SCÈNE V GERMAIN, RENÉ
GERMAIN
11 me faut cette somme demain matin.
RENÉ
Tout de suite.
Un moment. Vous « pouvez » me la donner?
RENÉ
Sans doute.
GERMAIN
Vous me comprenez mal. Je vous demande s'il m'est possible de la recevoir de vous. Si vous étiez mon ami, me conseilleriez-vous d'accepter dans ces conditions?
RENE
Je vous le conseillerais et, comme je n'ai pas l'honneur d'être votre ami, je vous en supplie.
GERMAIN
Prenez garde. Ce que vous faites en ce moment est très grave et vous engage. Ce que je vous demande, c'est votre parole d'honneur que vous avez le droit de m'offrir cette somme qui, pour moi, est le salut et que, moi, sans être le dernier des imbéciles ou des misérables, — et dans ce cas, c'est tout un, — je puis la recevoir de vous. Entendez-moi bien, votre parole d'honneur !
RENÉ, avec gravité.
Je vous donne ma parole d'honneur que j'ai le droit
A(.H: THOISIÈMK 125
de vous olïrir celte somme et que vous pouvez l'accepter.
GEHMAIN, joycuscincnt.
Alors, merci ! Vous me sauvez la vie. Vous ne savez pas d'où vous me tirez. La somme ^que vous voulez bien m'avancer vous sera garantie par la mine que j'ai dans la province de Grenade. Graceà vous, cette affaire où j'ai concentré toutes mes ambitions et tout mon avenir est encore possible, et avec elle, vous ne pouvez pas savoir, mais c'est le bonheur de mon existence entière que vous allez assurer. Je ne sais comment vous remercier...
RENÉ, l'arrOtant.
Je vous en prie.
GERMAIN
Je suis sûr, d'ailleurs, de pouvoir me libérer entièrement jVis-à-vis de vous avant un an. Il ne fallait que parer à l'échéance de demain. Grâce à vous, je serai en mesure. Merci.
RENÉ
Je vais- vous signer un chèque.