chapitre premier
Considérations générales sur le Principe de l’ origine des Nerfs. Du Nerf de l olfaction comparé dans
tes quatre classes des animaux vertébrés.
L Académie royale des Sciences a recommandé dans son programme de suivre aussi loin que possible l’origine des nerfs encéphaliques , sur laquelle les anatomistes ont tant écrit et tant différé les uns des autres , depuis Vesale jusqu’à nos jours. L’anatomie comparative des embryons était plus propre que tout autre procédé à éclairer celte question; elle semblait promettre de pouvoir saisir es nerfs au moment où ils émanent des diverses
25o anatomie comparée du cerveau ,
parties de l’encéphale, avant que des couches fibreuses plus ou moins épaisses ne les ayent enveloppés; elle faisait espérer déplus qu’on pourrait suivre leur marche avec plus de précision qu’on ne le peut faire chez les animaux adultes ; j’attendais beaucoup de cette recherche en procédant surtout des vertébrés les plus simples, comme les poissons et les reptiles , aux classes les plus élevées , les oiseaux et les mammifères , chez lesquels ils sont plus profondément cachés. Dans cette idée , j’examinai avec la plus grande attention la moelle épinière et l’encéphale des jeunes embryons; quelle fut ma surprise de n’y apercevoir d’abord aucun vestige de nerfs! Persuadé d’abord que leur ténuité les dérobait à la vue simple, j’eus recours à la loupe et au microscope; mais je ne fus pas plus heureux. La moelle épinière et l’encéphale me parurent toujours dépourvus de nerf. Déconcerté d’abord par ces faits, serait-il possible, me demandai-je, que ces nerfs eussent une si tardive formation? Comment les parties diverses du tronc et de la tête se sont-elles développées jusqu’au point où je les observe chez ces jeunes embryons hors de toute influence nerveuse? Qu’est-ce qui remplace les nerfs dans ces parties à cette époque de leur formation? Je cessai de m’occuper un instant de l’origine des nerfs, que je ne pouvais apercevoir, pour porter mon attention sur l’état de ces organes dans les diverses parties de l’embryon déjà formé : si ma surprise avait été grande en voyant le nerf manquer à la moelle
ORIGINE DES NERFS. 2& 1
épinière et à l’encéphale , elle redoubla encore quand, par des dissections soignées, j’eus reconnu et suivi avec le plus rare bonheur tous lès nerfs de la tête , et sans aucune exception tous les nerfs du tronc. Cette vérité reconnue et vérifiée sur un grand nombre d’embryons de reptiles , d’oiseaux et de mammifères , il devenait plus difficile de l’expliquer que de la découvrir dans l’état présent de nos connaissances.
Les animaux, avait-on dit , se développent du centre à la circonférence : donc les nerfs doivent procéder de la moelle épinière et du cerveau aux parties excentriques du corps. Comment concevoir, dans cette hypothèse , l’isolement des nerfs des parties centrales du système nerveux ? Comment concevoir la moelle épinière et l'encéphale , sans communication avec les nerfs du tronc et de la tête? La chose me parut tellement difficile, que je ne m’attachai pas même à chercher dans cette direction l’explication des faits que j’avais sous les yeux; je crus prudent de rechercher d’abord sur quels fondemens on avait élevé l’hypothèse du développement central des animaux. Avait- on observé ce mode de formation chez les embryons ? Cette opinion était-elle déduite des faits , ou étaitelle le fruit de l’imagination? Je ne tardai pas à ni apercevoir que rien ne confirmait cette hypothèse • que dans l’impossibilité Où l’on s’était trouvé d’établir une théorie probable de zoogénie, on avait , conformément aux principes philosophiques du temps , imaginé une hypothèse qui en
pût tenir lieu ; el par une bizarrerie assez singulière , cette hypolhèse se trouvait directement opposée aux faits.
Les animaux ne se forment donc pas du centre à la circonférence , ainsi qu’on l’avait avancé; j’ai dé couvert qu’ils se développent au contraire de la circonférence au centre , de dehors en dedans , en considérant le tronc comme la racine de 1 animal ; de là vient que les côtes cartilagineuses sont formées avant les vertèbres ; de là vient que les os excentriques du crâne sont cartilagineux avant ceux qui occupent le centre; de là vient aussi que les points osseux se montrent d’abord sur les côtes, puis sur les masses transverses des vertèbres , puis sur la partie centrale de ces derniers os. Sur le bassin, c’es" d’abord l’iléon , puis l’ischium , puis le pubis et le sacrum ; dans le crâne, les points d’ossification se montrent d’abord sur les points les plus excentriques de la circonférence , puis ils gagnent de proche en proche les os qui occupent le centre. La même loi est applicable au système musculaire : les muscles intercostaux paraissent les premiers ; viennent ensuite ceux logés dans les gouttières vertébrales; plus lard , les muscles abdominaux ferment l’abdomen en devant. C’est donc en vertu d’une loi générale de l’organisation, que le système nerveux sc développe de la circonlérence au centre , que les nerfs du tronc se forment avant la moelle épinière el l’encéphale.
Ce mode de formation concilie les laits que nous avons exposés dans les précédons chapitres; nous
ORIGINE DES NERFS
ne sommes plus surpris de trouver des nerfs trèsdéveloppés coïncidant avec une moelle épinière et un encéphale liquides. C’est la marche de la nature , l’inverse serait une contradiction à ses lois. Nous pouvons maintenant apprécier à sa juste valeur l’opinion de Gall et de Spurzheim , sur la nutrition primitive des nerfs par la matière grise de la moelle épinière et de l’encéphale. Cette nutrition est imaginaire, puisque les deux ordres d’organes ne sont pas primitivement en communication l’un avec l’autre. Si l’existence des nerfs est indépendante de la moelle épinière et de l’encéphale , qui ne voit de suite que les altérations de ces parties centrales du système nerveux, n’auront aucune influence sur leur développement? Qui ne voit de suite que les embryons privés de moelle épinière ou de l’encéphale ne seront pas pour cela dépourvus de leurs nerfs? Que de faits de monstruosités animales , inconciliables avec nos hypothèses présentes, se trouvent expliqués par celte loi générale de l’organisation! Serons-nous surpris maintenant de trouver des nerfs très -bien constitués chca des embryons privés de moelle épinière ? Les nerfs des sens très-développés , chez des monstres dépourvus des masses encéphaliques ? L’inverse devrait nous étonner ; mais ces cas de monstruosités sont dans l’ordre du développement de la nature, et servent de confirmation à ses principes de formation.
C’est à l’aide de ces mêmes principes qu’on parviendra uu jour à expliquer le système nerveux
des invertébrés. Puisqu’on supposait que les nerfs étaient une émanation de la moelle épinière et de l’encéphale , et qu’on leur trouvait des nerfs parfaitement bien constitués , la raison indiquait de leur trouver aussi un encéphale et une moelle épinière analogues à ces mêmes organes chez les vertébrés : sans cela leur système nerveux était inexplicable. De là les efforts et les suppositions de toute espèce pour démontrer que les invertébrés avaient , comme les vertébrés , ces parties centrales du système nerveux. Chose étrange 1 on avait dénommé ces êtres d’après l’absence des vertèbres dans le centre du tronc, et on avait supposé en même temps que la moelle épinière, que ces os doivent encaisser, était restée à sa place. On ignorait, il est vrai, que l’état primitif de la moelle épinière était liquide , que ce liquide exigeait un canal pour être contenu , et que ce canal manquant chez ces êtres , la moelle épinière devait nécessairement manquer aussi : mais l’absence des vertèbres ne devait-elle pas indiquer l’absence de la moelle épinière? Sans doute qu’on aurait déduit cette conséquence simple, si l’on n’avait étudié ces êtres sous l’influence d’une hypothèse qui en faisait méconnaître le rapport.
