‹ Antoine de Laval et les écrivains bourbonnais de son tempsChapitre 3 sur 50 · LE BOURBONNAIS APRÈS SA REUNION AU DOMAINE ROYAL · texte numérisé non relu

LE BOURBONNAIS APRÈS SA REUNION AU DOMAINE ROYAL

Avènement des Bonrbons an (rône de France. — Influence protectrice lies roi.<. des reines douairières, des gouvoraeiirs. — Zèle éclairé des ratinifipalités- — Renaissance littéraire au seizième et au dix-septième siècle.

La rébellion, la mort du Connétable, !a réunion de ses biens nu domaine roval mirent fin à l'indépetidance politique du Bourbonnais : l'un des derniers grands fiefs de la France disparut à son tour, et Moulins qui avait peut-être tenu dans les rêves ambitieux de Charles de Bourbon le rang de'capilale d'un royaume important, se vit à jamais réduit au rôle plus modeste de chef-iieu d'un gouvernement administré par les agents directs du roi. Mais celte incorporation ne fut ni violente, ni vexatoire : favorisé par la clémence

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de son ciel, l'aménilé de ses habitants, sa position géographique, ses souvenirs historiques et l'avènement au trône d'une famille dont il avait été le berceau, le Bourbonnais occupa une place à part dans les soins, on pourrait presque dire les prévenances de la monarchie. Quand les vicissitudes de la politique les appelaient loin de Paris, les souverains se détournaient volontiers de leur roule pour visiter une ville à laquelle la magnificence de ses ducs avait fait une réputation d'élégance et d'urbanité qu'elle a conservée jusqu'à nos jours. C'est là que Henri II voulut faire célébrer le mariage de sa cousine Jeanne d'Albrel, dont le duc de Guise et le fils de Charles-Quint avaient inutilement disputé la main à Antoine de Vendôme, et, pour ne pas attrister le bonheur de son enfant, la reine de Navarre, la Marguerite des Marguerites, fît trêve pour un jour à la tristesse profonde qu'elle éprouvait depuis la mort récente de son frère bien-aimé. Quelques années plus tard une autre Marguerite, fille de François 1^% voulut aussi s'arrêter à Moulins : son frère mourant l'avait mariée au duc de Savoie, Philibert-Emmanuel, et elle allait rejoindre son époux en compagnie de l'Hôpital, son chancelier, qui consignait jour par jour les incidents de ce voyage dans des vers latins fort élégants. C'est à Moulins que la cour, en 1 566, se reposa des fatigues de ce long voyage qui avait abouti aux conférences de Bayonne : Charles IX y convoqua la plus auguste assemblée que pussent fournir les trois ordres de la nation, et c'est le nom de Mou-

APRÈS SA RÉr.MO.N Al" DOMAINE KOYAI>. o

lins que porte encore la célèbre ordonnance promulguée alors par les soins de l'Hôpilal (i).

Dix ans après, en 157G, eut lieu à iMoulins une autre assemblée, moins connue peul-êlre, mais d'une égale importance dans I histoire de nos dissensions politiques el religieuses. Le roi de Navarre avait réussi à s'enfuir de la cour, où il était retenu prisonnier depuis la Saint-Barlhélemy, el, à peine libre, avait abjuré le calholicisme que lui avait imposé Charles IX. De son côté François d'Alençon, depuis duc d'Anjou, avait ouvertement arboré l'étendard de la révolte : résolu à défendre ses prétentions par les armes, il avait réuni dans le Bourbonnais des troupes françaises el étrangères ; mais avant de commencer les hostilités, il convoqua à Moulins un grand conseil de Politiques, auxquels se joignirent les députés du Béarnais, et ainsi fut scellée l'alliance des Politiques el des Huguenots. Maître du centre de la France, disposant des dix-huit raille Allemands que Condé venait de lui amener à Moulins, pouvant facilement doniier la main aux Protestants du Midi, d'Alençon parut assez redoutable à la cour pour qu'on lui accordai la Paix de Beaulieu. Ce traité lui donnait, ainsi qu'à ses alliés, de si grands avantages, que les Catholiques ardents, se croyant sacrifiés par le roi, organisèrent la Saitile Ligue, dont Henri HI ne craignit

(Ij La même annéo, Heiiii d Anjou, depuis roi de Pologne et de France, reçut de sa mère le duché de Bourbonnais : pour laisser de lui un souvenir durable dans ses nouveaui domaines, il institua a Moiilins les Chevaliers di^ l'Oiseau, dont une rue rappelle par son nom les réunions joyenses et 'es pacifiques eiploils.

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