NOTICE DE COLLETET SUR LAVAL POÈTE
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Antoine Math, de Laval. — Un ancien Peintre pour obliger le bon et vieux Homère, s'avisa un jour de le peindre comme un grand colosse de la bouche duquel sorloit un torrent d'eau, qui s'épendanl sur la terre formoit comme un vaste fleuve, & après lui avoir fait faire plusieurs tours et retours sinueux, il le partagea en plusieurs petits ruisseaux dont s'abreuvèrent tous les poètes suivans ; voulant montrer par là qu'Homère avoit été la source féconde des belles inventions, & que tous les poètes avoienl de lems en tems puisé chez lui tout ce que l'on Irouvoil de beau & d'éclatant chez eux. Mais ce que ce peintre fit pour Homère, on le pourroil encore raisonnablement faire pour l'Ariosle ; car dès que son Roland-le-Furieux eut paru au jour, ses nobles imaginations plurent tant à toute l'Europe polie que la plupart des beaux esprits de son siècle s'enrichirent des dépouilles de cet excellent poêle italien, & 6rent tous leur trésorde ses richesses : Ronsard limita en beaucoup
d'endroils de ses œuvres ; mais Antoine de Baïf, Philippe Desporles, Louis d'Orléans, Jean de Boissières & plusieurs autres prirent à lâche de nous le représenter presque tout entier en notre langue. Celui-ci dont il s'agit voulut pareillemenl entrer à son tour dans cette fameuse carrière ; & prenant les amours de Zerbin, princed Ecosse, &d Isabelle, fille du roi de Galice, pour sujet de ses vers, il les traita avec tous les ornemens poétiques dont il se put aviser, & fit bien paraître par là qu il n'avoit pas l'esprit mauvais ; car encore que sa poésie n'ait pas toute la délicatesse de celle de Desportes, elle en a du moins la force & les puissans mouvemefis. Aussi fut-ce l'amour qui le sollicita d'entreprendre cet agréable travail. Comme il aimoit une Isabelle, il voulut en sa faveur renouveler les ardentes passions de celle dont elle portoit le nom.
Il naquit à Sainl-Germaiu de Laval, dans cette agréable et petite contrée de Forez qui a depuis produit les Céladons & les Astrées, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus délicieux au monde ; et comme en naissant il respira un air doux et tempéré, il fut aussi bientôt susceptible de la plus douce de toutes les passions, et il voulut môme que toute la postérité sût qu'il est bien malaisé d'être jeune & d'être sans quelque inclination amoureuse.
L'an 1 697 il fil imprimer à Paris in-8° ses poésies sous ce litre : Uniques & chastes amours d'Isabelle, imitation de l'Ariosle, par A. M. D. L. V . F. poëme de longue haleine, où il y a des endroits fort
APi'ENnu.E. 447
palliéli(|iies. Mais afin que Ion juge de ses vers^ après avoir invoqué les Muses, et témoigné à son Isabelle que c'éloil à son occasion qu'il enlreprenoil. cet ouvrage, c'est ainsi qu'il entre en matière :
Lorsque iti France esloit, comme mère féconde Des vaillauls PaliUlins, le lustre de ce monde, Que les loix tleurissoienl les armes de l'honneur, Que les lettres, les arts la comhloient de bonheur, Maints chevaliers erroient esloii^nez de tout vice: De Bellone & de Mars pratiquant rexercice. Aux hazardeux combats, aux joustes & tournois Curieux de louani^e, cndossoient le harnois; Guerriers aventureux ils faisoient des couquesies Dans les antres obscurs des plus sauvages besfes, Aux cavernes des ours, des lions hérissez Ils alloient rechercher de beaux trésors musse/,, lout mont leur éloit plaine, & des tours de fortune, Au travail endurcis, ils n'avoient crainte aucune. Rien n'esloit impossible à leur esprit hautain : Ils dépiloient la Parque et le sort incertain; Ils achetoient l'honneur aux dépens de la vie. Et jamais de labeur navoient l'àiiie assouvie, t.eur amour estoit ferme, & d'aucun changement Ne laissoient altérer leur libre entendement, (^.e mesme âge abondoit en beautez signalées Où les grâces du ciel noblement estalées Paroissoient à l'envi.