Quoi qu’il en soit, les animaux invertébrés n’ont point de moelle épinière ; et d’après ce que nous venons de voir , leur système nerveux peut être expliqué sans elle ; les nerfs des larves et des chenilles se développent de la circonférence au centre: ils sont d’abord isolés de droite et de gauche,
ORIGINE DES NERFS
sans lien moyen entre eux ; ils se rapprochent ensuite, et avant de s’adosser sur la ligne médiane , chez les chenilles , où je les ai suivis avec le plus grand soin , un renflement ganglionnaire se développe à l’extrémité de chaque nerf, et ordinairement au point de jonc tion du nerf voisin. La série de ganglions est d’abord double ; mais en se rapprochant sur la ligne médiane, souvent deux ganglions se confondent en un seul , et dans ce cas , un petit sillon médian indique leur séparation primitive. Telle est l’origine de la double chaîne ganglionnaire qui se rencontre sur la ligne médiane des chenilles , de la plupart des insectes , et chez les crustacés , quoique ces organes ayent éprouvé chez ces derniers un singulier déplacement. En comparant ce système nerveux à celui des très-jeunes embryons des vertébrés , on y remarque une analogie frappante ; chez ces derniers ainsi que chez les invertébrés , on trouve des nerfs partant des parties latérales du tronc, convergeant les uns vers les autres sur la ligne médiane ; on trouve une double série de ganglions à la jonction de deux branches nerveuses , de même que dans les classes inférieures ; un rameau ascendant ou descendant réunit les uns aux autres les ganglions , et forme une chaîne non interrompue du crâne au sacrum, ainsi qu’on l’observe chez les invertébrés. Si à ces rapports on ajoute qu’à cette époque les ganglions intervertébraux des classes supérieures sont isolés de la moelle épinière , on concevra comment cet état primitif du système ncr-
veux est le représentant de celui des invertébrés. Les fœtus des vertébrés qui viennent au monde sans moelle épinière, ont donc vécu dans le sein de leur mère sous l’influence d’un système nerveux analogue à celui des invertébrés. Ces êtres monstrueux ne le sont , que parce que leur système nerveux s’est arrêté à l’époque du développement qui constitue l’état permanent des êtres dits invertébrés. Par où et comment le système nerveux des classes supérieures se distingue-t-il de celui des classes inférieures ? Il s’en distingue par un nouvel ordre d’organes , la moelle épinière et l’encéphale , qui viennent occuper l’axe central de ce système, et auxquels viennent aboutir toutes ses radiations excentriques.
Les nerfs ne naissent donc point de la moelle épinière et de l’encéphale ; isolés de ces parties , ils viennent, par suite de leur marche concentrique, se mettre en rapport avec elles par une insertion d’abord très-superficielle, et qui devient de plus en plus intime à mesure que les faisceaux de ces parties les enlacent et les enveloppent. Ce principe reconnu change tout ce qu’on a dit sur la prétendue origine des nerfs , et donne à l’étude de leur mode d’insertion et à leurs rapports généraux , une direction toute nouvelle.
L’insertion des nerfs du tronc sur la moelle épinière est simple; aussi n’a-t-elle été le sujet d’aucune discussion parmi les anatomistes. Partis des ganglions intervertébraux , les faisceaux nerveux divisés, traversent les trous de conjugaison ,
ORIGINE DES NERFS
pcnc tient dans le canal vertébral et le canal de la elure-mère, et s implantent sur les faisceaux antérieurs et postérieurs de la moelle épinière: cette insertion se fait primitivement vis-à-vis des trous de conjugaison ; mais à mesure que l’embryon se développe et que l’animal grandit , la moelle épinière devenant plus longue , les racines supérieures s’écartent des inférieures ; les premières deviennent ascendantes , les secondes descendantes ; ce rayonnement des faisceaux d’implantation varie beaucoup selon les classes et le§ familles d’une même classe ; leur point de convergence correspond toujours aux trous de conjugaison.
Si , comme 1 ont dit G ail et Spurzheim, le développement des nerfs était sous l’influence immédiate de la matière grise , il faudrait que cette matière formât les couches extérieures de la moelle éoiniere, ou que du moins elle fût la première apparente chez les jeunes embryons. Or la matière blanche précède , chez les oiseaux et chez les mammifères , la formation de la grise; la matière blanche forme les couches excentriques de la moelle épinière dans toutes les classes sans exception. Le système des anatomistes allemands est donc encore en défaut ; il suppose un ordre de faits directement inverse de celui qui existe. Au moment où les nerfs s’implantent sur la moelle épinière , la couche blanche externe est très-mince ; ils sont à peine adhérons à celte couche; ils lui paraissent comme adossés; mais à mesure que de nouvelles couches
ü58 ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU,
fibreuses se déposent, le nerf est enveloppé de toutes parts ; il paraît enchâssé dans l’écartement de ces fibres. Sur quelques embryons , il m’est arrivé quelquefois de le retirer comme d’une gaine dans laquelle il aurait été introduit ; mais plus tard les nerfs s’identifient tellement avec la moelle épinière , qu’ils semblent faire corps avec elle ; que rien n’indique plus leur isolement primitif; enfin qu’ils paraissent en naître, ainsi qu’on l’a dit et cru jusqu’à ce jour. Cette implantation n’est pas difficile à voir sur les embryons des oiseaux , des reptiles et des mammifères; elle peut être facilement déduite de leur disposition , même chez les animaux adultes ; ce qui diminue le regret que j’éprouve de ne pouvoir mettre souv les yeux des lecteurs , les dessins qui la rendent évidente.
Mais il n’en est pas de même de quelques nerfs encéphaliques: leur insertion dans certaines classes est quelquefois tellement éloignée du point où ils se dégagent de l’encéphale, les couches fibreuses qui les ont enveloppés sont si nombreuses , si épaisses, que, privé des figures des jeunes embryons, j’aurais pu difficilement en donner une idée juste , si la classe entière des poissons , qui , comme je l’ai si souvent répété, sont des embryons permanens des classes supérieures , n’était venue à notre secours.
Nerf de l’olfaction. Chez les poissons osseux , on peut suivre l’implantation de ce nerf jusque sur les cuisses cérébrales , ou la sortie des pédon-
NERF DE LOLFACTION. 9.5Ç)
cules des lobes , qui sont les analogues des hémisphères cérébraux des classes supérieures.
Cette implantation est d’autant plus simple , que les lobes dont se compose leur encéphale, sont moins nombreux (i), que les hémisphères cérébraux sont moins développés (12) , ou même manquent presque complètement (5).
Chez l’égrefin (4) , il se détache de la partie antérieure des lobes optiques , dont il paraît être la continuation ; quand on a ouvert ces lobes , on voit les racines (5) descendre du côté interne des petits lobes cérébraux (6) , pour se porter sur les pédoncules, à leur sortie immédiate des tubercules quadrijumeaux (7). Chez la baudroie (loph. pisc.), dont les hémisphères bérébraux (S) sont beaucoup plu6 développés , les racines du nerf olfactif (g) sont la continuation du cordon pyramidal (10) ; sitôt, en effet, que ce cordon s’est dégagé des lobes optiques (1 1 ) , il se divise en deux bran-
(1) PI. VII, fig. «84, n° 5.
(а) PI. VII, flg. 180, n" 6.
(3) PL VII, flg. 181, n* 8.
(4) PI. VII, Gg. 184 , a* G.
