‹ Antoinette Sabrier. L'enfant chérieChapitre 39 sur 111 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

GERMAIN, .ivec colère.

Janiagne! Ou'est-ce que tu es allé faire chez Jamagne, toi ?

DOREUIL

11 m'avait semblé que Jamagne seul pouvait te tirer d'où tu es... par sa faute. Je suis allé le prier, le supplier de ne pas laisser sombrer un homme tel que toi, un allié de la veille... presque un ami.

GERMAIN, entre ses dents.

Un ami, Jamagne !

Il n'a rien voulu entendre.

GERMAIN

Parbleu !

DOREUIL

Comme tu ignorais ma démarche, j'ai pu être éloquent, parler comme on parle pour le plus cher de ses amis à la veille du désastre. En vain. Jamagne m'a poliment mis à la porte.

GERMAIN

Poliment? Tu as encore de la chance. Si tu m'avais consulté, je t'aurais défendu de faire cette démarche humiliante, que je savais inutile. 11 y a longtemps que Jamagne voulait me faire ce coup-là. Pourquoi, par exemple, pourquoi ? Tu le sais, toi ? .

DOREUIL, sourdement.

Non !

GERMAIN

Enfin, il a réussi !

il() ANTOINETTE SABRIER

DOREUIL, à part.

Canaille 1 (Haut. En sortant de chez Jamagne, j'ai couru comme un fou chez Dangenne.

GERMAIN, sursautant.

Dangenne I René Dangenne ?

Eh bien, oui. Celui-là, heureusement, n'est pas un homme d'affaires. Je lui ai expliqué ta situation sans phrases. 11 a été bouleversé, indigné. 11 n'a pas pu m'accompagner, mais il va venir tout à l'heure, et je sais dans quelles intentions. Grâce à lui, demain...

GERMAIN, très net.

.le ne le recevrai pas.

DOREUIL

Pourquoi ?

J'ai mes raisons,

Dis-les.

Inutile.

GERMAIN

DOREUIL

GERMAIN

DOREUIL

De mauvaises, de basses raisons d'amour-propre blessé.

GERMALN

C'est possible.

DOREUIL

Tu préfères la ruine, le déshonneur?

A cette infamie-là? Oui.

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