Quiconque en voudra voir davantage, peut consulter l'original qui n'est pas <1 dédaigner.
Ce poëme est suivi de trente sonnets amoureux qu il composa en faveur de cette jeune Isabelle, Tunique objet de ses passions. C'était une belle Demoiselle Hollan-
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doise, Oile de Nicolas iNicolav, Géographe oïdinoire du Roi, de laquelle il élail devenu éperduemeiil amoureux pendant un voyage qu'il fil en Hollande, comme il le témoigne à l'enlréede son poëme par ces vers :
De ce climat du Non Où elle ptil naissance elle relient l'effort; Car lorsqu'elle naquit aux terres hollandoises-. Quoique les Déilez et les Grâces courtoises Se missent en devoir d'enrichir ce beau corps De l'ornement divin de célestes trésors...
& le reste où il la loue haulemenl, non-seulement pour êlrc belle & vertueuse, mais encore pour être savante. Quoi qu'il en fût, il fil tant par ses devoirs assidus & par ses vers amoureux qu'il se mit bien avant en ses boimes grâces, & môme qu'il l'épousa depuis du commun consentement des parens de sa maîtresse. Mais pour ce que ses sonnets ont je ne scais quoi de fort & de vigoureux, j'en rapporterai ici quelqu'un :
Je me tasclie de voir ces ardeurs empruntées,
Ces ennuys simulés, ces feintes passions.
Ces blasphèmes légers, ces traistres unions,
Ces amitiés d'un jour, ces flammes limitées ;
Je me fasche d'ouïr ces plaintes irritées,
Ces souspirs allumez, ces soties fictions,
Ces renaissantes morts, ces nouveaux Ixions,
Kl ce bruit ennuyeux de fables repelées :
Mais quand une apparence en effets se dément.
Je suis hors de moy-mesme & perds l'entendement,
Voyant le plus rusé guerdonné de sa feinte.
Je veux que mon amour paroisse par effets,
Et, dussé-je mourir, je ne feindrai jamais,
Car mon amour est sainei comme Is.ibelle est saincl»^.
Tous les autres sonnets ne sont pas moins réguliers que celui-là, & sont peut-être encore reniplis de plus fortes pensées, comme la lecture en pourra faire foi. El ainsi l'on peut conclure en sa faveur que s'il n'éloit pas le meilleur poëte de son siècle, du moins il n'étoit pas au rang des pires. HonesUim est in secundis lertiisque consistere ; il est encore assez honorable, dit Cicéron, d'être au second ou au troisième rang. Mais je ne scais si ce qu il dit de l'orateur peut convenir au poëte qui n'est guércs louable quand il est médiocre.
Il vivoil encore l'an i5g8, & par la lecture d'un de ses sonnets, je conjecture qu'il faisoil profession de porter les armes, car c'est ainsi qu'il parle de luimême :
Je me plais aux combats d'une guerre eslrangèrt- Où le sang épandu nous apporte l'honneur ; J'aime tort les duels où le juste vainqueur Fait exhaler du corps une àme mensongère, etc.
Antoine Duverdier & George Draude ont fait mention de lui dans leurs Bibliothèques des écrivains français; mais ils se trompent tous deux lorsqu'ils disent que ses œuvres furent imprimées dès l'an iSyô, puisqu'elles ne le furent effectivement qu'en l'an 1097, & je crois pour la première édition. Si ion m'objecte qu'il fallait nécessairement qu'il les eût publiées avant lan i 585 puisque la Bibliothèque de Duverdier qui en parle ne le fut qu'en cette même année ; je répons que Duverdier qui étoil du païs de Foresl voulut par avance obliger son concitoyen & dire de lui qu'il avoit fait une
chose qu'il n'étoit seulemeni <jue dans |y rt;so!iilioii de faire.
r.ollelel: Manuscrit île la Bibliothèque du Louvr.-, !;rajui Ibrmat, n« '2..i98, !oni. IV. p I.S3 il 181.)