.(5) PI. VII, fig. 181, n" 9
(б) PI. VII, üg. 177, n° 4-
(7) PI. VII, Gg. 181 , n® 9.
(8) PI. VII, Gg. 179,0-5.
(9) PI. VII, fig. 189, n° 4'
(10) PI. VII, fig. 189, n* 1.
(n) PL VII, fig. 189, n® 6.
u6 O ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU,
ches ( i ) : l’externe se porte dans la profondeur du lobe cérébral (2) ; l’interne , qui continue le pédoncule , se porte en avant , le long de la partie interne du même lobe (3) , pour aller se rendre dans la chambre olfactive (4). Chez la morue (5), ce mode d’insertion est en tout analogue à celui du lophius ; le pédoncule , sorti de la partie interne du lobe optique (6) , se divise comme chez l’égrefin; le nerf olfactif (7) se place au côté interne , et se porte dans l’organe de l’odorat; il n’est que la continuation des cordons pyramidaux (8) ; une variété assez remarquable se présente chez plusieurs poissons; c’est celle d’une commissure transversale (9), qui réunit les deux nerfs olfactifs avant leur sortie des hémisphères cérébraux. J’ai représenté cette bande fibreuse transversale chez la tanche (10). Cette commissure serait-elle analogue à la commissure antérieure des hémisphères cérébraux des mammifères? Afin de rendre évidente cette continuation du nerf olfactif.
(1) PI. VII, fig. 189, n° 3 et 4.
(2) PI. VII, fig. 189, n*5.
(3) PI. VIÏ, fig. t83, n* 4-
(4) PI. VII, fig. 179, n° 9.
(5) PI. VII, fig. i63, n" 10.
(6) PI. VII, fig. 166, n” 1 et 7.
(7) PI. VII, fig. iGG, n" 8.
(8) PI. VII, fig. 16G, n” 1.
(9) P). VII, fig. 187, n° 8.
(10) PI. VII, fig. 187, n" 8,
NERF DE L’OLFACTION. 26
chez les poissons osseux , avec le cordon pyramidal , j ai déplissé les lobes de l’encéphale chez le merlan (1), j’ai séparé la pyramide (2) du cordon olivaire (3) ; on voit que la première , parvenue audevant du lobe optique, se continue immédiatement dans le nerf olfactif (4) ; ou aperçoit également bien ce rapport chez la perche (5). Quoique les poissons cartilagineux diffèrent dés poissons osseux sous le rapport de la composition de leur encéphale, on peut suivre chez quelques-uns 1 insertion du nerf olfactif (6) jusque sur le pédoncule cérébral (y). C’est ce que j’ai fait chez l’esturgeon et la lamproie ; car chez les squales et les raies, les filets du nerf m’ont abandonné dès leur entrée dans 1 hémisphère, comme cela arrive chez certains reptiles, notamment la tortue franche.
Dégagé des hémisphères cérébraux , le nerf olfactif se comporte d’une manière bien différente, d abord chez les poissons osseux comparés les uns aux autres, puis chez les cartilagineux mis en rapport avec les osseux. Chez ces derniers , tantôt ce nerf forme un long pédicule (8) au bout
(0 PI- VI , fig. ,47.
(2) PI. VI, Üg. 147, n‘ 7.
(5) PI. VI, fig. i47, a" 8.
(4) PI. VI, fig. i47, n° 6. '
(5) PL VI, fig. ,50, n° 6.
(0) PI. VI, fig. i4q, n” ,
(7) PL VI, fig. ,49, „• 3.
(8) PL VII, fig. j78, n° ,.
duquel se trouve le renflement que nous avons désigné sous le nom de lobule olfactif (1). Tantôt ce lobule ett immédiatement adossé aux hémisphères cérébraux ,(2) , et le nerf olfactif s’y plonge à sa sortie immédiate des hémisphères cérébraux ; le nerf olfactif est pédiculé chez la plupart des poissons osseux , comme nous l’avons représenté chez legrefin (3) , chez îe barbeau (4) etl’ésox (5) ; il est non-pédiculé chez tous les poissons dont l’encéphale se compose de six lobes , comme chez l’anguille (6) , le congre (7) , les trigles (8) , etc.
En général, chez les poissons osseux , dont le nerf olfactif est pédiculé, les hémisphères cérébraux sont plus développés (9) que chez ceux où il offre la disposition inverse (10) ; plusieurs poissons font néanmoins exception à cette règle : j’en ai choisi les exemples les plus remarquables d’abord chez la baudroie (11), dont les hémisphères sont peu développés , quoique le nerf soit pédiculé ; et
(1) PI. VII, fig. 178, E.
(2) PI. VII, fig. 190, n° 7.
(5) PI. VII-, fig. 184, 11" 6.
(4) PI. VII, fig. i85 , M.
(5) PI. VU, fig. 178, n“ 1.
(0) PI. VII, fig. 190, n" 5.
(7) PI. VII, fig. 167, n" 7.
(8) PI. VII, fig. i55, n* 8.
(9) PI. VII, fig. 162, n” 9.
(10) PI. VII, fig. 168, n" 6.
NERF DE L’OLFACTION
ensuite chez l’égrefin ( 1 ), qui offre le point extrême de cette organisation. Chez ce dernier poisson , les hémisphères cérébraux (2) sont en effet si peu volumineux, que la plupart des anatomistes ne les ont pas rencontrés , et ont douté de leur existence.
Ces variations sont moins prononcées chez les poissons cartilagineux ; chez tous ceux que j’ai anatomisés, depuis la lamproie jusqu’au requin , j’ai rencontré les nerfs olfactifs pédiculés.
Chez la lamproie (petro. fluvialis) , le pédicule est très-court , et le lobule olfactif peu éloigné des hémisphères (3) ; chez l’esturgeon , il est un peu plus allongé (4) ; chez les squales (5) , sa longueur augmente : ce lobule est plus écarté des lobes cérébraux , ainsi qu’on le remarque sur le requin (6) ( squalus carcharias ) , dont le pédicule a une grosseur considérable; chez lange ( squalus squatina) (7), le pédicule est plus mince, plus allongé, et se rapproche davantage des raies; les aiguillats sont encore plus voisins de ces derniers poissons par l’étendue de ce pédicule, comme
(1) PI. VII, fig. 181 , n* 6.
(2) PI. VII, fig. 181 , n» 8.
(3) PI. V, fig. A, n* 8.
(4) PI- XII, fig. 235, L.
(5) PI. VI, fig. j42.
(6) PI. VI, fig. 142, n° s 6.
(7) PI. XII, fig. 237, I.
1 ANATOMIE COMPARÉE oc cerveau,
O," le remarque chez le squale acanthias ( 1 ). Enfin , cuez les raies . le pédicule est d’une longueur déme-
Tr-P, ’ Ce <|l,i ^°*§ne considérablement lelobule olfactif (3) des hémisphères cérébraux (/)). Tous
es poissons cartilagineux ont donc le lobule olfac- 1 pediculé ; lis offrent sous ce rapport une fixité
d organisation, qu’on est loin de rencontrer chez les poissons osseux.
Chez les reptiles, comme chez les poissons , le ner o actif est pédiculé ou non pédiculé ; mais «ne particularité très-remarquable et bien digne de 1 attention des anatomistes et des physiologistes c’est que chez les reptiles , le rapport de ce pédicule avec les hémisphères cérébraux est dans «ne disposition inverse de ce que nous venons de remarquer chez les poissons. Chez ces derniers , nous avons observé™ général queles hémisphères Cérébraux étaient plus développés chez ceux dont le nerf olfactif était pédiculé, que chez les autres. Chez les reptiles , c’est le contraire qu’on observe ; plus le pédicule s’allonge , plus il semble que les
hémisphères diminuent; quelle peut être la cause de cette opposition?
