ACTE IHOISIKME l.'{r
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11 ne peut plus rien m'arriver. Demain, je 5:erai un failli. Dans trois jours, je serai arrêté.
Je supporterai toutes ces épreuves avec vous. Il ne vous reste plus que moi. Je suis toujours votre alliée.
GERMAIN
Ce n'est pas assez! Ètes-vcus toujours ma femme? (Elle se laii.) Si je VOUS demandais de partir avec moi demain, très loin, vous partiriez?
ANTOINETTE, très bouleversée.
Je partirais.
Pour toujours? Avec la certitude de ne jamais le revoir? (Eue ne répond pas.) Vous voyez bien!
C'est trop dur aussi.
GERMAIN, éclatant.
Mais qu'a-t-il donc pour que vous l'aimiez ainsi?
Si je le savais, je l'aimerais peut-être déjà moins.
GERMAIN, durement.
Alors que me voulez-vous?
J'ai uni ma vie à la vôtre pendant les années heureuses. Ce n'est pas aux heures de détresse que je l'en séparerai.
GERMAIN
Si vous ne me donnez que votre présence et même
votre courage, c'est comme si vous ne me donniez rien. (Violent.) Je ne veux pas d'aumône!
Ne me parlez pas ainsi ! Vous me faites du mal injustement. Vous savez bien que je ne peux plus vous quitter maintenant.
GERMAIN
C'est ce qui vous trompe. Vous n'avez aucun droit à partager ma misère ; il faudrait que vous m'aimiez pour cela.
J'ai pour vous, Germain, une grande et grave amitié.
GERMAIN
Je n'en veux pas. Du moment que vous ne renoncez pas à lui, c'est à moi que vous renoncez. Vous ne pouvez pas nous garder tous les deux. Ce serait trop commode et ce serait du propre ! Quel homme croyezvous donc avoir devant vous, Antoinette? Je vous aime autant qu'autrefois. Je vous aime au point de consentir à oublier que vous avez eu un amant, mais comprends-moi bien, à la condition que ce soit fini, fini pour jamais entre vous. Si tu nés pas avec moi seul dans mon désastre, tu es contre moi. Lui ou moi, entends-tu? Choisis.
Plus tard.
GERMAIN
Tout de suite.
ANTOINETTE, après un grand efTort.
Je ne peux pas.
ACTi: IKOISIKM!-; 137
GERMAIN, durement.
C'est bien. Va le rejoindre!
Le rejoindre ?
GERMAIN
Allez-vous-en! Allez où vous voudrez. Je ne veux plus de vous.
Vous me chassez?
GERMAIN
Je vous rejette. Vous n'êtes plus rien pour moi... Partez ! Mais parlez vite ! Je ne suis pas sûr de me maîtriser longtemps.
La vie est là qui continue avec toutes ses menaces et toutes ses duretés. Vous ne voulez donc pas que nous nous aidions à en supporter la misère?
GERMAIN
Non.
L'amour n'est pas tout cependant et il est si involontaire. (Germain ne répond pas.) QucllC tristCSSC ! Et dire
que je suis restée pour cela, pour en arriver là !
GERMAIN
Il ne fallait pas rester. C'est cela que je ne vous pardonne pas. Allez-vous-en!
Je rentre chez vous. Ma place est à notre foyer en deuil. Je ne veux pas que vous vous y retrouviez seul.
GERMAIN
Il me plaît pourtant de m'y retrouver seul.
II faudra donc que de là vous me chassiez encore. Je vais vous y attendre.
GERMAIN
Soit ! Vous m'y attendrez longtemps.
J'espère que non !
Elle sort.
GERMAIN écoule le pas d'Antoinette s'éloigner; quand il n'entend plus
rien, il s'écrie : Enfin 1 ( Il va fermer à clef la porte du fond, celle de droite également, revient s'asseoir à son bureau, ouvre un tiroir et en tire un revolver. A ce moment, on frappe à la porte du fond. ) Oul
est là?