Nous II avons pas U'ouvé dans Uuvcrdier rarlicle dont parle Collelel, ; cependant la dale de \5jG esl exacte, du moins pour le po()me iVIsahclle, comme on peut le voir sur l'exemplaire que possède la Bibliothèque de l'Arsenal et qui porte simplement pour lilre : Isabelle, iinkalion de l. .Iriosle par Jni. Malh. (le Laval Forésien. L'ouvrage est dédié non pas à la belle-Hlle de Nicolay, mais '■< à Irès-illustre et trèsvertueuse princesse lienrietîe de Clèves, duchesse de Nivernais. » Parmi les pièces de vers composées à sa louange, on remarque un sonnet de mademoiselle F. de La Piochefoucault, un quatrain de mademoiselle Anne de La Rochefoucault el des stances de Claude iîillard « secrétaire de la reine de Navarre. »
Laval ne s'est pas contenté d imilei J'Anoste; il a fait en quelque sorte de son Isabelle un épisode du Roland Furieux. On pourra en juger par l'analyse (jue nous croyons devoir donner de ce poëme à cause de sa rareté.
Zerbin, prince écossais, engagé au service du roi de FraDce et retenu sous les drapeaux par les lois de l'honneur, ciiarge son ami Orderic d'enlever el de conduire en Ecosse Isabelle, princesse de Galice, qu'il aime et dont il esl aimé. L enlèvement a lieu, mais le navire qui transporte Isabelle fait naufrage, et, pour comble de
inallieur, OnJeric, irahissanl i uiiiilié el la conliance de Zerbiii, ose lever les yeux sur la belle princesse ; il se porterait môme euTers elle aux (Jernières exlrémilés sans l'arrivée subite d'une troupe de malandrins. Quoique débarrassée d'Orderic, Isabelle n'en est pas moins dans une situation critique : les malandrins la conduisent dans an souterrain, leurrepaire. Là linforlunée princesse se trouve en butte à la grossièreté de ces brigands et surtout aux mauvais traitements d'une vieille mégère nommée Gabtine. Heureusement Roland survient, la délivre ul l'emmène. Comme ils clieminenl de compagnie, ils aperçoivent un funèbre cortège : c est un guerrier que lo!) conduit à la mort: en lui Isabelle reconnaît Zerbin à qui Roland rend la liberté. Zerbin raconte que, en allant à la rechercbe de ses amours, il avait vu venir an devant de lui un chevalier a la visière baissée (ce n'êlail pas un chevalier mais bien In valeureuse Marlise) suivi d'une horrible vieille; obligé d'accepter le combat, il avait été vaincu el contraint de devenir l'hamble serviteur de la vieille femme. Celle ci, qui n'était autre que (iabrine, aussi méchante que laide, pour se venger du mépris que lui témoignait son conjpagnon, avait osé dire au comte d'Hauterive que son lils avait été assassiné par Zerbin ; le comte furieux avait sur-le-champ ordonné de conduire le prétendu meurtrier au supplice, et si ce dernier n ertl rencontré Isabelle et Roland, c'en était lait de lui.
Cependant Roland perd la raison ; dans un accès de foiiu furieuse, iî déchire ses habits et répand ses
4S2 AI>PENIUCK.
armes sur le sol. Pleins de reconnaissance pour leur libérateur, Zerbin el Isabelle recueillenl les diverses pièces de celle armure célèbre et en composent un Irophég. Comme ils achevaient ce pieux Ouvrage, survient Mandricard qui ose porter la main sur les armes de Roland ; Zerbin essaie de les défendre, mais, malgré sa bravoure, il est vaincu el tué. Isabelle ne veut pas lui survivre; elle va se percer le sein, lorsqu'un ermite du voisinage la détourne de ce projet coupable et lui conseille de consacrer à Dieu le reste de ses jours. . Avant de se renfermer dans un monastère, Isabelle rendra les derniers devoirs à Zerbin : aidée par l'ermite, elle transporte vers un lieu saint les restes de celui qu'elle pleurera toujours, quand tout à coup Rodomont s'offre à sa vue. Ebloui parla beauté d'Isabelle, il ose, au mépris de sa faiblesse et de sa douleur, lui déclarer lii passion qui le transporte: cette passion est aussi violente que subite ; il ne se fera pas scrupule de l'assouvir; il écrase sans peine le vieil ermite, faible défenseur de la princesse qui demeure ainsi à sa discrétion. Préférant la mort au déshonneur, Isabelle a recours à la ruse ; elle déclare à Rodomont qu'elle connaît certaines herbes dont le suc a la propriété de rendre invulnérable; s'il veut la respecter^ elle composera pour lui celle merveilleuse liqueur. Rodomont accepte el s'enivre pendant que la princesse recueille les simples el en exprime le jui). Quand l'opération est terminée, elle se frotte la tête et le cou avec ce baume précieux, et invile le brutal guerrier à essayer sa puissance, Rodomont bran-
APPEMUCIE. 455
(lil son glaive, trappe el la télé d'Isabelle vole
au loin. Son honneur esl sauvé, elle raeurl lidèle è Zerbin .
