‹ Antoinette Sabrier. L'enfant chérieChapitre 57 sur 111 · ACTE PHEMIKH · texte numérisé non relu

ACTE PHEMIKH

MARIi:

Noyés.

MADELEINE, de l;i coulisse.

Tiens, c'est vrai ! Il a dû se passer des choses sur la terre, depuis trois semaines.

MARIE

C'est à craindre.

MADELEINE, de même.

Tout le monde ne nous a pas suivis en Italie.

BOURNERON

Louable discrétion!

MADELEINE, de même.

Que dit-on?

BOURNERON

On se répète.

MADELEINE, de même.

Que fait-on ?

Ce qu'on dit.

BOURNERON

Tiens ! Tiens !

MARIE

C'est intéressant?

BOURNERON

Pour moi, oui ; vous ne connaissez pas. Il s'agit d'un de mes amis. Un charmant garçon, Henri Flavigny, le fils de l'usine Flavigny, d'Achères.

MARIE

Pardon! pardon! Je connais ça. Un grand garçon silencieux, grave et sérieux...

BOURNERON

Oh ! sérieux ! A faire frémir. On se demande où il va chercher toute cette gravité-là. Eh bien, lorsque le père Flavigny est mort (c'avait été mon meilleur concurrent et mon meilleur ami), Henri, qui n'avait aucune vocation pour les lucilines et les motricines, a lâché l'essence pour la science. Il a fait ses études de médecin comme s'il n'avait pas des rentes énormes, qu'il restitue d'ailleurs (c'est son mot) à la communauté. Il les consacre à des œuvres philanthropiques. On parle justement dans le journal de son dernier beau geste. Il vient de fonder un hôpital à Saint- Gloud.

MARIE

Et si c'était tout simplement un monsieur qui ne déteste pas la réclame ?

Non, au contraire, je suis sûr que cette note a été faite à son insu et lui sera très désagréable. Je le connais depuis toujours ; c'est le plus ancien camarade de mes enfants.

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