MUSÉE D'ÉDIMBOURG
(Photographie Annan )
Pas plus que Crozat, ce dernier n'abandonne Watteau. Avec les belles journées, le peintre a tenté quelques excursions: Saint-Maur, naturellement, et les villages en bordure des bois... Puis, il est revenu reprendre, en son logis, ses crayons et ses pinceaux, lire surtout, car la fatigue et la douleur viennent vite... Il lit beaucoup, il lit avec amour, avec cette haute curiosité et ce sens fin des choses de lesprit qu'il a toujours eus, qui lui ont permis, au milieu des grandes misères de son enfance et de l’acharné travail de toute sa vie, d'atteindre, seul, à ce remarquable degré de culture.
Un voisin de Mariette, Pierre-François Giffart, libraire et graveur rue Saint-Jacques, à l'Image Sainte-Thérèse, donne une nouvelle édition du TRAITÉ DE PEINTURE de Léonard. Julienne le communique à Watteau. Le hasard nous a conservé le billet par lequel Jean-Antoine remercie son ami, lignes mélancoliques où l'actuelle vie du peintre se reflète et qui s'éclaire si joliment du constant souvenir de M** de Julienne.
A Monsieur de Julienne, de la part de Walleau, par exprès. De Paris, le 3 de mai.
Monsieur!
Je vous fais le retour du grand tome premier de l’Ecrit de Leonardo de Vincy, et en mesmes temps je vous en fais agréer mes sincères remerciements. Quand aux Lettres en manuscrit de P. Rubens, je les garderai encore devers moi si cela ne vous est pas trop désagréable en ce que je ne les ai pas encore achevées!! Cette douleur du côté gauche de la tète ne m'a pas laissé sommeiller depuis mardi et Mariotti veut me faire prendre une purge dès demain au jour, il dit que la grande chaleur qu'il fait l’aidera à souhait. Vous me rendrez satisfait au delà de mon souhait si vous venez me rendre visite d'ici à dimanche; je vous montrerai quelques bagatelles comme les paisages de Nogent que vous estimez assez par cette raison que je fis les pensées en présence de M" de Julienne à qui je baise les mains très respectueusement.
Je ne fais pas ce que je veux en ce que la pierre grise et la pierre de sanguine sont fort dures en ce moment, je n’en puis avoir d’autre.
A mesure que la saison s’avance, que le renouveau s’accentue, l'horreur de la ville se fait plus grande chez Jean-Antoine. Il y étouffe, et il n’a plus la force de courir la ceinture des boulevards pour découvrir dans les faubourgs la maison retirée et essayer d'y vivre. Non. À tout prix il veut quitter Paris, échapper à l'oppression qui tenaille ses poumons, se reposer au milieu des champs qui verdissent et des bois qui bourgeonnent, bien près, très près de cette nature qu'en vrai Flamand ïl n’a jamais cessé d'aimer. Mais, qui lui trouvera cette
retraite, où impatiemment, dans sa fièvre qui redouble, il voudrait être déjà? Il ne s'ouvre à Julienne, par délicatesse, Julienne qui, certes, lui offrirait immédiatement Saint-Maur... Cependant, il serait heureux de n'être trop loin de lui... Gersaint, avisé, demande conseil à l'abbé Haranger. Le chanoine est au mieux avec un très galant homme qui aime les arts, que le commerce des artistes réjouit, qui goûte fort la peinture des peintres du roi, et qui connaît certainement Watteau, au moins de nom. C’est Philippe Le Fèvre, l’intendant des Menus-Plaisirs de Sa Majesté. M. Le Fèvre a une propriété à Nogent, il la met très volontiers et très gracieusement à la disposition d'Antoine Watteau.
Ce n'est pas la modeste retraite souhaitée : la maison est quelque peu solennelle, c'est presque la maison du neveu de le Brun: un prince et sa suite pourraient y loger, et l'abbé de Pomponne S'y plaira; elle est flanquée de dépendances et de communs imposants. Dès qu'il y arrive, Watteau éprouve un très grand soulagement. Elle est en arrière du village; ses jardins, compartis de fleurs à peine ouvertes, lilas et chèvrefeuilles, jasmins et roses de Gueldre, descendent en gradins verts presque jusqu'à la Marne, et le premier regard qu'il jette par-dessus la terrasse qui limite au midi les cours d'entrée, embrasse une découverte superbe, amusante, belle de lignes, avec des incidents, le bac, le moulin, le pont, le calvaire, la route blanche, des sentiers dans les haies, l'allée du Tremblay, les coteaux de Champigny, la tuilée de Saint-Maur, les chaumes de Poulangis.
