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chaînent et découlent des mêmes principes.
La théorie de la formation des monstres dérive naturellement de cette loi d’harmonie du système sanguin avec les autres systèmes organiques. A quoi se réduisent nos connaissances sur ces êtres anomaux ? Ouvrez les livres qui en ont traité avant MM. les professeurs Geoffroy-St. -Hilaire et Meckel, qu’y trouverez-vous? Des hypothèses plus bizarres que les animaux qu’elles doivent expliquer, et des mots dont l’association est souvent plus monstrueuse que les êtres auxquels ils s’appliquent.
Mais si les conditions d’existence des organes sont assujéties aux conditions d’existence du système sanguin , qui ne voit que le même principe est applicable au développement régulier des animaux , et à leur développement irrégulier?
Oubliez un instant toutes les suppositions qu’on a émises sur ce sujet , et qui , quelque ingénieuses qu’elles paraissent quelquefois, ne font que prolonger l’enfance, de la science. Consultez l’organisation insolite des monstres délaissée jusqu’à ces derniers temps , et la vous verrez toute se déduire des con-
PRÉLIMINAIRE
ditions diverses d’existence de leur système sanguin artériel.
Vous trouverez une famille entière de ces êtres, chez laquelle ce système développé en moinsresteraau-dessousde son état normal.
Avec l’atrophie ou l’absence de certaines artères, vous verrez diminuer ou disparaître les organes auxquels elles correspondent.
Les monstres privés du cerveau seront sans artères encéphaliques.
Les acéphales seront sans carotides prK mitives.
Les monstres sans extrémités antérieures , comme les reptiles bipèdes , seront dépourvus d’artères axillaires ; les bimanes , d’artères fémorales.
Avec l’absence des artères rénales , utérines, vésicales, vous verrez coïncider l’absence des reins , de l’utérus et de la vessie.
Vous remarquerez, au contraire, une seconde famille, chez laquelle le système sanguin développé en plus, dépassera ses limites ordinaires , et vous observerez de même des organes qui se répéteront , avec la répétition des artères qui les produisent dans leur état normal.
DISCOURS
Des artères vertébrales doubles produiront un double cervelet dans le même crâne.
Des carotides primitives , doublées de chaque côté, donneront naissance aux bicéphales 5 triplées , vous aurez les tri-encéphales.
Une double aorte descendante produira deux troncs , tandis que la tète sera unique si l’aorte ascendante est simple.
Une double axillaire de chaque côté développera quatre membres antérieurs , et des fémorales doubles seront toujours suivies de quatre membres postérieurs.
Enfin une double artère sacrée moyenne vous donnera une double queue.
Tous les monstres, sans exception, seront renfermés dans ces deux ordres d’anomalies du système sanguin. Une cause si simple en apparence produira tous ces effets variés , qui se reproduisent si fréquemment, et qui, jusqu’à ce jour, ont fatigué de leur incertitude l’esprit de tous les anatomistes.
D’après ces principes , quelque singulières , quelque bizarres que nous paraissent les associations organiques des nions-
rr, ELIMIN A IRE.
1res , elles seront toujours assujëties à une règle invariable, celle de la connexion des parties.
Ainsi , vous ne verrez jamais une tête s’élever du sacrum d’un animal monstrueux ; jamais vous ne trouverez une queue surnuméraire implantée sur le crâne ou sur la face d’un animal , ni des membres antérieurs ou postérieurs sur-ajoutés à sa tête ou à sa queue.
La tête, la queue , les membres surnuméraires , correspondent toujours aux membres, à la queue et à la tête normale de l’être monstrueux. En voici la raison.
Les artères carotides , axillaires, fémorales ou sacrées , peuvent se doubler et produire la répétition des organes qu’elles forment $ mais jamais vous ne verrez une carotide naître, ni de la sacrée moyenne,
ni de l’axillaire, ni de la fémorale ; consé-
quemment vous ne rencontrerez jamais une nouvelle tête implantée sur la queue ou sur les membres d’un animal.