Quoi qu’il en soit, le pédicule du nerf olfactif
(l) PI. XII , fig. 23t), I JJ (,J) P1- v*> «g- i38, n° i5.
(3) PI. VI, flg. i38, n° 12 et 17.
(4) PI. VI, fig. i38 , d» I(), 1 5 ct i/j.
NERF DE LOLFACTION. 265
est si fort chez les ophidiens (i) et les laccrtiens (2), qu il paraît être la continuation immédiate des hémisphères cérébraux (3) , qui se rétrécissent beaucoup au lieu où commence le pédicule (4); du reste, on ne distingue aucune strie blanchâtre sur la base des hémisphères , qu’on puisse considérer comme les racines propres de ce nerf. Chez les embryons des reptiles , la cavité de l’hémisphère se continue en se rétrécissant dans le pédicule, le long duquel elle communique avec la petite cavité creusée au centre du lobule olfactif (5). Chez les adultes, le pédicule n’est plus creusé; il forme un cordon plein dont on ne peut suivre , comme chez les poissons , la liaison immédiate avec les pédoncules du cerveau. La continuation des hémisphères avec le pédicule du nerf olfactif est très-distincte chez l’orvet (6) , la vipère ha]é (7), la couleuvre à collier, la vipère’ de Fontainebleau (8) , celle à raies parallèles (9) ,
(1) PI. V, fig. ,26, n° 8.
(а) PI. V, fig. 1 28 j n" 5.
(3) PI. V, fig. 128, n° 4.
(4) PI- V, fig. 10g, n° 8.
(5) PI. V, fig. 126, n° 9.
(б) PI. V, fig, 109, n” 8 et 9.
(7) PI- V,fig. 127, n° 8.
(8) PI- V,fig. l3a, n“ q.
(9) PI. V, fig. ,33,
le lézard vert (1), le lézard gris (2). Chez le crocodile vulgaire (5) et le crocodile à deux arêtes (4), on n’aperçoit pas de pédicule à la partie antérieure de la base des hémisphères. Chez le caïman (5) , le pédicule est aussi prononcé que chez les ophidiens et les lacer tien s ; chez les batraciens , le lobule olfactif vient s’appliquer immédiatement contre les hémisphères (6). Le pédicule du nerf est si court, qu’il faut détacher ce lobule pour le distinguer (7). Chez les tortues de terre , un petit pédicule se détache aussi de l’hémisphère (8) , et va rejoindre un très-petit lobule (9) , comme on le remarque chez la tortue grecque (10). Ce n’est plus la même chose chez les tortues de mer (11); chez la tortue franche ( testudo mydas ) , le lobule olfactif vient sc confondre avec la base des hémisphères du cerveau (12), comme cela arrive chez certains mammifères ; un léger sillon à la face su-
(1) PI. V , fig. 110, n° 11.
(2) PI. V, fig. 128, n° 5.
(3) PI. V, fig. 117, n° 7.
(4) PI. V , fig. 118, n” G.
(5) PI. V, fig. i55, u° 7 et 8.
(G) PI. I, fig. 16, n" 5.
(7) PI. V , fig. i3i , 11° iG.
(8) PI. V , fig. ia5, n° 12.
(g) PI. V , fig. ia5, n° 11.
(iw) PI. V, Gg. 125, 11" 11 et 12.,
(11) PI. V , fig. 122 , n° 1G et 17.
(12) PI. V , fig. 122, n" 1 5 et 16.
NERF QE LOLFACTION. 267
périeure (1) et inférieure (2), ie distingue des hémisphères; le même sillon se continue en dehors (5) et en dedans de ceux-ci (4). Si 011 déplisse les hémisphères, on observe l’implantation du nerf dans ce lobule par des stries méd ullaires très-déliées (5) ; mais je n’ai jamais pu les suivre jusqu’aux faisceaux d’épanouissement des pyramides (6) ; celle-ci s’arrête dans le milieu de l’hémisphère (7). Chez les reptiles, les racines du nerf olfactif deviennent donc plus extérieures que chez les poissons osseux ; chez ces derniers , on voit avec la plus grande facilité qu’il est en quelque sorte le point de terminaison des pyramides et des pédoncules du cerveau ; chez les reptiles , il m’a été impossible de découvrir cette liaison. L’implantation du nerf olfactif paraît se faire dans le milieu des feuillets qui forment les hémisphères cérébraux.
Chez les oiseaux , les racines du nerf olfactif deviennent tout-à-fait extérieures aux hémisphères cérébraux (8) ; ce sont des rubans aplatis de 111a-
(1) PI. V , fig. 1 19, n° i3.
(2) PI. V , fig. 122 , n° i5.
(3) PI. V, fig. 1 20 , n* 8.
(4) PI. V, Gg. 120 , n° 14.
(5) PI. V, fig. 121 , n° 9.
(fi) PI V, fig. 121 , n° y.
(7) PI. V , fig. 121 , n° i5.
(8) PI. IV, fig. 88, n* 7
tière blanche (i), qui paraissent toucher à peine la base des hémisphères (2) ; bien différons des poissons osseux, dont les racines sont tout-à-fait profondes , et des reptiles, dont les racines , quoique plus superficielles que chez ces derniers , ne sont jamais distinctes par des faisceaux blanchatrès, les tortues de mer exceptées (3). Ce caractère du nerf olfactif des oiseaux les rapproche beaucoup des mammifères.
C’est à tort, en effet, que W illis, Haller et la plupart des anatomistes qui les ont suivis, ont dit que chez les oiseaux les racines du nerf olfactif n’étaient pas distinctes de la substance des hémisphères ; que de même que chez les reptiles , ceuxci se prolongeaient en s’amincissant dans l’organe de l’olfaction ; ces ornithotomistes célèbres ont été induits en erreur par l’examen de l’encéphale des poules et des canards domestiques, chez lesquels cette origine est en effet très-confuse. Pour rendre évidente la disposition du nerf olfactif (4) à la base de l’encéphale (5) , qu’il me soit permis de décrire les diverses préparations que j’en ai faites avec soin , et dont je présente une partie des dessins dans ce Précis.
(1) PI. IV, fig. 98, n* 10.
(2) PI. IV, fig. 88, 98, n° 7 et 10. (5) PI. V, fig. 12 1 , n° 9.
(4) PI. IV, fig. ioâ, n" i3.
(f>) PI. IV, fig. 96 , n° 9.
NERF DE L’üLFACTION. 269
' Si on considère la base de l’encéphale de l’autruche de l’ancien continent , on aperçoit sur la partie moyenne de l’hémisphère une bande médullaire d’un blanc nacré ( 1 ) , formant un arc , dont la convexité est en dehors et la concavité en dedans; en arrière , l’extrémité de ce ruban se porte vers un sillon (2) , qui sépare le lobe antérieur (3) d’un autre lobe (4) , dont la saillie est très-marquée ; en devant (5) , ce cordon médullaire vient se rendre dans un bulbe (6) , situé en devant de la base des hémisphères cérébraux , et qui est l’analogue du lobule olfactif des poissons et des reptiles. J’ai trouvé cet arc simple, mais beaucoup moins prononcé chez le coq vulgaire , chez la poule, le dindon, le canard domestique, le canard musqué , l’oie , la bernache , le faisan doré , le faisan argenté , le pinson , le verdier, la mésange , la linotte, le chardonneret, l’hirondelle (7), le roitelet (8).
