‹ Antoine de Bourbon et Jeanne d'AlbretChapitre 95 sur 133 · Lettre originale dn 8 fqrtembre 1560 (L fr., toL · texte numérisé non relu

Lettre originale dn 8 fqrtembre 1560 (L fr., toL

3. Instroction du roi à d* Anxanee poor le maréchal de Tbermei, le 8. dn Lnde et Bnrie (f. d«, rets le 28 sept. 1560| (V< de Oà^ bert. Toi. 27, L 70).

ennemi plus redoutable que tous les prêcheurs du Poitou. Le 4 novembre, René de DaiUon, évèque de Luçon, signale les habitants de Pousangues et de Mouilleron parmi les plus fanatiques et réfute les plaintes présentées aux états provinciaux contre quelques ecclésiastiques de son diocèse^. Le 19, peutr être pour excuser son inaction, Janiac écrit qu'il concentre sa surveillance sur la ville de La Rodielle '. Le 28, il annonce au duc de Guise que son lieutenant, le s. de Marcousse , a arrêté deux prédicants, dont il se prépare à faire bonne justice, et signale Teffervescence des habitants de Niort qu'il se dispose à visiter^. A Ghàtellerault, les réformés, poursuivis, menacés par les officiers du roi , adressèrent au roi une profession de foi. Cette pièce, témoignage de leur bonne foi, est une dissertation théorique qui touche presque également à la politique et à la religion. C'est un écho des requêtes des conjurés d'Âmboise , mais adouci par des protestations de dévouement que rien ne permet de suspecter. La confession, destinée à être présentée aux prochains états du Poitou, fut lue à rassemblée préparatoire de Châtellerault par un député que le s. de Montpezat qualifie de c fou >. Il l'envoya aussitôt à la reine mère, qui lui répondit durement € d'attraper celuy qui vous l'a présentée, dit-elle.

i. Lettre originale de l'évoque de Luçon au cardinal de Lorraine, du 4 novembre 1560 (f. fr., vol. 15871, f. 87).

2. Lettre de Guy Chabot de Jarnac au duc de Guise, du 19 novembre 1560 {Bulletin de la Société archéol. et hist, de la Charente, 1866, p. 359).

3. Lettre originale de Jarnac au duc de Guise, du 28 nov. 1560 (Vc de Ck)lbert, vol. 27, f. 211).

ET JBANNB d'aLBRBT. 299

c pour le faire loger et mettre en lieu où vous en € puissiez respondre au roy ^ • »

En résumé, la Guyenne n'avait pas encore commencé la guerre civile, mais elle s'y préparait. La province entière n'attendait qu'un chef et un signal. C'est cette agitation, très bien mesurée par le roi de Navarre, qui entretenait ses espérances. Par contre, elle inspirait aux officiers du roi des présages menaçants trop bien fondés. Il est intéressant de réunir, à la fin de ce chapitre, les appréciations d'ensemble des capitaines les plus avisés. Au commencement de septembre, Louis de Saint-Gelais, seigneur de Lansac, firappé, en traversant la Guyenne, des progrès de la réforme, signale au roi la rage des nouveaux iconoclastes et les excès commis par les bandes armées. Toutefois, dit-il, il n'y a point eu encore c d'assemblée de gens en armes qui soit à craindre^. » Fronton de Bérault, président de la chambre des vacations au parlement, écrit au cardinal de Lorraine que les séditieux s'enhardissent chaque jour et que la justice est trop faible pour appréhender les coupables, c En plusieurs villes, dit-il, y a gens qui font prédic cation et grandes assemblées tant en maisons pric vées que places publiques et souvent font de

i. La requête est datée d'octobre 1560, la lettre de Montpezat da 23 octobre et la lettre de la reine est sans date. Ces trois pièces sont publiées, sans indication de source, dans le Cabinet histo^ Tique, 1873, l** partie, p. 54. La lettre de la reine a été reproduite dans Lettres de Catherine de Médtcis, t I, p. 150, avec des notes qui éclaircissent ces documents et qui font connaître les sources.

2. Lettre originale de Lansac au roi, du 11 septembre 1560 (f. fr., vol. 15873, pièce 43).

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c grandes insolences et dérisions aux autres prèdieurs,

< qui aDDOocent la parole de Dieu selon t'institulion € ancienne. > Cependant il constate que, malgré les excitations, il n'y a pas eu encore de vraies prises d'armes dans la sénéciiaussée ' . L'optimiste Burie écrit, le SI septembre, après le passage de Lansac, que la Guyenne est plane c de ces opinions nouvelles > et que les prêches se multiplient < beaucoup plus à la « descouverte depuis six mois. » Il est vrai, dit-il, que ces assemblées ne se réunissent < que pour ouyr la « parole de Dioi. » Et, avec une modération politique assez élevée pour son temps, il pressent le danger des mesures de rigueur : < Hais qui les en voudroit gar- « der, il est tout certain qu'ils se m^troient en armes € pour se garder d'estre punis '. > Le 7 oct(d>re, il donne au roi de nouveaux conseils de prudence : < Il c n'est nouvelles de prédicans ny de prédications^ • mais oy bien d'en hault, comme tirant vers Agen

< et Bergerac et beaucoup d'autres lieux, tant villes « que villages, où il est presché ordinairement, non

< toutesfoys avec armes, si ce n'est quelqu'un qui

< porte l'épée. Et, comme je vous ay cy-devant escript,

< Sire, je crois (que), qui les vouidroit empescher € d'oyr leurs sermons, qu'il s'en esleveroit quelques

< ungz. » Cependant il ne craint encore aucun danger sérieux : < Quant Vostre Majesté cognoisc tera le temps qu'il sera besoin de leur empescba*

< totalement telle Fasson de vivre, j'espère avec l'aide

i. Iiettre orig. de ProatoD de Bérault au card. de Lorraine, du H sept. 1560 (f. fr., vol. 15873, pièce 3).

