SCENE XIII ANTOINETTE, MARCELLE, RENÉ, HÉLÈNE
DOREUIL, au fond dans un groupe.
HÉLÈNE, à René.
Vraiment? Vous croyez? Eh bien, non, mon petit René, vous n'en serez pas quitte à si bon compte. Pour le moment, je vous permets de vous reposer. Mais ce soir! (a Antoinette.) N'cst-cc pas qu'ou dansera encore après le dîner ?
Mais certainement, s'il y a des amateurs.
HÉLÈNE
Il y en aura.
RENÉ
Je n'en doute pas.
Oh ! pas un bal ! une sauterie... Les tziganes vous pâmeront autant de valses que vous voudrez.
HÉLÈNE, à René.
Ainsi... c'est entendu... je vous confisque... M. Dangenne fait le modeste, mais c'est le meilleur valseur de l'époque, tout simplement.
RENÉ
Tout simplement... Et dire que l'on pourrait vous croire !
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Ou aurait raison. (AAnfoinetie.) Vous danserez aussi, n'est-ce pas ? Si ! si ! il faut que vous donniez le bon exemple, (a René.) Eh bien, qu'est-ce que vous attendez pour inviter Mme Sabrier? (> ne se fait sans doute pas dans les pays dont vous revenez ? (a Anioinetio Excusezle, c'est un canaque; il na plus le moindre usage du monde.
ANTOINETTE, riant.
Tant mieux ! M. Dangeune a parfaitement raison de ne pas m'avoir invitée s'il n'en sentait pas le désir. Il est tout excusé.
HÉLÈNE
Oui, c'est cela. Encouragez-le.
A faire ce qui lui plaît et à ne pas s'imposer de corvées inutiles, certainement. La conduite de M. Dangenne a toute ma sympathie.
HÉLÈNE
Oh!
RENÉ
Ne vous mettez pas en colère, Hélène ! Vous êtes deux fois moins jolie, quand vous n'êtes plus tout sourire. Mme Sabrier m'autorise à lui demander une valse ; elle me l'accorde pour vous faire plaisir et nous sommes tous très contents.
Mais certainement. Oh ! Hélène ! Hélène ! Ce que nous devenons enfant gâtée ?
RENÉ
A qui la faute ? A cet excellent Gaston qui ne se
doute pas de ce qu'est 1 éducation d'une jeune fille. Il a assumé là une responsabilité...
Effroyable ! Il devrait la surveiller avec la sollicitude d'un père et voyez...
RENÉ
11 la surveille avec la maladresse d'un mari.
ANTOINETTE, riant.
D'un vieux mari.
HÉLÈNE
Non, mais continuez donc. C'est votre meilleur ami à tous les deux, je crois.
Bien entendu...
RENÉ
Il faut bien qu'il serve à quelque chose.
HÉLÈNE, àDoreuil.
Oh ! mais, tu sais, on te « chine ».
DOREUIL, se retournant.
On me quoi?
HÉLÈNE
On te chine, on te bêche, on jette des pierres dans ton jardin.
Ça m'est égal. Mon jardin est si mal entretenu !
HÉLÈNE
Et voilà. Eh bien, continuez, mais vous continuerez sans moi. J'aime mieux retourner danser.
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DOREUIL, jouant la sévérité.
Cette fois, je m'y oppose; tu finirais par attraper du mal. D'ailleurs, je ne veux pas non plus ffue tu restes en place. Tu as trop chaud, (.'a ne serait pas prudent. Promène toi.
HÉLÈNE
Me promener ! toute seule ! jamais de la vie !
MARCELLE
Eh bien, avec inoi, si vous voulez, ma chère Hélène. Il y a longtemps que nous n'avons pas bavardé ensemble.
HÉLÈNE Avec vous, très volontiers. (EUes remontent) DOREUIL, la suivant des yeux.
Et on me blaguera encore ! Mais c'est à dire que
j'étais né gouvernante. (Il remonte vers un groupe d'invités.)