Là, il se ressaisit; un peu de la force des sèves le pénètre, l’excite. Dans la trève des heures sans souffrances il reprend ses pinceaux, esquisse hâtivement, d’une brosse à peine tremblante, d’agrestes motifs comme ce bouquet d'arbres au bord de l’eau avec ce clocher d'église qui raye le ciel, comme ces trois saules, que l’on retrouve dans les FIGURES DE DIFFÉRENS CARACTÈRES, gravés par Boucher.
Gersaint fait le trajet de Nogent « tous les deux ou trois jours » pour lui apporter le réconfort d'un espoir, et Hénin, et les Julienne ses proches voisins, maintenant : on voit de chez Watteau, par delà l'île de Beauté, le pré des Mignottes et l'allée de M. le Duc qui jouxtent leur maison. Haranger vient aussi, dont la philosophie est si rieuse, et souvent avec messire Charles Carreau, le curé de Saint-Saturnin de Nogent.
Ah! le curé de Nogent, en a-t-on assez fait un extraordinaire et vague décalque du curé de Meudon, une sorte de bon vivant que Watteau
costume en Gilles, et qui joue ici le sot personnage de la comédie à la mode. Outre que Watteau ne peint plus guère de Gilles, ce curé a une autre allure. C’est un assez grave abbé, doyen de Chelles, fort riche, propriétaire de combien de maisons dans la grand'rue, de combien d’arpents de vignes et de terres labourables, docte prêtre dont la bibliothèque considérable ira aux pères Jésuites, tandis que, seules, ses « vieilles chemises » iront à ses cousins. Ce curé-là se serait, je crois, peu prêté à endosser la souquenille blanche du benêt italien.
La vérité est que Watteau l’a traité gravement, et qu’en échange de faciles paroles sur les fins dernières, Watteau, dont le geste est si facilement superbe, Watteau lui a laissé ce Christ en croix d’une réalité poignante, et que Caylus a vu « plein de la douleur et de la souffrance qu'éprouvoit le malade qui le peignoit ».
Il semble que Watteau ait, à ce moment, repris sa vie passée, qu'il en ait revécu les stades. Car, brusquement, un souvenir l’inquiète : celui de cet enfant qu'on lui avait confié, dont il n’a pas su pardonner les légères fautes, et qui promettait de si bien peindre... Il la laissé à mi-chemin, mal armé pour la lutte, il prévoit peut-être pour lui le long calvaire qu’il a subi lui-même, il s’en veut soudainement d’avoir failli à son devoir, à cette confiance qu'on lui avait témoignée, et il prie Gersaint de rechercher Jean-Baptiste Pater.
Il n’est pas difficile à trouver le fils du sculpteur. Il est revenu, lui aussi, du Hainaut inhospitalier, il a connu cette affreuse vie que Watteau a menée, le labeur obscur, ôpiniâtre, sans issue, la décoration à peine payée, les tableaux à la grosse pour le pain et le galetas.
Pater a dit, plus tard, et avec une reconnaissance émue, avec quelle joie il courut à Nogent.
Ce fut, entre Watteau et lui, une émotionnante communion d'art : le malade, plus nerveux et plus irritable chaque jour, par une effrayante et suprême volonté, le malade dompte ses nerfs, refrène ses impatiences, se fait bienveillamment entendre. Puis, devant l'attention du disciple, il se donne, hâtivement, anxieusement, sans relâche, prodiguant, sans mesurer ses forces, et les conseils, et les exemples, et toute sa science, lui dévoilant avec une ardente inquiétude, fébrilement, avec une sorte d'angoisse d’être incompris, ce qu'il peut lui faire saisir de son faire admirable et de sa vision. Avec une patience et une grandeur absolues, ce génie se découvre, se met à nu, veut léguer et sa philo-
sophie, et ses habituelles pensées devant la nature et les hommes : il dit les définitives paroles de vérité, si chèrement acquises, il montre où est la Beauté, où est la Vie, où est l'âme de la Lumière et de la Couleur, et, troublé, Pater écoute, s’assimile pieusement dans le recueillement des heures brèves, ce que son cerveau et ses yeux peuvent percevoir.
Il n'aura pénétré que l'éclat superficiel, la silhouette élégante, cet air extérieur si merveilleux déjà, le charme argentin et clair; il sera le reflet de Watteau, mais non l'écho de sa pensée, et cette gloire grande encore, le sauvera de l'oubli.