Isabelle esl un poërae épique ; cependant un long passage, les plaintes de la princesse après la mort de Zerbin, esl en vers lyriques, el Laval nous informe dans son avis au lecteur, que ces vers avaient été mis en musique « par quelques siens amis, excellents musiciens ». Un de ces vers(i) nous fournit l'élymologiedu mot Mistral, ce vent terrible qu'on regardait autrefois comme l'un des trois fléaux de la Proven('e.
KCLAIKCISSEMENTS
Sur le inocès intenté au connétable de Bourbon à l'instigation de Louise de Savoie. (Page 382. *
Les domaines de la maison de Bourbon se composaient de fiefs el d'apanages: s'il n'était intervenu aucune convention particulière, Tordre de succession aurait été réglé par les lois du royaume, el aucune difficulté n'aurait pu être soulevée. Mais il n'en fut pas ainsi, el, à plusieurs reprises, diverses stipulations modifièrent les drotls, soit de la courocme, soil des deux branches, aînée el cadette, delà famille de Bourbon.
Voici, en résumé, quelles furent ces conventions :
Première conrcnlion.— Lorsque le duc de Bourbon, Jean l", fils de Louis II el d'Anne, dauphine
') Lp vent Maistrol r'jrvieqt
d'Auvergne, épousa Marie fille de Jean de Berry, ce dernier donna pour dol à Marie, le duché d'Auvergne et le comté de Montpensier. Ce duché et ce comté étant apanages devaient, faute de mâles, revenir â la couronne; mais le roi accepta une transaction, en vertu de laquelle ces domaines purent passer, même par les femmes, dans la Maison de Bourbon, à condition que le duché de Bourbon lui-même deviendrait ajianage, et serait réuni au domaine royal à l'extinction des mâles. (Dans son plaidover, Lizet, avocat du roi, s'appliquera à établir qu il s'agissait seulement des mâles dans la ligne directe, de primogenito in primogenitum.)
Deuxième couvenlion. — Jean 1^"^ et Marie de Berry eurent deux fils: Charles, laîné, duc de Bourbonnais et d'Auvergne, comte de Forez, sieur de Beaujolais, et Louis qui, au conilé de Montpensier joignit le pays de Combraille et la moitié du comté et (lu dauphiné d'Auvergne. Pour maintenir florissante la Maison de Bourbon, Louis renonça, pour lui et ses héritiers, à rien réclamer de la succession des Bourbons de la branche ainée, tant qu il y aurait lignée, fils ou Hlles, de son frère Charles. Mais trente ans après, en i488, Gilbert, fils de Louis, se fit relever de cette renonciation piir son cousin Pierre de Beaujeu, fils de Charles.
Troisième convenLio)i. — Pierre H n'eut de son mariage avec Anne de France qu'un fils, Charles, qui mourut jeune, et unefille, Suzanne. \ la morl«le Pierre II,
APPENDICE. iSb
SOU héril?ige aurait d(ï aller à 'a Couronne, si la renoiici;!lioii de Louis de Moiilpeiisier : lail mainlenoe; si elle ne l'élailpas, elle devait passer aux mains des Montpensiers. Mas Pierre li el Anne de FraïKe fais;inl valoir, en dépil de la première convenlion, que le duché de Bourbon n'émanait pas de la couronne, qu il était un apport dolal de Réalrix, femme iîe Robert de Clermonl, avaient obtenu de Louis XH que leur héritage passerait à leur fille Suzanne.
