SCÈNE m Les mêmes, FLAVIGNY
BOURNEROM
Eh bien ?
FLAVIGNY
Nous sommes bons.
BOURNERON
Hein ! vrai ?
ÉMILIENNE
Ah ! tu vois !
FLAVIGNY
Tout ce qu'il y a de plus vrai. La fugitive est retrouvée.
BOURNERON Grands dieux ! (Portant la main à son cœur) Ah ! le VOilà
qui recommence ! Il en fait une musique ! Veux-tu te taire, animal, sinon, je ne vais rien entendre. Voyons, mon bon Henri, des détails, vite, beaucoup de détails!
FLAVIGNY, s'asseyant et jouant avec sa casquette.
Voilà. L'agence m'avait signalé à Valvins, dans une
petite villa, la présence d'un couple répondant exactement au signalement de Mme Bérieux et de... son ami. J'y suis allé en auto, j'ai commencé parm'arrêter à l'auberge, où j'ai déjeuné ; j'en ai profité pour faire parler l'hôtelier. Il m'a donné des renseignements qui ne mont laissé aucun doute. C était bien elle.
BOURNERON
Enfin ! Après ?
FLAVIGNY
Après? Je n'ai pas hésité. Je me suis rendu à sa villa et j'ai demandé à parler à Mme Bérieux, en me servant, comme vous m'y aviez engagé, du nom de son amie, Mme Gabin. Elle m'a reçu tout de suite.
BOURNERON
Seule ?
FLAVIGNY
Seule. Là, j'ai été très diplomate. Je lui ai dit que Mme Gabin m'avait prié de la ramener à Paris en auto, désirant la voir d'urgence pour une chose que j'ignorais. Je l'assurai que je la reconduirais à Valvins avant le dîner. Elle me pria de l'attendre un moment, sortit, obtint évidemment la permission de s'absenter quelques heures, car elle reparut habillée et prête à me suivre.
BOURNERON
Henri, vous êtes un homme admirable. Après I Après !
FLAVIGNY
C'était un enlèvement, ni plus ni moins. Nous voilà repartis. Chemin faisant, je lui demande pardon de la petite supercherie à laquelle j'avais eu recours et la mets au courant. Je lui raconte ce qui s'était passé depuis son départ, votre désespoir à la nouvelle de sa
^ ACTI-: QUATUIKMK "iH'l
fuite, votre retour d'Alsace, votre alTolemeut à la pensée de ne plus la revoir, etc.
HOUHNKHON
Alors ?
FLAVIONY
Alors, elle me supplie d'arrêter, de la déposer sur la route, disant qu'elle s'était très mal conduite avec vous, qu'elle était désolée de vous avoir fait tant de peine, mais qu'il*valait mieux, pour elle et pour vous, que vous ne vous revoyiez jamais plus. Cependant, je filais à toute vitesse, lui répondant que, si vous deviez cesser de vous voir, il était impossible qu'elle vous refusât au moins une dernière entrevue et je fus assez éloquent ou assez heureux pour la convaincre.
BOL'RNERON
Ahl moucher Henri! Je n'oublierai jamais, jamais!... Alors, elle est là !
FLAVIGNY
Mais oui !
HOURNERON
Eh bien, allezla chercher tout de suite. Qu'elle vienne ! qu'elle vienne ! Je vous en supplie !
FLAVIGNY
Elle m'attend en bas. Je vais la prévenir. Je vous l'envoie.