Chez d’autres oiseaux , comme chez la cigogne blanche (9) , on trouve à la partie postérieure de
(1) PI. IV, fig. 98, n° 10.
(2) PI. IV, fig. 98, n° 12.
(3) PI. IV, fig. 98, n° i5.
(4) PI. IV, fig. 98, n- 9.
(5) PI. IV, fig. 98, n° i7.
(6) PI. IV, fig. 98 , n* 1 1 .
(?) PI. IV, fig. 92, n" 6.
(8) PI. IV, fig. 94, n» G.
(9) PI. IV , fig. io3 , n* 10.
ce ruban un nouveau faisceau blanchâtre ( 1 ) , formant avec le précédent une figure semblable à celle-ci < ; l’arc inférieur se porte de dehors en dedans, et va rejoindre, sans s’y confondre , l’entrecroisement des nerfs optiques (2). J’ai rencontré ce second ruban chez l’orfraie , la grive , le fou de bassan , l’aigle royal , le perroquet d’Afrique (5) et sur beaucoup d’autres oiseaux. Enfin une troisième disposition plus rare est celle d’un petit arc médullaire rayonnant, dont la convexité est en dedans et la concavité en dehors (4) , s’élevant dans le milieu de l’espace circonscrit par les deux précédens ; j’ai fait représenter cette troisième racine chez la bondrée commune (5) ; je l’ai rencontrée sur beaucoup d’oiseaux de proie , le vautour, le corbeau , etc.
Ce n’est donc pas, comme on l’a dit, la pointe proprement dite des hémisphères cérébraux qui forme les nerfs olfactifs ; les racines de ce nerf sont produites , comme chez les mammifères , par des faisceaux médullaires appliqués à la base des lobes antérieurs ; tantôt il n’y a qu’un seul ruban, comme chez l’autruche (6) ; tantôt deux .
( 1) PI. IV , fig. io5, n° 11, 10 et 17.
(2) PI. IV, fig. j o3, n° 18.
(3) PI. III, fig. 82, n’G.
(/,) PI. IV, fig. 88, n" G.
(5) PI. IV, fig. 88, n”G et 7.
(G) PI. IV, lîg, 98, n” 10.
NERF DE LOLFAC.TION
comme chez la cigogne (1) , et plus rarement trois, comme chez la bondrée (2).
Mais quel que soit le nombre de ces faisceaux blanchâtres , ils appartiennent toujours à la racine externe du nerf olfactif ; la racine interne des mammifères manque constamment chez les oiseaux ; on n’en voit aucun vestige, ni chez le casoar (3) , ni chez l’autruche (4) , ni chez la cigogne (5) , ni chez l’hirondelle (6) et le roitelet (7). Je l’ai en vain cherchée chez les poules , les oies , les canards , les faisans , les perdrix , les pigeons ; son absence est un fait constant dans toute cette classe.
La racine externe formant un ruban aplati et lisse comme chez l’autruche (8) et la cigogne blanche (9), ou dentelé à sa partie interne, ainsi qu’on le remarque chez la bondrée ( 1 o) et chez plusieurs oiseaux de proie, décrit un arc plus ou moins convexe (11), selon quelle se termine plus
(1) PI. IV, fig. io3, h* i5 et 18.
(2) PI. IV, fig. 88, n°6 et 7.
(3) PL IÎI, fig. 79, n° 1 1 et 10.
(4) PI. IV, fig. 98, n° ]6.
(5) PI. IV, fig. io3 , n° 17.
(6) PL IV, fig. 92, n“ G.
(7) PL IV, fig. 94, n‘ 6.
(8) PL IV, fig. 98, n“ 10.
(9) PL IV, fig. io3 , n" i3.
(10) PL IV, fig. 88, n" 7.
(11) PL IV, fig. 88, n* 7 et 9.
en devant (1) ou plus en arrière de la base du lobe (2). La partie antérieure et interne de cette racine se continue presque immédiatement avec le rayonnement excentrique de l’intérieur de l’hémisphère chez certains oiseaux , comme on le voit sur le casoard (5), et avec l’extrémité antérieure de la lame rayonnante des hémisphères, ainsi que je l’ai représenté chez le perroquet d’Afrique (4). Par ce moyen, ce nerf est en communication directe avec l’épanouissement des pédoncules du cerveau dans l’hémisphère , ainsi que le montre le déplissement de celui-ci chez la bondrée commune (5).
Celte analogie des racines des nerfs olfactifs des oiseaux et des mammifères est surtout importante pour la détermination des parties qui composent les hémisphères cérébraux des oiseaux. L’arc médullaire convexe (6), qui en constitue la principale, est sans aucun doute l’analogue de la racine externe du nerf olfactif de l’homme, des singes (7) , du phoque (8) et du faisceau blan-
(1) PI. IV, fig. 98 , n° 12 et io.
(2) PI. IV, fig. io3, n° i3.
(3) PI. III, fig. 85, n« 11.
(4) PI III, fig. 86 , n° 9.
(5) PI. IV , Gg. 91 , n° 9.
(6) PI. IV, fig. 88, ii°, 7 ; fig. 98, n* 10; fig. io3, n* i3;
fig- 96> «°9; fig- o1 2 3 4 5 6 7 8? u° fi; fig- 94 > n'G.
(7) PI- VIII, fig. .97, X.
(8) P!. IX , Gg. 208, X.
NERF DE L’OLFACTION. 2^3
châtre externe du processus olfactif des mammifères inférieurs (1). Si cela est, nul doute aussi que le sillon où cette racine se termine en ar^rière (2) ne soit le correspondant de la scissure de Sylvius , chez les mammifères , l’homme , les singes (3), le phoque (4), etc. J’ai déjà indiqué les variétés que présente le lobule olfactif chez les oiseaux ; j’ajouterai seulement ici que je n’ai pu découvrir aucune influence de ce lobule sur le développement des hémisphères du cerveau ; il n’en est pas de même chez les mammifères , comme nous le verrons plus bas.
Dans cette dernière classe, le nerf olfactif offre des variétés très -essentielles , dans son volume et ses rapports avec les hémisphères cérébraux. Pour s’en faire une idée juste , et apprécier ses connexions , il faut le considérer d’abord dans ses faisceaux d’insertion, dans le tronc qui résulte de leur union , et dans l’intervalle compris entre ces faisceaux.
Chez les reptiles, on ne voit point de • faisceaux distincts sur la base du lobe cérébral (5) ; chez les oiseaux , il n’existe que la bande externe (6), dont nous avons indiqué les variations ;
(1) PI. IX, fig. 203, K.
(2) PI. IV, fig. 98, n° 12.
(3) pi. vin, fig. 194, s.
(4) PI. IX , fig. 208, S.
(5) PI. V, fig. 122, n* 1 5.
(6) PI. IV, fig. 98, 10
chez l’homme , il existe assez fréquemment trois filets filiformes d’insertion; chez le singe (1), le phoque (a) et le plus grand nombre des mammifères (5), il n’en existe que deux (4), un externe (5), l’autre interne (6) ; chez les mammifères inférieurs , ces faisceaux sont confondus avec le lobe de l’hypocampe (7) , ils semblent faire partie du lobe antérieur (8); chez les cétacés, on n’en trouve plus de vestige (9) , ainsi que l’ont démontré M. le baron Cuvier et M. le professeur Duméril.
La racine externe , peu prononcée chez l’homme , est très-grêle chez les quadrumanes , comme on le remarque chez le drill (10) et le mandrill (11); elle augmente tout-à-coup chez le phoque (12); elle suit ensuite une progression croissante chez les carnassiers digitigrades , le lion ( 1 3) , la lou-
(1) PI. VTIT , fig .94, X, Y.
