‹ Antoinette Sabrier. L'enfant chérieChapitre 106 sur 111 · SCÈNE m Les mêmes, FLAVIGNY · texte numérisé non relu

SCÈNE m Les mêmes, FLAVIGNY

BOURNEROM

Eh bien ?

FLAVIGNY

Nous sommes bons.

BOURNERON

Hein ! vrai ?

ÉMILIENNE

Ah ! tu vois !

FLAVIGNY

Tout ce qu'il y a de plus vrai. La fugitive est retrouvée.

BOURNERON Grands dieux ! (Portant la main à son cœur) Ah ! le VOilà

qui recommence ! Il en fait une musique ! Veux-tu te taire, animal, sinon, je ne vais rien entendre. Voyons, mon bon Henri, des détails, vite, beaucoup de détails!

FLAVIGNY, s'asseyant et jouant avec sa casquette.

Voilà. L'agence m'avait signalé à Valvins, dans une

petite villa, la présence d'un couple répondant exactement au signalement de Mme Bérieux et de... son ami. J'y suis allé en auto, j'ai commencé parm'arrêter à l'auberge, où j'ai déjeuné ; j'en ai profité pour faire parler l'hôtelier. Il m'a donné des renseignements qui ne mont laissé aucun doute. C était bien elle.

BOURNERON

Enfin ! Après ?

FLAVIGNY

Après? Je n'ai pas hésité. Je me suis rendu à sa villa et j'ai demandé à parler à Mme Bérieux, en me servant, comme vous m'y aviez engagé, du nom de son amie, Mme Gabin. Elle m'a reçu tout de suite.

BOURNERON

Seule ?

FLAVIGNY

Seule. Là, j'ai été très diplomate. Je lui ai dit que Mme Gabin m'avait prié de la ramener à Paris en auto, désirant la voir d'urgence pour une chose que j'ignorais. Je l'assurai que je la reconduirais à Valvins avant le dîner. Elle me pria de l'attendre un moment, sortit, obtint évidemment la permission de s'absenter quelques heures, car elle reparut habillée et prête à me suivre.

BOURNERON

Henri, vous êtes un homme admirable. Après I Après !

FLAVIGNY

C'était un enlèvement, ni plus ni moins. Nous voilà repartis. Chemin faisant, je lui demande pardon de la petite supercherie à laquelle j'avais eu recours et la mets au courant. Je lui raconte ce qui s'était passé depuis son départ, votre désespoir à la nouvelle de sa

^ ACTI-: QUATUIKMK "iH'l

fuite, votre retour d'Alsace, votre alTolemeut à la pensée de ne plus la revoir, etc.

HOUHNKHON

Alors ?

FLAVIONY

Alors, elle me supplie d'arrêter, de la déposer sur la route, disant qu'elle s'était très mal conduite avec vous, qu'elle était désolée de vous avoir fait tant de peine, mais qu'il*valait mieux, pour elle et pour vous, que vous ne vous revoyiez jamais plus. Cependant, je filais à toute vitesse, lui répondant que, si vous deviez cesser de vous voir, il était impossible qu'elle vous refusât au moins une dernière entrevue et je fus assez éloquent ou assez heureux pour la convaincre.

BOL'RNERON

Ahl moucher Henri! Je n'oublierai jamais, jamais!... Alors, elle est là !

FLAVIGNY

Mais oui !

HOURNERON

Eh bien, allezla chercher tout de suite. Qu'elle vienne ! qu'elle vienne ! Je vous en supplie !

FLAVIGNY

Elle m'attend en bas. Je vais la prévenir. Je vous l'envoie.

Page 1