Pour Watteau, Pater c’est Valenciennes... Non le Valenciennes des siens, celui dans lequel sa mère, si peu inquiète, survit, dans lequel son père est mort sans son baiser, et le premier jour de mai dernier la très vieille Catherine Reuze, la femme du bon PBartholomé son « tayon », le seul qui lui fût quelque peu secourable et avenant... Non. C'est l'autre Valenciennes qui s’évoque, celui qui est resté, après tant d'épreuves, toujours le pays, le pays que dans l’amertume de son cœur brisé il ne voulait jamais plus revoir, et qui, sourdement, se rappelle à lui, malgré les misères, malgré les duretés.. Il croyait l'avoir oublié, avoir jeté sur ce lointain assez d’autres émotions et d’autres inquiétudes, et voilà que ces choses si simples renaissent et le hantent... le grand brouillard gris des marais, l'air du matin sur la ville, le son familier des cloches, la placidité des canaux où se mirent des maisons peuplées d'êtres qui lui parlent, qui savent son nom, les rues, les places où il a joué... Ah! entendre encore le hautbois des museux les jours de marché, le carillon de Saint-Jacques.
Il veut partir. Là-bas, il guérira. Tout lui est insupportable, qui n'est point fait en vue de ce voyage. À nouveau, Gersaint s'emploie, Gersaint qui l’accompagnera en Flandre. Julienne fait faire la vente des effets qui lui restent; cela produit trois mille livres.
Trois mille livres! Avec la poignée d’or trouvée au retour d’Angleterre, voilà ce qu'il est arrivé à amasser, voilà, après quelle lutte et quelle austérité, le produit de l'effort.
Qu'importe l.. Ses dessins, ou du moins ce qu'il en reste, — car il a fait rechercher et brûler ceux qu'il jugeait trop libres, — il les partage entre Julienne, Haranger, Hénin et Gersaint.
Il est prêt...
Et ce jour de juillet, dans la lourde joie qui, autour de Paris en
Arlequin el Colombine
COLLECTION RICHARD WALLACE, LONDRES
(Photographie W.-A. Mansell et C#)
délire, secoue les bourgs et les villages à la nouvelle de la convalescence du roi, dans les arquebusades, les chants, les cris de la paysandaille ivre de Nogent, un grand et terrible frisson prend Watteau, une étreinte suprême lui broie la poitrine, un petit étouffement noie son appel désespéré, et il retombe dans les bras de Gersaint.
Aux prières dites sur la lame qui le recouvre dans la petite église de Nogent, s'ajoute cette seule ligne du procès-verbal de la séance de l’Académie royale de peinture :
La mort de M. Antoine Watteau, peintre académicien, a été annoncée.
Puis, en tête de sa biographie, ce souvenir d'Antoine de la Roque :
Les Beaux-Arts ont fait une grande perte vers la fin du mois dernier, en la personne du sieur Watteau, Professeur à l’Académie Royale de Peinture, qui est mort d'une maladie du poumon, seulement âgé de trente-sept ans, âge fatal à la peinture. Le fameux Raphaël d'Urbin et Eustache le Sueur sont morts à cet äâge-là.
Le gracieux et élégant Peintre dont nous annonçons la mort étoit fort distingué dans sa profession et sa mémoire sera toujours chère aux vrais amateurs de la Peinture.
Puis, la lettre de Crozat à Rosalba, repartie à Venise :
11 août 1721.
Nous avons perdu le pauvre M. Watteau. Il a fini ses jours le pinceau à la main. Ses amis doivent publier un discours sur sa vie et ses œuvres. Ils ne manqueront pas de rendre hommage au portrait que vous avez fait de lui à Paris, peu de temps avant sa mort...
Puis, enfin, le pieux recueil de Julienne, les FIGURES DE DIFFÉRENS CARACTÈRES :
On ne s’est guère avisé de faire graver les études des peintres... Cependant on espère que le public verra d’un œil favorable les desseins du célèbre Watteau qu’on luy présente ici. Ils sont d’un goûst nouveau; ils ont des grâces tellement attachées à l'esprit de l’Auteur qu’on peut avancer qu’ils sont inimitables…
L'éloge ému où la Roque décerne à son ami ce titre de « Professeur à l’Académie Royale », qui eût bien diverti Watteau, l'éloge où le bon Marseillais ment si bellement dans le lustre dont il veut entourer la chère mémoire, et vante « le prix excessif auquel sont aujourd’hui ses Tableaux de chevalet en petites figures », cet éloge où « la touche et la vaguezze de ses paysages sont charmantes », cet éloge naïf est au moins tout à l'honneur de celui qui l’a écrit.