Quatrième convenlion. — Pendajil que Pierre II el Anne poursuivaient renlérinemenl des chartes contenant ce privilège, le fils de Gilbert de Montpensier, i^ouis II, en avant été instruit, forma, en tant que mâle issu de Jean I^*", el en vertu delà convenlion de 1488, opposition contre cet entérinement. De là un premier procès devant le parlement de Paris : ce procès amena une rupture entre Louis de Monlpensier el Pierre 11 de Bourbon, qui aimait beaucoup Louis el songeait â et! faire son gendre. Suzanne fut alors ( 1 5oo) fiancée, à Moulins, en présence de Louis XII, au duc d'Alençoi!. el à celle occasion, le roi accorda des lettres de réhabililalion à la Maison d Alençon, encore sous le coup de la condamnation qui l'avait frappée sous Charles \II ; il conféra en outre, par d'autres lettres, à Suzanne et aux hoirs masculins ou féminins qui naîtraient de ce mariage l'héritage de la Maison de Bourbon. Ces lettres a>anl été présentées au parlement, Loui< de "'lonlfionsier fil nue nouvelle opposition.
45fi appem>i<;e.
Cmquième convenùmi. — Sur ces enlrefailes, Louis suivit tl'Aubigny en Italie comme voloiilaire (i 5oi), el i' se distingua lellemeni à la prise de Capoue el à la cou' quête du royaume de Naples, que Louis \I1 songeait à le marier à sa nièce^ Madame de Foi\ , el à lui donner le litre de vice-roi, lorsqu il apprit sa mort (14 août i5oi) (i) Pierre II et Anne prirent alors avec eux son jeune frère Charles, âgé de douze ans, qui se fit si bien aimer de loulle monde que, à la mort desonmari(i5o3), Anne, subissant la pression de l'opinion publique, suspendit le mariage imminent de sa fille avec le duc dAlençon, dans l'intention de marier Suzanne à Charles. L'amitié qu'elle avait pour Louise, sœur de Charles {'.i], contribuait à rentrelenirdanscellerésolulion.lSéanmoins Charles, par les conseils de son beau-frère, le prince de la Roche-sur-Yon, de son gouverneur, le prince de Condé, d'Antoine de Riora, gouverneur de François- Monsieur, et de Marillac, sans se brouiller avec Anne qu'il prévint de sa démarche, adressa une remontrance à Louis XII à l'effet d'élre admis à prêter hommage pour les domaines masculins de la Maison de Hourbon. Le roi ne l'admit pas à l'hommage, mais il lui donna
Il Les trois prince>* de Moutpensier. Louis !«', «Gilbert et Louis IL furent enterrés dans la chapelle Saint-Louis, ;i Aifjueperse, ainsi qu- ( laire de Gonzague, femme de Gilbert, morte en 1503.
(2) Louise, veuve du comte de Chauvignv, épousa Louis de IJourbon - Vendôme, prince de la Rocbe-sur-Yon, dont le fils, Louis II, porta if litre de duc de MontpiMisier et fut l'aïeul de Henri de Bourbou-Monlpensiefj à qui La>al dédia VULstoire de Marillac. Henri eut une filie, Marie, qui en 1626 épousa Oa«ton d'Orléans et lui porta 1p< biens pf le* titrçs de s? niaison.
APPENDICE. 4o7
acle de la réserve de ses droits. Cepetiddnl Aiiîit- avani dégagé sa parole el rompu avec le du'" d'Alençor), inariii Suzanne à Charles, son cousin: pour fairedisparaîlre toute cause de contestation ultérieure, il fut stipulé au contra' que Charles et ses enfants, ou, à leur défaut, François- Monsieur et ses enfants, hériteraient de tous les biens de la Maison de Bourbon (mai i5o5).
