ACTE DEUXIÈME
honneurs cet après-midi, chère petite exilée, ainsi qu'à votre Alsacien de mari.
JEANNE
Nous serons ravis. Ce sont vos domaines, mon cher beau-frère ?
GARDAN
Presque, puisque la forêt appartient à l'État, et qu'aujourd'hui, l'État, c'est nous.
FLAVIGNY, bas, à Émilienne.
Contente ?
ÉMILIENNE, bas, à Flavigny.
Mieux. Heureuse. J'ai mon cher papa, et tu es près de moi. Tout ce que j'aime ! Tu me dois ce beau temps, tu sais. C'est vrai. Il fait radieux en moi... et je rayonne. Allons, ingrat, qu'est-ce que tu attends pour me remercier?
FLAVIGNY, bas, à Emilienne.
La minute où nous serons seuls.
ÉMILIENNE, s'avançant.
Hôtes ! Vos cafés refroidissent. Il y a un morceau dans toutes les tasses. Et toi, my dear papa?
BOURNERON
Merci. Je ne prends plus de café; il paraît que ça ne me vaut rien. On m'a interdit le café.
ÉMILIENNE, malicieusement.
Qui ça, on ?
BOURNERON, avec un sourire.
Mon médecin.
ÉMILIENNE
Enfin, tu te sens bien ? Tu es à ton aise ?
BOURNERON
Je digère délicieusement ua déjeuner qui fut délicieux.
ÉMILIENNE
Oh ! Je t'en prie! Eli bien, si tu étais chic, tu t'inviterais plus souvent.
GARDAN
Émilienne a raison. Depuis quelque temps, vous nous négligez singulièrement, mon cher beau-père.
BOURNERON
Vous savez, Saint-Germain, ça n'est pas précisément dans la banlieue de Florence.
JENNY
A vous entendre, on s'imaginerait que vous venez de passer trois ans en Italie.
ÉMILIENNE
N'est-ce pas?Et ily est resté tout juste trois semaines. Et il y a près de deux mois que nous sommes installés ici. Or, en tout, j'ai compté, tu es venu trois fois.
BOURNERON
Fi ! tu as une âme de caissière. D'ailleurs, de quoi te plains-tu? Je te vois presque tous les jours à Paris.
ÉMILIENNE
Presque 1 Et puis, ce n'est pas la même chose. Et puis, le soir, tu pourrais très bien rentrer dîner avec Georges.
GARDAN
Vous n'auriez qu'à passer me prendre au bureau vers six heures. Je serais ravi...