Les contemporains auront vite raison d’une admiration aussi intempestive. Watteau! Voilà un peintre que les « Régents du Goust »
vont mettre à sa place, pour ensuite n’en parler plus. Il faut rechercher les très rares écrits où il est question de lui. Dubois de Saint-Gelays donne la note : « Le goût qu'il a suivi est proprement celui des Bambochades et ne convient pas au sérieux. » C’est ce que pense Mariette : Watteau n'a «jamais pu dessiner la grande manière », et « ses expressions sont assez communes »...
Les années s’écoulent ; le silence se fait.
Quelqu'un va le troubler d'un souvenir ému. Un demi-fou, qui rime pour manger, le « croque-chenilles de M" Quinault », celui « qui n’a ni habit, ni pain, ni soulier », le famélique abbé de la Marre. Ce loqueteux s'échappe du café, oublie les criailleries d'un « troupeau de petits Créanciers », et va rêver devant le Pélerinage à l'Isle de Cythère… Cela lui fera écrire l’ART ET LA NATURE RÉUNIS PAR WATEAUX, la MORT DE WATEAUX OU LA MORT DE LA PEINTURE...
Hommage à la fois ingénu et redondant, méchants vers dont il messiérait de sourire, alors qu'on constate que Diderot n’a jamais écrit le nom de Watteau.
Le temps passe sur l'aventure de l’Enseigne et le petit drame de Nogent, et Gersaint lui-même, s'il fait quelques réserves quant au dessinateur, lhonnête Gersaint sait bien, maintenant, que son ami Watteau n'était qu'un tout petit peintre :
À l'égard de ses ouvrages, il auroit été à souhaiter que ses premières Études eussent été pour le genre historique, et s’il eût vécu plus long-tems, il est à présumer qu'il seroit devenu un des plus grands Peintres de la France ; ses Tableaux se ressentent un peu de l’impatience et de l’inconstance qui formoient son caractère. Lancret et Pater étoient les deux seuls Peintres qui donnoient dans le goût des Modes et des Sujets galans dont Watteau étoit l'inventeur et le modèle. Ce genre se trouve tout à fait éteint par leur mort: il est vrai qu’il ne seroit pas avantageux pour la Peinture que l’on se livrât trop à ce goût; cela pourroit devenir préjudiciable pour le genre noble et historique.
Ah! le « genre noble et historique » n’a rien à craindre; quelqu'un va se dresser et le défendre.
Ce quelqu'un, c'est M. de Caylus.
Il fallait coordonner ces opinions répandues et un peu vagues encore, il fallait que l'Académie « mît au point » les avis et indiquât le rang. Et, dans la séance du 3 février 1748, le comte, avec cette précision de goût qui lui est propre, cette renommée qu'il s'est acquise, cette science que chacun se plaît à lui reconnaître, le comte lira sa VIE D'ANTOINE WATTEAU, Peintre de Figures et de Paysages, sujets galants et modernes.
Il y a là presque tous les Honoraires Amateurs, Coypel, Natoire, Hulst, l'abbé de Lowendahl et le chevalier de Valory, Wattelet, Oudry, Coustou et Pigalle, Bouchardon et Wattier, Chardin et Drouais et Lépicié. On est venu plus en nombre que d'habitude : M. de Caylus doit aussi déposer, à la fin de son discours, une épitaphe en vers latins, de l’abbé Fraguier…
M. de Julienne, écuyer, chevalier de l'Ordre de Saint-Michel, a pris place; M. Le Fèvre, intendant et contrôleur général des affaires de la Chambre et Menus Plaisirs de S. M., trésorier de la Maison de la Reine, M. Le Fèvre n’a pas quitté le cloître Saint-Germain-l’Auxerrois.