A partir de ce monienl, Charles prit el porta tous les litres afférents à ladite Maison, et par leur étiuméralion on peut voir quel puissant vassal le roi avait ei) lui. Il sintilulail, en effet, duc de Bourbonnais et d Auvergne, comte de Clermonl en Beauvaisis, de Montpensier, de Forez, de la Marche, et de Clermont en Auvergne, dauphifi d'Auvergne, vicomte de Cariât el de Mural, seigneur de Beaujolais, de Combraille, de Mercœur, d'Annonav, Je Roche-en-Revnier el de Bourbon-Laijcy, pair et chambrier de Fiance. En i docj, Louis XII, v joignit la charge de comraandanl de'» Pensionnaires, tant de France que de Lorabardie " qui étaient bien en nombre deux cents gros seigneurs et grands personnages , accompagnés coinmunémeiii chacun d'eux de dix, quinze ou vingt personnes d exploit.») A son avènement, François I^' lui donna l'office de Connétable, vacant depuis la mort de Jean il de Bourbon ( i^SS) ; il y ajouta le souvernement du Languedoc, et Nint à Moulins tenir, avec Anne, sur le> fonts baptismaux le fils qui éiaii né de Charles el dn Suzanne en i5 t ^.
158 APPKMMCK.
Teslamenls de Suzanne et (i\imie, sa mère. — Co fils élant moil, Suzanne lit, à Monliuçoîi; un leslament par lequel elle insliluait son mari légataire universel. Lorsqu'elle mourul elle-même (i 522), Anne laissa aussi un leslamenl en faveur de son gendre.
Les droits de Charles paraissaient donc assurés, lorsque s'élevèrent les prèlonlions de Louise de Savoie qui, au nom de sa mère Marguerite, sœur de Pierre II, (■l comme plus proche héritière de Suzanne que le connélable, revendiquait tous les biens qui n'étaient pas apiinages; les apanages devant revenir au roi, par suite de l'extinction des mâles de la branche aînée de Kourbon. Louise qui avait quarante ans (i), huit de plus que Charles, désirait l'alliance du connétable. Secondée par son instrument, le chancelier Duprat, elle espérait que ce prince accepterait un mariage avec elle comme un excellent moyen de prévenir tous différends, ainsi que cela avait eu lieu lorsqu'il avait épousé Suzanne: dans le cas où il refuserait, elle comptait par ses tracasseries le forcer à se compromettre et à faire quelque éclat qui amènerait laconfiscalion de ses biens(2). Rebutée et blessée dans son amour-propre, elle porta l'affaire devant le
,1) Et même (iiiaraii(e-si\, si l'o» adim-l la ilalc tic !î7'i |iiiiii jn naissance.
'.'i Le caraclérc de Louise de Savoie elait altier, diulaigneiix cl l'ailleur; dominer, pour elle, était plus qu'un désir, c'était uu besoin impérieux , et si elle aimait passionnément son fils, c'est que ce lils était roi, et qu'une partie considérable de l'autorité royale passait des mains de ce prince léger et ami des plaijiis dans telles de la rcineiiicre. Ouelques fragments du Journal qu'elle rédigea de lôOt à IVi'i ninnlreront la sécheresse de Sdu cn-ur et la mîtli[]inté de soii esprll. !,«
Paiienjeiil qui eut à se profioucei ^ur la valeur, le luaiiilien ou la suppression des diverses conventions. Bouchard plaida pour le coimélable, Monlhelon pour Anne (ie France, donl ce procès hâla la iin, Guillaume Povel, depuis chancelier, pour Louise, el l'avocat général Lizel. depuis premier présideni, pour le roi. Laval donne le résumé de ces divers plaidoyers qu il avait entre les mains et qui, malgré lelalenldesavocals, nesonl « qu'une prodigieuse farragifie d allégations de droit.» Le parlement avant renvové (août 1025) son arrêt à la Saint-Martin, et, à la requête de Louise, avant mis provisoirement le séquestre sur Ions les biens du Bourbon, Charles, qui était pri\é de l'appui et des conseils de sa belle-mère, morte à r.ha?ilcile ( i 'j nov. \')-2'2}, se laissa aller au dé-
rpajesté rojalc ne protège pas Louis XII contre ses saioasnies : « le ■/2 septembre !514, le roi I.ùuiî \U, fort antique et débile sortit (le Paris pour aller au devant de sa jeune femme, la rtine Marie; le 9 octobre furent tes amoureuses noces de Louis ». La papauté ne lui inspire pas plus de respect: « alors, dit-elle, fut fait une fricassée d'abbayes, selon la folle ambition de plusieurs papes ». L'entrevue célèbre du camp du Drap d Or ne lui suggèr.', malgré la gravité des circonstances, que ce^ réflesions pL'danlesqucs: « le dernier jour de mal 1520, mon fils arriva à Ardres qui s'appelle en latin Ardea. et ledit jour, le roi d'Angleterre, serond de sa race, arriva a Calai> ijui s'appelle en latin Caletum ou Porlus Itius, selon César, au Ve livre de ses commentaires » !
