ÉTAT DU BOURBONNAIS
pas de se déclarer le chef. L'assemblée de Moulins peul donc être considérée comme le prélude dés Elals de Blois(i).
En i584, mourut ce duc d Anjou, frère unique du roi. Sa mort accrut les embarras de Henri^ III : aux sujets déjà si nombreux de troubles se joignit la question de la succession au trône. Qui hériterait de cette couronne vers laquelle tant d'ambitieux étendaient la main? Serait-ce un Bourbon hérétique, ou un Ligueur insolent et secrètemeiil rebelle ? Philippe IL q'»i avait prodigué les promesses à la Ligue et s'était plus intimement uni au duc de Guise par le traité récent de Joinville, réussirait-ii à placer la France sous son sceptre, comme il venait d'y placer le Portugal ? Pour déjouer tous ces calculs, il aurait fallu donner un Dauphin à la France: c'était le vœu le plus ardent du roi, et, pour le réaliser, il conduisit en i 586 la reine dans le Bourbonnais, venant demander aux Eaux de celle province une fécondité que lu Providence ne devait pas accorder à la race épuisée des Valois (2).
Peut-être n'avail-il pas été fâché de trouver ce prétexte pour se rapprocher de ses favoris, Joyeuse et il'Epernon, qui Icvaieiit des armées en vue de la protlinine guerre, et méditer plus à loisir le plan habile qui devait relever son prestige en confondant à la fois les
il; AïKiiu'ti!: Esprit de la Ligue. U, p. 150-153, passim.
(i) Déjà, trois ans auparavant, il était venu prendre les eaux de HourbonLaïKV. (l^'FM^ùU' : Jonriinl, août 1.083. — L'Il^toilc écrit Hoil)iin-f2nsiis.')