ÉTUDES DE TÉTES
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time chez un peintre qui, jusqu’à ses derniers moments, a tou-
jours senti ses Flandres lui battre dans le cœur.
WATPEAU. AGRÉS
Dés les premières années de sa jeunesse, Watteau, que quelques-uns ont regardé comme un esprit chimérique et qui, loin de là, fut toujours infiniment sérieux, avait une préoccupation dans l’âme : il voulait dessiner. Son ambition constante était de savoir la forme humaine et de l’exprimer dans la vérité de son mécanisme conscient ou involontaire, dans la souplesse du repos ou du mouvement. C’est à peine s’il avait trouvé à Valenciennes les rudiments de cette patiente étude; plus tard, il pouvait apprendre bien des choses chez Gillot et chez Claude Audran ; mais l’un s’amusait au caprice ironique, l’autre s’enfermait dans le décor, et chez aucun d’eux Watteau n’était mis en présence de la leçon qu'il jugeait alors la plus salutaire, le modèle vivant.
Or, le modèle était à l’Académie royale. Son ami Spoede lui
avait parlé bien des fois de ces longues séances où les élèves,
guidés par un professeur changé chaque mois, dessinaient
d’après le vif, et, même en un temps où l'exactitude graphique n’était pas la muse adorée, apprenaient presque sans le vouloir les éléments essentiels de la forme, la construction intérieure et les morbidesses de l'enveloppe qui recouvre l’armature cachée. N’était-ce pas là ce que Watteau voulait savoir ? En outre, l’Académie distribuait tous les trois mois des prix de quartier pareils à celui que Spoede avait obtenu, et tous les ans, elle organisait un concours solennel dont le résultat impliquait pour le vainqueur, non un bénéfice certain, mais une espérance. En ce moment surtout où le roi faisait la guerre sur les frontières du Nord et où la situation du Trésor empêche rendait les largesses difficiles, l'Académie n'avait nullement qualité pour accorder la haute récompense qui devait plus tard s’appeler le prix de Rome : elle se bornait, ainsi que disent les textes, à signaler à l'attention du surintendant des bâtiments ceux de ses élèves qui étaient le mieux en état de profiter d’un voyage en Italie. Plus tard, le surintendant prenait les ordres du roi, et, suivant les circonstances, que la question d’argent dominait d'ordinaire, le candidat voyait son rêve réalisé ou était condamné à perdre tout espoir.
Ces perspectives et plus encore l’assurance de pouvoir dessiner à son aise d’après le modèle vivant séduisirent Watteau. Bien qu'il ne fût pas de tempérament fort académique — il l’a suffisamment prouvé plus tard — il se fit inscrire au nombre des élèves de l'Académie.
Les registres de la compagnie n’étant pas d’un abord facile alors qu'ils étaient manuscrits, nos prédécesseurs n’ont point
connu exactement les faits qui se rapportent au passage de
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