Louite, dans son journal, ne nomme pas une fois le connétable ; elle lait pouriant allusion à ce puissant ennemi dans une phrase qui montre comLien sou cœur était ul.éré; « L'an 1522 c'est l'année de la mort de Suzanne), en décembre, mon Ois et moi, par la grâce du Saint- Esprit, commençâmes à connaître les hypocrites blancs, noirs, tjris, enfumés et de toutes couleurs, desquels Dieu, par sa clémence et bonté infinie, nous veuille préserver et défendre : car si Jésus-Christ n'est menteur, il n'est point de plus dangereuse génération en touie nature humaine. »
sespoir. En vain François 1^' lui promil-il, à son passage à Moulins que, s'il perdait son procès, il lui rendrai» ses biens par don gracieux ; peu confiant dans ces promesses, il s'enfuit de Chantelle le lO septembre i595, et alla trouver Charles-Quint.
Cette trahison précipita sa ruine. Le parlement rendit un arrêt qui réunissait au domaine royal les biens apanages et prononçait la confiscation des autres. Cet arrêt ne tenait pas compte des prétentions de Ironise de Savoie, qui n'éleva point d objections, car elle n'avait voulu, en suscitant ce procès, que dépouiller le connétable. On remarquera d ailleurs que si les piélenlions de l>ouise avaient pu prévaloir sur les conventions, ce n'est pas à elle qu'aurait dû passer Thérilage de Bourbon; en effet, sa mère Marguerite avait eu deux sœurs aînées, Isabelle et Catherine, qui étaient alors représentées, l'une par Charles-Ouint, son arrière-petitfils, Isabelle ayant épousé Charles-le-Téméraire, l'autre par le comte d'Egmont. Les droits de son fils, par sa femme Eléonore, primaient aussi les siens, (i)
Cependant le traité de Madrid (i526) réintégra Charles de Bourbon dans tous ses droits: on devait lui
il) Veme du lOi de Portufjal en 1521, Kléonore fut d'abord promise iiu connétable de Bourbon ;i qui elle devait apporter en dot leroyaunx' de Waples. Charles de lîourbon se montrant peu empressé à rechercher cette alliance, et François I'^'' étant devenu l'hùte forcé de Ciiaricsf^uint. l'Empereur conçut le projet de mettre sa sœur sur le trône de France. Une clause du traité de Madrid stipula ce mariage qui n'eût cependant lieu qu après la paix de Cambrai. Eléonore eut peu de crédit ;i la cour de son volage époui : lorsqu'il mourut, elle se retira dans les Pays-Bas, puis en Espagne.
APPENDICE. 4tii
rendre imraêdialemeiil ses bieiis, loi lenir compte des revsMius louches par les asenls da n>i, surseoir à lou> proiès et même réserver les droilf! évenlaels de ses hériiiers naturels. Il poQ\ail, en outre, faire admioislrer ses domaines par un représentant eu r.in>porter librement ses revenus à I étranger.
La guerre ayant bienlol recommencé, el le connétable a>ant été lue sous les murs de Rome 1 6 mai 1-^27^1, le parlement rendit un nouTel arrél de confiscalion, juiliei 102- . el les biens forent ainsi répartis \25 août »52 7^ : duché d Auvergne au roi; Dombes, Forez el Beau(o!ais au Dauphin: Bourbonnais et autres aomaii!e> au duc J Augoulérae, autre fils du roi.
