A M. LOUIS LA.BARRE
Liège, ... décembre 18.T.».
... Je me suis décidé à exécuter mon idée (2) et à vous l'envoyer. Lancezmoi cela dans les cafés; donnez-en aux amis et connaissances , à tout le monde.
L'épreuve du dessin que vous m'envoyez (3) est détestable. C'est précisément parce que c'est soigné que cela ne vaut pas le diable. L'esprit est tout à fait perdu. Je préfère les faire moi-même. Renvoyez-moi les dessins. Je vous conseille de ne point les insérer.
Maintenant, entendons- nous. Répondez un mot, un seul mot. Des milliers d'exemplaires du l'ac-simUe vont inonder la Belgique. Serez-vous d'avis de le reproduire dans votre Charivari ? Cela pourrait-il se décalquer sur votre pierre ? — Un mot.
(1) Le Moniteur venait de publier la liste des récompenses, sur laquelle l'auteur du Patroclc et du Christ an tombeau était porté pour la médaille en vermeil.
(2) Le Ftic-timile dont il est question dans la lettre suivante.
<ô) La reproduction sur pierre d'un des trois dessins annoncés dans Vavautdernière lellre.
AU MÊME
Lk'gc, 1 7 décembre 18."!».
Aujourd'hui, mardi soir, les éditeurs du Charivari recevront un paquet de trois cents exemplaires (I). Tâchez que cela soit distribué de suite...
Demain ou après-demain, je vous enverrai autre chose, et vous me direz si le diable peut en inventer une meilleure (2).
Avez-vous appris la mort de M. Van Bréc? Si an journal de Bruxelles consentait à insérer l'article que je fis dans le temps pour lui, j'en serais bien charmé.
Un mol. Addio, caro jtoeta.
A M V' GILAIN DISIÉRE.
Liège, décembre 1 83î>.
Ma chère cousine, c'est avec tous les regrets du monde que je me suis vu forcé de renoncer au plaisir d'aller vous voir dans les derniers jours d'automne. Vous me pardonnerez, sans doute, un retard causé par des embarras aussi nombreux que ceux qu'entraîne une Exposition. Je vous dirai aussi pour m'excuser, qu'ayant l'avantage de recevoir assez souvent de vos nouvelles par Jules, j'étais entièrement tranquille sur votre santé et tout ce qui vous concerne. Je présume, ma chère cousine, que votre nouvelle position doit vous amener des occupations nombreuses et pénibles; mais le courage, la persévérance qui vous anime et que tout le monde admire, roc fuit espérer qu'une éclatante réussite viendra couronner tant de travaux. Permettez à notre amitié de vous recommander de ménager votre santé; elle nous est chère, ainsi qu'à vos enfants. J'espère avoir le plaisir d'aller vous embrasser a la nouvelle année.
(1) Fac-similé d'une lettre adressée à l'artiste, par le jury des récompenses, avec le Christ au tombeau dessiné, comme on l'a dit, d'une façon enfantine. Celte pièce excita un fou rire dans ie public.
(î) Il s'agit, comme on le verra plus loin, d'une vengeance à tirer du jury d'Exposition, à Paris.