2. Lettre de Burie au roi, du 11 septembre 1560 (Arch. dé la Gironde, t. XIH, p. 127).

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c de Dieu que vous demourerez maistre ^ . > Le bonhomme Burîe ne soupçonnait pas les difficultés qu'il aurait à vaincre. Cette quiétude n'était point partagée par les autres capitaines. D'Ossun écrit au roi, le même jour que Burie, une lettre plus alarmante ; mais il ne redoute encore pour l'avenir c qu'une grande € agitation^. >

Antoine de Noailles, le plus sage des officiers du roi à Bordeaux, insiste sur les pillages que les fanatiques commettaient dans les villes sans défense : c ... Et en y a en plusieurs endroits qui ont profané c les églises, bruslé les ornemens et décorements c d'icelles ; en une petite ville, entre aultres, à plus c de trois cens écus : ce que je n'ay jamais entendu c avoir esté fait en Angleterre^, mais au contraire c tels et semblables sectateurs ont trop mieulx aymé c vendre et escbanger lesd. ornemens pour l'emc ployer aux parures et autres usaiges que par tel c mespris les avoir faict consonmier au feu ^ . » Le mouvement réformé lui inspire de grandes appréhensions, et, dans une lettre à la reine, du même jour que la

i. Lettre originale de Burie au roi, du 7 octobre 1560 (Ye de Colbert, vol. 27, f. 26).

2. Lettre originale de d'Ossun au roi, du 7 oct. 1560 (f. fr., voL 15871, f. 10).

3. Antoine de Noailies avait été ambassadeur en Angleterre depuis la fin de 1552 jusqu'au milieu de 1557 (Tamizey de Larroque, Antoine de Noailles à Bordeaux, p. 18). L'abbé de Yertot a publié en 1763, en cinq vol. in-18, le recueil des négociations diplomatiques en Angleterre de Antoine de Noailles.

4. Lettre orig. de Noailles au roi, du 18 nov. 1560 (f. fr., vol. 6908, f. 93). Partie de cette lettre a été publiée par M. Tamizey de Larroque dans Antoine de Noailles à Bordeaux, p. 70, in-8<>,

précédente , il prédit les plus grands malh^irs si le remède n'est pas vigoureusement appliqué ^ . Un rq>port, rédigé par un officier de NoaiUes, expose avec sagesse les causes de ces troubles si difficiles à maîtriser : les factieux, dit-il, sont d'autant plus audacieux que nous montrons plus de faiblesse ; il faudrait expulser les ministres, seuls auteurs du désordre. Les calvinistes sont réduits au silence, mais non soumis, c Ils attendent le futur Messie et les entends murmoc rer entre les dents *. » Et dans une autre lettre : c II faut en ce négoce user de diligence et de vive

c justice pour corriger l'audace de ces foux Mais

c il ne fault pas faire grand compte de leurs entrec prinses, m'asseurant que tout s'en ira en fumée, c incontinent qu'ils verront les veines ^. >

Dans les derniers jours du règne de François II, alors que la réforme, encore innocente de la guerre civile, commençait à s'étendre, il semble que le parti huguenot ait ébauché, en vue de la rébellion, un plan d'organisation générale. On en trouve quelques indices en Guyenne. Jarnac les révèle en quelques mots dans une lettre du 1 9 novembre \ 560. c J'ay entendu qu'il y € a encores des fols en la Gascogne et qu'ils debvoient, c dimanche dernier, assembler toutes leurs églises c pour prendre une résolution. J'ay envoyé gens c pour en savoir des nouvelles, pour incontinent vous

1. Lettre de Noailles à la reine mère, du 18 novembre 1560 (Tamizey de Larroque, Antoine de Noailles à Bordeaux, p. 71).

2. Avertissement à Noailles, du 13 novembre 1560 (f. fr., vol.

3. Lettre de Noailles au roi, du 18 novembre, publiée par M. Tamisey de Larroque dans Antoine de Noailles, p. 70.

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c les mander ^ . » Burie et d'Ossun ^ avaient reçu le même avis que Jarnac et avaient conféré avec lui. Malheureusement les rapports des officiers du roi n'apportent aucune lumière sur l'existence de cette réunion et sur les décisions qui y furent prises.

i. Lettre de Jarnac au duc de Guise, du 19 novembre 1560 {BulUtin de la Société archéol. et hist. de la Charente, 1866, p. 359).

2. Lettre originale de d'Ossun au roi (f. fr., vol. 15871, f. 35).

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