(2) PI. IX , fig. 208, X, Y.
(3) PI. XIII, fig. 249, X, Y.
(4) PI. XV, fig. 27S , X , Y.
(5) PI. XIV , fig. 262, X.
(6) PI. XIV, fig. 26a, Y.
(7) PI. IX , fig. au, K.
(8) PI. IX, fig. 211 , E, K.
(9) pi. xii, fig. *34, h.
(10) PI. VIII, fig. 197, X.
(,,) PI. VIII, fig. 194, X.
(12) PI. IX, fig. 208, X.
( i3) PI. XIV, fig. 2G6, X.
NERF DE L OLFACTION
tre (1), la marte (2); chez les plantigrades , l’ours (5) , le raton (4) ; chez les pachydermes , le cheval (5), le pécari (6) ; chez les ruminans , le chameau (7) , le lama (8) ; et chez les rongeurs, le castor (9) , le porc-épic (10) et le kanguroo (11).
Le faisceau interne ne partage pas la progression directe de l’externe , son volume est soumis à beaucoup de variations : foible chez le drill (12), le mandrill (i3) , il est hors de toute proportion avec l’externe , chez le phoque (i4), chez le castor ( 1 5) , chez le porc-épic (16), chez le bouc de la Haute-Egypte (17), chez le cheval (18); il augmente chez certains carnassiers plantigrades et
(1) PI. X, G g. a33, X.
(2) PI. XV, Gg. 290, X.
(3) PL XI, Gg. 23i, X.
(4) PL VIII, Gg. 200, X.
(5) PL XV, fig. 275, X.
(6) PL XVI, fig. 3oo, X.
(7) PI. XIII, fig. 249, X.
(8) PI. XVI, fig. 295, X.
(9) PL XIV, Gg. 258, X.
(10) PL XIII, fig. 261, X. /
(11) PL XVI, fig. 299, X.
(ia) PI- VIII, fig. .97, Y.
(.3) P). VIII, fig. .94, Y.
(14) PI. IX, fig. 208, Y.
(15) PL XIV, fig. 258, Y.
(16) PI. XIII, fig. 25i, Y.
(17) PL XIV, fig. 262, Y.
(18) PL XV, fig. 275, Y.
digitigrades , l’ours (1) , la marte (2) , le lion (3) ; il devient de nouveau plus grêle chez la loutre (4) et le raton (5).
Relativement au point où ils s’insèrent , ces faisceaux offrent une semblable variation.
L’externe correspond toujours à la proéminence latérale du lobe de l’hypocampe , dont il est la continuation en dehors (6) : ce rapport est à peine visible chez l’homme , à cause de l’atrophie du lobe de l’hypocampe , et de la saillie prodigieuse du lobe sphénoïdal ; chez les singes , le premier de ces lobe9 (7) se dégageant un peu de la partie interne du second (8) , cette insertion du faisceau externe est déjà sensible, comme on peut le remarquer chez le mandrill (9) et le drill (10): chez le phoque , l’affaissement subit du lobe sphénoïdal (11) met à nu le lpbe de l’hypocampe (12) et découvre le rapport du faisceau externe dir nerf
(1) PI. XI, fig. 25i , Y.
(2) PI. XV, fig. 290, Y. -
(5) PI. XIV, fig. 266, Y.
(4) PI. X, ûg. a33, Y.
(5) PI. VIII, fig. 200 , Y.
(6) PI. XIII, fig. 249, H. X.
(7) PI. VIII, fig. 197, H.
(8) PI. VIII, fig. .97, D.
(9) PI. VIII, fig. .94, X. H.
(10) PI. VIII, fig. .97, X. H.
(n) PI. IX, fig. ao8, D.
(12) PI. IX, fig. 208, H.
NERF DE L’OLFACTION
olfactif avec ce lobe ( 1 ) ; un sillon assez marqué sépare encore la racine du lobe (2) ; chez le lion (3), la marte (4) , le raton (5) , la loutre (6) , l’ours (7) , le kanguroo géant (8) , on voit de mieux en mieux l’impkintation de ce faisceau sur la face externe du lobe. Ce rapport devient de plus en plus prononcé chez les pachydermes, le cheval (9) , le pécari ( 1 o) ; chez les ruminans , le lama ( 1 1 ) , le chameau ( 1 2) , le bouc de la Haute-Egypte ( 1 3) ; chez les rongeurs , le porc-épic ( 1 4) et le castor ( 1 5) : chez ces derniers il paraît être la continuation du lobe de l’hypocampe.
Si ce rapport est exact, on voit de suite qu’à mesure que le lobe de l’hypocampe se développe et se déjette en dehors , la branche externe du
(1) PL IX, fig. 208, H, X.
(2) PL IX, fig. 208, K.
(5) PI. XIV, fig. 266, X, H.
(4) PI- XV, fig. 290,11, X.
(5) PL VIII, fig. *00, H, X.
(6) PL X, fig. 233, H, X.
(7) PL XI, fig. 25 1, X, H.
(8) Pi. XVI, fig. 299, X, n° 17.
(9) PL XV, fig. 275, H. X.
(10) PL XVI, fig. 3oo, X , n° 17.
(11) PL XVI, fig. 295 , X, H.
(12) Pi. XIII, fig. 249, X, H.
(13) PL XIV, fig. 262, X, S, H.
04) Pi- XIII, fig. a5i,H, X.
( 1 5) PL XIV, fig. 258, H, S, X.
nerf olfactif doit suivre son mouvement et se porter en dehors aussi. C’est en effet ce qui existe : à mesure que vous descendez du singe (1) au phoque (2) , aux carnassiers plantigrades (3) , aux digitigrades (4) , aux pachydermes (5) , aux ruminans (6) et aux rongeurs (7), vous voyez cette racine se porter de plus en plus sur la face externe de la base de l’encéphale ; vous voyez l’arc qu’elle décrit s’agrandir de même , en suivant rigo ureusement la même progression.
La racine interne suit un autre rapport dans son insertion ; chacun sait qu’elle s’implante chez l’homme à la partie interne de la base du lobe antérieur, un peu au-devant de la jonction des nerfs optiques. Son insertion se fait de la même manière chez les singes (8) , le phoque (9) , les carnassiers (10) , les ruminans (1 1) et les rongeurs (12); mais à mesure qu’on s’éloigne des pre-
(.) PI. VIII, fig. 197, X.
(а) PI. IX, fig. 208 , X. R.
(3) PI. XI, fig. a3i, X.
(4) PL XV , fig. 290, X.
(5) PI. XVI, fi g. 5oo, X.
(б) PI. XVI, fig. ag5, X.
(7) PI. XVI, fig. a58, X.
(8) PI. VIII, fig. 1 94 » Y.
(9) PL IX, fig. 208, Y.
(10) PI. XV, fig. 090, Y.
(11) PI. XIII, fig. *49, Y (13) PI. XIV, fig. a58, Y.
NERF DE L’OLFACTION
miers et qu’on se rapproche des derniers , le point de son implantation s’écarte de la jonction des nerfs optiques , dont la position est en quelque sorte fixe. On peut suivre cet écartement , dont nous allons apprécier bientôt l’effet, chez le mandrill (1) , le drill (2) , le raton (3) , la loutre (4) , la marte (5) , le cheval (6) , le pécari (7) , le chameau (8) , le lama (9) , le porcépic (10) et le castor (11).