La paix des Dames ô aoûi 1029) avant suspendu les hostilités, les clauses du traité de Madrid qui réservaient les droits des héritiers du Connétable furent remises en vigueur, el, sur la demande de l'Empereur^ lei^mai i55o, leduché de Châlelleraull, les comté? de Forez et de î'eanjolais, el !e Pays de Bombes, avec ie titre de duo de Montpensier^ forent rerois à Looise, sœur du Connétable, et à son fils, Louis de ia Rochesur- Yen, à litre de provision, en attendant l'issue du procès de i5'î2, qui devait èlre repris.
Le roi révoqua celle cession tjanvier i55i> comme extorquée par l'Empereur. Peu après mourut Louise de Savoie < 22 sept. 1 539. ^, et François 1*" recueillit son riche héritage.
Cependant les La l\oche<sur-\on n'abandonnaient |Kt> leur- prélenlions : pour meUre fin à cet iolemiinabJe
4t);2 AI'PKNDICE.
procès, François l" ( oiiseiilil h un airangerneiil ({ui eul lieu en i537, sur les bases dé celui de i55o, el à la sui(e duquel celle branche des Bourbons se désisla de loule revendicalion ullérieure sur le resle de l'hérilage. Une double lenlative faite par celle maison, sous Henri II et François II, pour obtenir davantage n'ayant pas abouti, la transaction de i557 fui définitivement ralitiée en i56i, dernier terme de ces longues coril«-slalions.
BOI'RNIER
(tiiiisiMi riiiK'brf (le l^oiiisi' de Lorrainr. iFai^f iK.i
Tin exemplaire de cet ouvrage très rare se trouve à la Bibliothèque Impériale. L'œuvre commune du Père Thomas el de Bournier se recommande par la fermeté du slyle, le nombre el la beauté des images. Voici les tableaux les plus remarquables : Louise s'élançanl dans l'immortalité. — La décrépitude du vieux pécheur. — Les diverses phases de l'agonie. — Diogène el Alexandre s'«nlrelenanl sur l'égalité de lous devant la mori, scène qui rappelle celle du cimetière dans Hamiel.
vi'i»EM)if:K. 4(53
RENSEIGNEMENTS Sur I» Paniillc fit' (Ihauvi^iiy de Blnl. (Pagf fi:!.i
Les Chauvigny lirenl leur nom d'un château situé sur la Sioule ; ils ont formé plusieurs branches qui toutes se rattachent à Guillemin, seigneur de Saint-Gai et Du Vivier^ devenu par mariage seigneur de Blol-le-Châleau ; ce sont les branches de Biot-le-ChAteau, Du Vivier, de Salles, de Saint-Angoulin et de Blol-l'Eglise. Les Du Vivier étaient aussi seigneurs de Salpaleyne ou Salpalerne; les De Salles seigneurs d'Urbize et de Beaudéduit ; les Blot-l'Eglise seigneurs de Nercignv, Vlirabel, Montespedon, etc. — Voici le tableau généalogique de la famille du poëte :
GILBERT, arrièie-petit-lils de GUILLEMIN.
Antoink Pirrre, seigneur de Blot-l'Eptlise.
Tige des Saint-Angoulin |
f>t des De Salles. Claude.
François.
Trois fds. CESAR
1" En 1644, Claude de La Fayette d'Espinasse, dont il n'eut que deux filles ; '2" Anne de Brugier du Rocliin.
ÂMABLE t 1717 E.
1" Françoise de Roux de Pomone; 1'' Gasparde de Cliauvigny, lille de
Charles, dernier ))aron de Blot-le-
Chàteau.
Gilbert, baron de Blol-l'Eglise el de
Blot-le-Chàteau.
Les Chauvigny de Blot furent alliés aux maisons de \Jontmorin, de Bosredon, deChampfeu, deFradel, etc.
lExtrait du grand Diotionnitirc de lu \ohlcssf. de Larliesnaye-Desbois.i
464 appe!\i>u:e.