Pareillement , vous n’observerez jamais que les carotides donnant naissance aux artères sacrées moyennes, fémorales ou axil-
DISCOURS
CIJ
laires ; vous ne pourrez donc jamais rencontrer des membres ou une queue surnuméraire entés sur le crâne ou sur la face d’un animal, quelque monstrueux qu’il soit ou qu’il vous paraisse,
La nature, dans ses productions, est donc assujétie à un ordre constant, et c’est lorsqu’elle nous paraît le plus s’en écarter , que nous la trouvons le plus invariablement assujétie à ses règles. Je ne saurais trop le redire ; l’ordre est toujours dans la nature , le désordre et les incohérences que nous lui supposons n’existent que dans notre manière de l’interpréter.
Ces notions préliminaires paraîtront peutêtre un peu longues ; mais elles étaient indispensables pour donner au lecteur la clef des faits dont se compose cet ouvrage. Je me bâte de les terminer par une dernière considération très - importante , quoique singulière , c’est que le cervelet et le cerveau sont les mêmes organes renversés.
J’explique cette idée.
Si I on veut apercevoir les analogies que présentent le cervelet et le cerveau dans les classes supérieures, on ne doit point com-
ruELiMirs AIRE.
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parer ces deux organes dans leur position respective , et mettre en parallèle leurs deux faces supérieures et inférieures. Il faut préalablement renverser l’un des deux organes , et comparer la face supérieure de l’un à la face inférieure de l’autre.
Ainsi, après avoir fait cette inversion , si on cherche les rapports des deux organes , on trouve que le lobe médian du cervelet , situé sur sa face supérieure , correspond au lobe de l’hippocampe et au lobule olfactif situé à la base du cerveau.
La conjugaison du lobe- médian du cervelet s’effectue sur la face supérieure de l’organe par les faisceaux blanchâtres que l’on a si improprement nommés corps calleux du cervelet. Celle du lobe de l’hippocampe s’opère vers la base du cerveau, par les faisceaux postérieurs qui vont constituer la voûte, ou la partie postérieure de la lame rayonnante des oiseaux.
Les hémisphères du cervelet s’élèvent sur sa base ; eh se dirigeant en arrière , ils débordent le lobe médian qui , dans les mammifères supérieurs , paraît logé dans
DISCOURS
l’angle rentrant produit par leur prolongement.
Les hémisphères du cerveau s’élèvent sur sa face supérieure ; et en se portant en arrière , ils débordent le lobe de l’hippocampe , de la même manière que les hémisphères du cervelet débordent le lobe médian.
Les hémisphères du cervelet se développent sous l’influence du corps ciliaire , logé dans l’épaisseur de la base de cet organe.
Les hémisphères du cerveau s’accroissent en raison du développement de la couche optique et du corps strié, qui , comme chacun sait , occupent la face supérieure des pédoncules cérébraux.
Enfin, la protubérance annulaire, qui sert de commissure aux hémisphères du cervelet , occupe la base de cet organe. Le corps calleux, qui est la grande commissure des hémisphères cérébraux , est situé sur sa face supérieure.
C’est dans cette même position qu’il faut considérer ces deux organes , pour apercevoir tous les rapports que nous avons
PRELIMINAIRE
établis entre eux et les autres parties du système nerveux.
Frappé, il y a douze ans, de la nouveauté des faits fournis par l’étude de l’anatomie des embryons , je me livrai à cette étude avec tout le zèle que nécessitaient son importance et ses difficultés. N’ayant d’abord en vue que de m’éclairer et de m’instruire , je cherchai la vérité dans les faits, et non dans les opinions. Plus tard je m’aperçus que les opinions et les faits se contredisaient et n’étaient point en harmonie dans la science. Quelque respect que méritassent les hommes qui ont consacré leurs veilles et souvent leur vie aux progrès de cette science , je ne balançai pas à délaisser les opinions et à me laisser diriger par les faits. De cette manière, j’ai , pour ainsi dire, été conduit par la main à la découverte des principes nouveaux qui servent de hase à mes recherches anatomiques.
Je viens de faire l’application de ces principes au système nerveux des animaux vertébrés et invertébrés.
J’ai d’abord considéré les laits en euxmêmes ; je les ai ensuite comparés pour