En s’écartant l’un de l’autre pour se rendre à leur point d’insertion , ces deux faisceaux circonscrivent un espace plus ou moins étendu sur la base du lobe antérieur ; cet espace est borné en dehors par le faisceau externe (12); en dedans , par le faisceau interne ( 1 5) ; en arrière , par la jonction des nerfs optiques (i4) et la partie anté-
(1) PI. VIII, fig. 194, Y, n° a.
(2) PI. VIII, fig. 197, Y, n1 2 3 4 5 * 7 8 9 10 11 12 * 14 2.
(3) PI. VIII, fig. 200, Y, n° 2.
(4) PI. X, Dg. aa3, Y, n“ 2.
(5) PI. XV, Cg. 290, Y, n" 2.
(G) PI. XV, fig. 275, Y, n" 2.
(7) PI. XVI, fig. 3oo , Y, n» 2.
(8) PI. XIII, fig. 249, Y, n“ 2.
(9) PI. XVI, fig. 295, Y, n° 2.
(10) PI. XIII, fig. 25i , Y, n" 2
(11) PI. XIV, fig. 258, Y, n° 2.
(12) Pl. XIV, fig. 262, X.
03) Pl. XIV, fig. 262, Y.
(14) Pl- XIV, fig. 262, n" *.
2So ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU,
rieure du lobe de l’hypocampe (1); en avant, par la réunion des deux faisceaux du nerf olfactif (2). Je nomme cette partie de la base du lobe antérieur, champ olfactif (5).
Si les rapports que nous avons donnés sur les diverses parties qui bornent le champ olfactif, sont vrais, nous voyons de suite que ce champ devra s’étendre à mesure que la racine externe des nerfs se portera en dehors , et que la racine interne se portera en devant en s’éloignant des nerfs optiques. C’est en effet ce qui est. Ce champ, très -étroit chez l’homme, très -étroit chez les singes, le drill (4) et le mandrill (5) , , augmente d’étendue chez le phoque (6) ; chez les carnassiers plantigrades, l’ours (7) , le raton (8) ; les digitigrades , le lion (9), la loutre (10), la marte (11); chez les pachydermes , le cheval (12), le pécari ( 1 5) ; chez les ruminans , le
(1) PI. XIV, fig. 26a, H.
(2) PL XIV, fig. 262, n° 1.
(5) PL XIV, fig. 262, R.
(4) PL VIII, fig. 197, X, n° 2.
(5) PL VIII, fig. 194, Y, n° a.
(6) PL IX, fig. 208, R.
(7) PL XI, fig. 23! , R.
(8) PL VIII, fig. aoo , R.
(9) PL XIV, fig. 266, R.
(10) PI. X, fig. a35, R.
(11) PL XV, fig. 290, R.
(ta) PL XV, fig. a?5, R.
(»5) PL XVI, fig. 3oo, R.
NERF DE L’OLFACTION. 28 1
lama (1), le bouc de la Haute-Egypte (2), le chameau (3) ; et chez les rongeurs, le porcépic (4) et le castor (5). Il manque complètement chez les cétacés (6).
Chez les oiseaux , la racine interne du nerf olfactif n’existant pas , le champ olfactif est circonscrit par la racine externe. L’arc que forme cette racine vient se terminer en devant , à la partie interne du lobe ; il résulte de là que chez les oiseaux le champ olfactif est circonscrit à peu près de la même manière que chez les mammifères , ainsi qu’on le remarque chez la poule , la perdrix , le faisan , le dindon , l’oie , la bernache , le corbeau , l’autruche (7) , la bondrée (8) , l’hirondelle (9) , le roitelet (10) , la cigogne blanche (11).
Chez les mammifères , le champ olfactif va donc en s’étendant à mesure qu’on descend de l’homme aux rongeurs; cette progression est la même que celle que suivent dans cetteclassele développement
(1) PI. XVI, Gg. 295, R, S.
(2) PI. XIV, Gg. 262, R.
(3) PI. XIII, G g. 249, R.
(4) PI- XIII, flg. a5i, R, n° 2.
(5) PI. XIV, Gg. 258, R, S.
(6) PI. XII, fig. 234, L, n* 2.
(?) PI. IV, Gg. 98, n" 16.
(8) PI. IV, Gg. 88, n’ 6 et 7.
(9) PI. IV, fig. 92, n” 6 et 6.
(10) PI. IV , fig. 94, n° 5 et 8.
(11) PI. IV, Gg. io3 , n" 17.
des fosses nasales et la projection de la face en avant; on pourrait en quelque sorte en déterminer l’étendue, d’après les belles recherches de M. le baron Cuvier, sur la mesure de l’angle facial.
Les deux racines du nerf olfactif et les trois chez l’homme (1) , forment en se réunissant un tronc unique (2), situé sur la partie interne de la base du lobe antérieur , et interposé entre le lobe de l’hypocampe (5), le champ olfactif (4) et le bulbe olfactif ^5). On a nommé ce faisceau, tronc du nerf olfactif chez l’homme; processus olfactif chez les mammifères : je substitue à ces dénominations celle de pédicule du nerf olfactif , parce que seule elle convient à cette partie chez les mammifères , les reptiles et les poissons ; les oiseaux en sont dépourvus , par la raison que nous allons indiquer.
Le pédicule olfactif résultant de la réunion des deux faisceaux d’insertion, on voit que son existence est assujettie à celle de ces deux racines d’implantation. Or nous avons vu que tous les oiseaux sans exception sont dépourvus de la racine interne; ils ne sauraient donc avoir le pédicule olfactif ; on n’en aperçoit en elïet aucune trace sur la base de l’encéphale des oiseaux. C’est peut-
(1) La troisième racine de l’homme prend son insertion ur le tiers externe environ du champ olfactif.
(2) PI. VIII, fig. 194, n” 1; PI. IX, fig. 208, il" 1.
(5) PI. IX, fig. 208, II.
(4) pi. ix , fig. 208 , u.
(5) PI. IX, fig. 208, E.
NEF, F DE LOLFACTION.
être ce qui a induit en erreur les ornithotomistes, et leur a fait croire que le nerf olfactif procédait de la partie antérieure des hémisphères cérébraux.
Quoiqu’il en soit, il résulte de la disposition des faisceaux qui forment ce pédicule chez les mammifères , que son volume devra être proportionné à celui de ses racines. Or ces racines ^ suivant d’une manière générale une progression croissante de l’homme aux quadrumanes , aux carnassiers , aux ruminans et aux rongeurs , le pédicule olfactif devra donc suivre le même rapport. Il le suit, en effet , à une exception près.
Ce pédicule filiforme, chez l’homme, chez les singes , le mandrill (i) , le drill (2) , devient d’un volume si considérable chez les carnassiers digitigrades, le lion (3) , la loutre (4) , la marte (5) , surtout chez les plantigrades, le raton (6), l’ours (7), qu’on lui a donné le nom de processus ; il accroît encore chez les pachydermes (8) , le cheval (9) , le pécari (10); chez les ruminans , le bouc (11), le
(1) PI. VIII, fig. 194, nQ 1.
(2) PI. VIII, fig. 197, n° 1.
(3) PI. XIV, fig. 366, n° 1.
(4) PI- X , fig. 223, n° 1.
(5) PI XV, fig. 290, n° 1.
(6) PI. VIII, fig. 200, n° 1.
(7) PI. XI, fig. 23i , n° 1.
(8) PI. XV, fig. 275, n" 1.
(10) PI. XVI , fig. 5oo, u’ 1.
