‹ Antoinette Sabrier. L'enfant chérieChapitre 78 sur 111 · TE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

TE DEUXIÈME

ÉMILIENNE

Hejoignoiis-les.

PIEHRE

Dans un moment.

K.MILIENNE

Tu as à me parler?

PIERRE

Oui, je voudrais revenir sur ce que nous avons dit tout à riieure. Je viens de rélléciiir à notre plan. Il ne me paraît pas fameux.

Pourquoi ?

PIERRE

Mon Dieu! parce que... d'après tout ce que j'ai appris, père ne me paraît pas, cette fois, homme à céder à tes instances, si tendres, si câlines soient-elles. Je te dis qu'il est fou de cette Mme Bérieux, qui est jolie, élégante, distinguée, et qui a su prendre sur lai une influence extraordinaire.

ÉMILIENNE

Vraiment ? Tu es sûr?

PIERRE

Sûr. Voilà deux ans qu'ils vivent pour ainsi dire ensemble.

ÉMILIENNE

Non?

PIERRE

Mais si ! C'est avec elle qu'il vient de faire ce voyage dTtalie, un vrai voyage d'amoureux, la tournée classique ! Les Offices ! les lagunes ! Saint-Marc ! le Lido !

émilienne Ah ! C'était avec elle!

PIERRE

Mais oui! Dans ces conditions, je t'avoue, je ne le vois pas bien consentant à s'expatrier et à la quitter, parce que tu le lui auras demandé, même avec toute la gentillesse dont tues capable.

Alors ?

PIERRE

Il faudrait trouver des raisons plus décisives.

ÉMILIENNE

Sans doute, mais je ne vois pas...

PIERRE

C'est cependant bien simple. La seule personne dont la présence serait de nature à l'attirer là-bas, à Fy retenir, à lui faire oublier un peu... son amie, ce serait toi; ça, oui; si tu voulais bien consentir, par tendresse filiale, à partir avec lui, oh ! alors, notre tactique aurait toutes chances de succès et nous serions bien près...

ÉMILIENNE

Ne te donne donc pas tout ce mal, mon petit Pierre. C'est si inutile. Non, je t'en prie, n'insiste pas. Évidemment, si je voulais bien m'en donner la peine, papa ne me résisterait pas longtemps. Seulement, je ne veux pas.

PIERRE

Pourquoi?

ÉMILIENNE

Parce que... parce que ça ne me dit rien, oh ! mais

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