‹ Antoine de Laval et les écrivains bourbonnais de son tempsChapitre 27 sur 50 · GUILLAUME DURET · texte numérisé non relu

GUILLAUME DURET

érudition. « Clair dans ses explications^ large dans ses enseignements, philosophe dans sa doctrine, toujours soigneux de vivifier la lettre par l'esprit », (i) joignant I austérité à la dignité cl l'intégrité à la science, il fut pour ses frères et pour son fils un maître et un modèle, non moins utile par ses exemples que par ses leçons. L'un des premiers il s'appliqua à éclairer de savantes annotations les Coutumes de son pays ; malheureusement cet important ouvrage resta manuscrit et on ne le retrouve plus qu'en fragments disséminés dans les commentaires d'Auroux des Pommiers, magistrat Moulinois du dix-huitième siècle. Celte perte a failli être fatale à l'auteur dont on a été jusqu'à contester l'existence. En effet, comme le père et le fils ont exercé les mêmes fonctions au présidial, et que le nom de Guillaume ne se rencontre ni sur la liste des Présidents ( liste incomplète, il est vrai, pour les cinquante premières années) donnée par Auroux, ni sous la plume de Jean Duret qui fournit presque tous les renseignements qu'on possède sur cette famille, quelques écrivains otit pensé que Guillaume et Claude sont le même personnage. Mais, outre les détails précis donnés par Jean Duret sur un de ses frères qui ne peut être que Guillaume (2), nous avons trouvé dans les livres de Bournier et de Laval, ses contemporains, deux témoignages concluants en faveur de son existence et de son mérite. Bournier, qui l'appelle «Guillermum Durctum, praesulem antiquis-

(1) M. Méplaii), d'après Jean Duret.

(2) M.Méplain a établi ce point avec beaucoup de sagacité.

simum, ulriusque juris enuclealorem impigerrimum, » lui promet l'immorlalilé (i). Antoine de Laval nest pas moins explicite : « Je sais bien, dit-il au chapitre de la Jurisprudence, que tout le monde ne peut arriver à ce haut degré de doctrine de Monsieur Maître Guillaume Durel, ancien président de Bourbonnais, un vrai prodige de notre âge en la science du Droit : et en la Médecine de Messieurs de la i\ivière, du Laurens, Martin, Durel, et autres miracles de nos ans ; se 1 si non in primis, saltcm in secundis lerliisquc consislere lioiiestum est. « (2}

Adoptant cette maxime, Jean Duhet, plein d'admiration pour son frère aîné; s'est appliqué à revendiquer pour lui le premier rang, se contentant d'occuper la seconde place ; mais sa modestie nous paraît excessive, et le nombre, la valeur de ses ouvrages [3) lui assurent une part au moins égale dans Tillustralion de sa famille.

(1) Vivat iionos Bnjiim Duielus ! Durct in annos,

Ciijiis post obitum faiiia supcisics erit.

(ffortulus ÀpoUinis, p. 8^.)

('2) Antoine de Laval : Professions nobles, p. 94.

(3) Voici la liste des ouvraj^es de Jean Duret : Paraphrase sur le style de la sénéchaussée de Bourbonnais. — Traité des peines et amendes diligeinmenl c\lrait des anciennes lois, conslilutions canoniques, lois civiles et impériales, aïconipagné de la pratique française. — Harmonie et conférence des magistrats romains avec les officiers français tant lai'unos qu'ecclésiastiques. — Commentaires sur la coutume du Bourbonnais. — Alliance des lois romaines avec le droit français. — Commentaires sur la coutume d'Orléans. — Des incompétences et récusations. — Observances guerrières qui réconcilient les Jurisconsultes et rilistoirc. — Avertissement sur l' Edit de Blois. — Annotations à l'Edit d' .^mboise. — /iUiance des coutumes, — Axiomes de droit canon.

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