ACTE DEUXIÈME
BOLRNERON
Ce n'esl pas Tenvie qui m'en manque.
PIERRE, ironicpie.
Seulement, tu ne peux pas.
BOURNERON
Eh oui !
ÉMILIENNE
Tu n'as pas le temps?
BOURNERON
Comme tu dis !
ÉMILIENNE
Comme je dis î Un monsieur qui n'a rien à faire !
Justement. Si tu savais comme c'est absorbant de n'avoir rien à faire, surtout quand, pendant trentecinq ans, on a eu à faire par-dessus la tête. Aujourd'hui, je me la coule sucrée. C'est bien mon tour. Je bats une flème savoureuse.
ÉMILIENNE
Alors, c'est un travail de venir nous voir?
BOURNERON
Tu es bête !
ÉMILIENNE
Tiens ! Tu es comme les collégiens qui se rasent en famille. Sous le premier prétexte, ils se défilent.
BOURNERON
Non ! Mais fais-moi une scène pendant que tu y es î
ÉMILIENNE
Mon cher papa, j'en meurs d'envie.
bourneron
Eh bien, ma chère fille, ne mourez pas et soulagezvous, je vous en prie.
lïs remontent. Pendant ce coin de scène, les autres ont fini de prendre le café.
GARDAN, se levant.
Dites donc, Henri, en attendant que la voiture soit attelée, si on y allait d'un petit billard ?
FLAVIGNY
Mon Dieu ! C'est une distraction innocente.
GARDAN
Et hygiénique, donc ! Trente points?
FLAVIGNY
Pourquoi pas, après tout? La vie est' courte. Dépôchons-nous.
Ils sortent à droite.
BOURNERON, redescendant.
Et moi, mes chers enfants, je vais vous demander la permission d'aller faire une petite sieste. Je me suis couché tard et j'ai un soupçon de migraine.
ÉMILIENNE
Ah! Ah!
BOURNERON
Une heure de repos, il n'y paraîtra plus.
ÉMILIENNE, passant-
Eh bien, si tu le permets, je vais ^installer. J'ai des coussins admirables. On baissera les stores. On ouvrira les fenêtres et la porte pour que tu aies de l'air, et...