‹ Antoinette Sabrier. L'enfant chérieChapitre 42 sur 111 · SCÈNE IV GERMAIN, DOREUIL, RENÉ · texte numérisé non relu

SCÈNE IV GERMAIN, DOREUIL, RENÉ

DOREUIL

Dangenne connaît par moi ta situation exacte, mon cher Germain. Il vient mettre à ta disposition la somme dont tu as besoin.

GERMAIN

Je savais vos intentions, monsieur. En tout cas, je vous remercie.

l'22 ANTOINETTE SABRIER

RENÉ

C'est moi qui vous remercie d'accepter.

GERMAIN, vivement.

Je n'ai rien accepté encore.

RENÉ

J'espère que vous ne m'infligerez pas un refus. Ce serait plus qu'un aflront ; ce serait pour moi un véritable chagrin. Je vous connais peu, mais j'ai pour vous une estime qui aurait pu devenir de l'amitié si vous l'aviez voulu. Vous m'avez tenu à l'écart, je n'en ai aucun ressentiment. Si vous me connaissiez davantage, vous n'hésiteriez pas ; nous nous connaîtrons mieux après, voilà tout.

Encore une fois, monsieur, je vous remercie ; mais vous n'avez aucune raison de me rendre un service de cette importance.

RENÉ

Je vous demande pardon. Vous en avez un besoin immédiat, urgent.

DOREUIL

Tragique.

RENÉ

Et personne ne s'olïre à vous aider... Je suis là. J'apprends dans quelles angoisses vous vous débattez... Je peux vous être utile sans en éprouver aucune gêne... Je viens à vous. En somme, je ne fais que consentir aux propositions que vous m'aviez soumises, il y a trois mois, et que j'ai peut-être légèrement repoussées.

GERMAIN, très doucement.

Elles vous déniaisaient alors !

ACTK TROISIEME ï'I'.i

ni:Ni':

Je ne m'étais jamais occupé d'alïaires et je n'avais aucune raison de m'y intéresser.

GERMAIN, idem.

Vous en avez donc maintenant ?

RENÉ

Je ne vous connaissais pas à ce moment, je vous voyais pour la première fois. Aujourd'hui, je sais qui vous êtes et ce que vous valez.

GERMAIN

Vous m'estimez cher.

DOREUIL Vous avez à causer. Je vous laisse, (a part à Germain.)

Sois raisonnable.

GERMAIN f Je le serai. (Doreuil lui tend la main. Germain la refuse.) PaS

aujourd'hui.

DOREUIL

Germain, ne me sois pas injuste.

GERMAIN

Nous remettrons les choses au point, plus tard, quand nous aurons le loisir d'avoir de la mesure et que le calme sera revenu. A bientôt !

DOREUIL

A bientôt !

Il sort.

12 i ANTOINETTE SABRIER

Page 1