‹ Antoinette Sabrier. L'enfant chérieChapitre 38 sur 111 · SCENE II GERMAIN, RICHARD · texte numérisé non relu

SCENE II GERMAIN, RICHARD

' RICHARD, avec émotion.

Eh bien ?

GERMAIN, très maître de lui.

Rien .

RICHARD

Gendrion?

GERMAIN

Il se dérobe comme les autres.

RICHARD

Nom de Dieu!... Pardon, moQsieur Sabrier, mais aussi, c'est que... Alors personne n'a voulu vous aider ? Vous n'avez trouvé personne pour vous avancer des fonds sur votre mine de Huescar qui, cependant, constitue une garantie ?

GERMAIN

Personne. ^laintenant, on en conteste la valeur. Pour un peu, on en nierait l'existence. Que veux-tu? On n'a plus confiance en moi. On me fait payer mes victoires d'hier. Je suis vaincu, donc un suspect.

RICHARD

C'est ignoble î

GERMAIN

C'est la vie î

RICHARD, fureur contenue.

Elle est propre ! Et demain il faut payer Chartrin ! Cinq cent mille francs I où les trouverons-nous?

Germain hausse les épaules.

GERMAIN

Nous ne les trouverons pas.

RICHARD

Vous avez demandé un délai à Chartrin ?

Il me la refusé. On a trouvé moyen de circonvenir jusqu'à Chartrin !

RICHARD

On... Jamagne?

ACiiK rnoisitME 113

GERMAIN, sourdcmenl.

Oui.

RICHARD, avec violence.

Oh! celui là ! Si je le tenais! Vous avez fait une nouvelle démarche auprès des Davis ?

GERMAIN

Oui, inutile. Les ordres de Londres sont formels.

RICHARD

Alors quoi ! nous allons suspendre nos paiements?

GERMAIN

Le moyen de faire autrement? Chartin sera le gros créancier de la faillite Sabrier. Il se paiera comme il pourra, sur les ruines.

RICHARD

Bougre de cochonnerie ! Excusez-moi... aussi j'étais si loin de m'attendre... je croyais... j'espérais ! J'avais une telle confiance en vous... Nous en sommes là! Nous ! La faillite !

La banqueroute. (Plus bas.) La prison.

RICHARD

Vous ! Un homme comme vous, en être réduit là ! C'est une honte! C'est un crime. Voyez-vous, monsieur Sabrier... je volerais pour avoir cette somme... je tuerais !

GERMAIN

Calme-toi ! Va, j'ai passé par où tu passes ! Maintenant, je suis à bout de forces et de courage; j'ai usé toute ma colère. Je n'attends plus rien. Voilà pourquoi je suis calme.

lO.

RICHARD

Alors, il n'y a plus qu'à se croiser les bras ?

GERMAIN

En attendant que le bateau sombre, oui, mon pauvre Richard 1 Nous faisons eau de toutes parts. Nous coulons. Encore quelques heures et ce sera fini! quelques

heures... ce sera long. ^Richard sans mot dire se précipite sur la main de Germain qu'il étreint.) Mcrci, mOU braVC Richard!

(Très ému.) Va- t'en, laisse-moi, j'ai des papiers à mettre en ordre. Retourne à ta caisse. Je t'appellerai tout à rheure.*

Le garçon de bureau entre.

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