Très calme, comme un homme qui dit des choses définitives et sait régenter, tour à tour léger, ironique, savant et grand seigneur, Caylus, se gardant bien d’oser rapprocher l'effort de Watteau de « l'effort nécessaire à la nature pour la production d’un grand peintre d'histoire », Caylus va blâmer et louer... Et c’est le malheureux dont « la façon de composer n'est assurèment pas à suivre » et « dont l'insuffisance dans la pratique du dessin le mettoit hors de portée de peindre et de composer rien d'héroïque ni d’allégorique, encore moins de rendre des figures d'une certaine grandeur », celui « qui n’a jamais rien exprimé », car « ses compositions n'ont aucun objet, elles n’expriment le concours d'aucune passion et elles sont par conséquent dépourvües d’une des plus piquantes parties de la Peinture ».… Enfin, voici l'arrêt : « Le genre du petit y conduit promptement, un rien altère ou produit son expression, la chose est au point que quelquefois on pourroit soupçonner le hasard d'y avoir bonne part » et Watteau « n'en étoit pas moins infiniment maniéré, ses mains, ses têtes, son païsage même, tout se ressent de ce deffaut... »
Coypel fera son beau salut de cour, distillera sa réponse, et il ne sera jamais plus officiellement question du fils du couvreur de Valenciennes.
L'ouragan révolutionnaire brisera au porche de l’église de Nogent le petit monument de pierre, bouleversera les dalles des chapelles, jetant au vent les ossements de ceux qui y dorment; le registre sera perdu où, pour la dernière fois, le nom aura été écrit, à côté des noms de ceux qu'étreignit l'angoisse de la veillée suprême, et il y a encore, dans la lie de la coupe, la plaisanterie, puis le dédain, puis l’insulte, les boulettes de mie de pain des élèves de David sur le Pélerinage à
l'Isle de Cythère, la lie affreuse des œuvres tombées jusqu’à l’infamie des revendeurs louches, jusqu'à la promiscuité avec les innommables images, dans les cartons grouillants de vermine, il y a le calvaire des toiles exposées sur le pavé, avec le prix à la craie, brutalement, à même la peinture.
Maintenant, le halo de gloire nimbe le nom. L'Œuvre, formidable et rénovateur, apparaît dans sa splendeur harmonieuse. À mesure que nous les pénétrons, les moindres ou les grandes manifestations du peintre de Valenciennes, imprégnées de l’indicible mélancolie du créateur, resplendissent à légal des plus purs joyaux d’art, incomparablement captivantes, incomparablement altières en leur prodigieuse maîtrise.
Les plus éclatantes et orgueilleuses Fêtes de la Peinture ne peuvent faire oublier la Fête de Watteau, cette Fête qui n’est jamais sans une très secrète souffrance, sans une petite douleur, sans l’émotionnant frisson d'un peu de chair vive, sans un peu de l’âme même du plus grand, du plus mystérieux, du plus troublant génie du xvin° siècle.
Diane au Bain
Gravure deP. Aveline, d'après le tableau original de) Watteau}
État us rs ass k His rie
Abigaïl fléchissant David, 184.
Abreuvoir (l'), 79.
Accord parfait (l”), 143.
Accordée (l”) 171.
Adoration des
Agnew, 145.
Agrémens de l'Esté (les), 136, I41.
Alardin (Robert), 9.
Albane (l), 23, 127.
Alexandre, 38, 82, 162.
Allegrain, 130.
Alliance de la Musique et de la Poésie (l’), 86.
Alte (la), 54.
Amante inquiète (l), 177.
bergers (l’),
INDEX
Amour au Théâtre François (l’), 88, 140, 145.
Amour au Théâtre Italien (l),
Amour désarmé (l”), 177.
Amour paisible (l), 141, 166,
Amusements champêtres, 36, 142, 203.
Amusements italiens (les), 141.
Anet (Baptiste), 122.
Antier (M1), 122.
Antin (le duc d’), 37, 81, 113.
Antiope (l), 177.
Arenberg (le duc d’), 50.
Argenon (Mie d'), 74, 117, 122, 199; 201.
Argens (d’), 198.
Argenson (d’), 21, 31.
Argenville (d’), 134, 174, 176, 182.
Arlequin et Pierrot, 192.
Artagnan (d’), 57.
Assemblée dans un Parc, 138.
Assemblée galante (l), 139.
Audran (Adam), 29, 30.
Audran (Benoît 1°), 31, 162.
Audran (Benoît Il), 38, 94, Audran (Charles), 30.
Audran (Claude I), 30.
Audran (Claude IT), 30, 31.
Audran (Claude II), 30, 31, 33, 40, 76, 82, 87, 127, 136, 139, 142, 143, 147, 152, 154, 163, 1775 179*
Audran (Gérard), 31.
Audran (Germain), 30.
Audran (Jean), 31, 94.
Audran (Pierre).
perce
nee
me
Lt!