(11) PI. XIV, fig. 262,11° 1
lama (1), le chameau (2); et chez les rongeurs t le porc-épic (5) et le castor (4). Son développement est donc proportionnel à celui de ses racines, principalement de l’externe. Ce principe trouve dans le phoque une singulière exception. Le pédicule est en effet très-délié chez ce dernier animal (5) , quoique les faisceaux qui le constituent soient très-volumineux (6). Je n’ai pu m’expliquer cette anomalie, que j’ai vérifiée sur quatre phoques.
L’appareil olfactif, considéré à la base de l’encéphale , se compose donc , dans ces familles de mammifères , de quatre parties distinctes , non compris le lobule olfactif : i° du pédicule olfactif (7) ; 20 de ses racines interne (8) et externe (9) ; 3° du champ olfactif ( 1 o)’; 4° du lobe de l’hypocampe (11).
Chez les mam mifères inférieurs , toutes ces parties se fondent les unes dans les autres; les racines,
(1) PI. XVI , fig. 295, n° 1.
(2) PI. XIII, fig. 349, n° 1.
(3) PI. XIII, fig. 25 1 , 11* 1.
(4) PI. XIV, fig. 258, n° 1.
(5) PI, IX, fig. 208, n° 1.
(6) PI. IX, fig. 208, X, Y.
(7) PI. XVI, fig. 299, n° 1.
(8) PI. XVI, fig. 299, Y.
(9) PI. XVI, fig. 299, X.
(10) PI. XVI. fig. 299, II.
(11) PI. XVI, fig. 299, n” 17.
NERF DE L’OLFACTION. 285
le pédicule, ne sont plus distincts du champ olfactif et du lobe de l’hypocampe : elles forment par leur réunion un lobe considérable , ayant la forme d’un cône aplati en dedans , occupant presque toute la base de l’encéphale (i). Cette réunion, déjà effectuée chez le coati , le blaireau , la fouine , est encore plus marquée chez l’agouti (2) et le tatou (5). Chez les premiers, le lobe est distinct en avant de la base du lobe antérieur; chez les derniers , tout le lobe est envahi , à une petite bande près (4) , qui se remarque encorè en dehors (5) ; chez le hérisson (6) , la taupe (7) , l’écureuil , les musaraignes, la chrysoclore , les rats, le zemni (8) , les chauve-souris (9) ; toute la base des hémisphères cérébraux est formée par le lobe del’hypocampe (10) et le champ olfactif réunis (11); le lobule olfactif est rejeté en avant des hémi-
(I) PI. IX, fig. au , H, K.
(а) Ibid.
(3) PI. IX, flg ao3 , H, K.
(4) PI. IX, fig. au, G, I.
(5) PI. IX, flg. a65, G , F.
(б) PI. XVI , fig. 397 , H , G.
(7) PI. XIV, flg. a6o, H , C, II.
(8) PI. XV, fig. 27a, G, H, C, H.
(9) pl- IX> 204> S, F, E; flg. a 14, G, F, E.
(10) Pl. IX, fig. ai4. G; Pl. XIV, fig. aGo , II ; Pl. XV, fig. 37a , H, C, H.
(II) Pl. XV, fig 27a, C, 11 ; Pl. XIV, fig. aGo, C, II; PI. XVI, fig. 297, L , G; Pl. IX, fig. ao4, L, F; fig. ai 4, L, F.
sphères ( 1 ) ; le nerf de l’olfaction acquiert donc une prédominance de plus en plus marquée, à mesure qu’on descend de l’homme aux quadrumanes , au phoque , aux carnassiers , aux ruminans et aux rongeurs. Cette progression croissante du nerf, quoiqu’en rapport avec l’étendue des fosses nasales dans ces différentes familles , a néanmoins été méconnue , par la raison que quelques anatomistes n’ont considéré comme racines du nerf, que les faisceaux blanchâtres qui rampent le long du pédicule olfactif; la matière grise qui constitue ces derniers leur paraissait étrangère au nerf même; elle était, selon eux, destinée à soutenir les faisceaux blanchâtres , dans leur marche de la scissure de Sylvius au lobule olfactif. Ce soutien des faisceaux blanchâtres leur paraissait nécessité par la diminution des lobes antérieurs , qui vont en décroissant de l’homme aux quadrumanes, aux carnassiers, aux ruminans et aux rongeurs. Mais cette opinion tombe d’elle-même par la considération du nerf olfactif des oiseaux ; dans toute cette classe le lobe antérieur est plus atrophié encore que chez les derniers mammifères ; la matière grise du processus olfactif a complètement disparu ; néanmoins les faisceaux blanchâtres suivent leur mar-
(1) PI. IX, fig. ao4, L, E; fig. 206, L, E; fig. ai/», L, E; fig. 2 15, L, E; PI. XVI, fig. 296, L, E; PI. XIV, fig. 250, L, E; PI. XV, fig. 270, L, E; fig. 291, L, E.
NEUF DE L0LFACT10N. 287
che ordinaire de la scissure de Sylvius ( 1 ) à la partie antérieure de l’hémisphère (2), où se trouve ordinairement le lobule olfactif, ainsi qu’on peut le voir chez la bondrée (3) , l’hirondelle (4) , le roitelet (5), l’autruche (6), la cigogne (7), le perroquet (8) , la poule (9) , et chez tous les oiseaux sans exception.
Chez les derniers mammifères , où le pédicule et le champ olfactif sont réunis , le pédicule est creux ; il existe au centre un petit canal qui pénètre en arrière dans la partie antérieure du grand ventricule des hémisphères , et en avant , dans une cavité située au milieu du lobule olfactif. Cette disposition chez ces animaux est l’état embryonnaire permanent des mammifères supérieurs ; chez les embryons des carnassiers , des pachydermes et des ruminans , le pédicule et le lobule olfactif sont creux ; leur cavité communique également avec le ventricule latéral des hé misphères. Chez le mouton , j’ai observé celle communication jusqu’à la fin du troisième mois;
(1) PI. IV , ûg. 96 , n° y.
(а) PI. IV, fig. 96, n° 1 f>.
(3) PI. IV, fig. 88, n° 6 et y.
(4) PI. IV, fig. 92, n° 5 et G.
(5) PI. IV, Ûg. 94, n° 5 et G.
(б) PI. IV, fig. 98, n“ 10.
(7) PI. IV, fig. io3, n" i3 et 18.
(8) PI. III, fig. 80, n" 9.
(9) P1< 111 > fiér- 4« » n* 8.
chez le veau , jusqu’au milieu du quatrième. Jé remarque chez un embryon de cheval de cette époque de formation , une fente en arrière , quj met en rapport le ventricule avec l’intérieur du champ et du lobule olfactif. Les jeunes embryons des singes sont dans la même condition; elle existe chez l’embryon humain pendant le cours du deuxième mois ; le célèbre Tiedemann l’a constatée comme moi. Chez les embryons hydrocéphales, ces cavités sont beaucoup plus larges, la sérosité s’étend des ventricules latéraux dans la cavité du lobule olfactif, par l’intermède du canal du champ et du pédicule olfactif. J’ai observé ce fait sur deux embryons humains , sur un lapin , sur un embryon de renard et de veau. C’est même d’après ce fait pathologique que j’ai été conduit à la connaissance de cette disposition dans les embryons bien conformés.
Ces rapports ne sont pas les seuls qui rapprochent les embryons des singes et de l’homme des mammifères inférieurs : le champ olfactif, le pédicule olfactif et le lobe de l’hypocampe se rapprochent d’autant plus chez les embryons des quadrumanes et de l’homme, de l’état où on observe ces parties chez les rongeurs, qu’on remonte davantage dans la vie utérine : il est très-curieux de considérer l’étendue du nerf de l’olfaction chez l’embryon humain du troisième au quatrième mois , et chez les singes vers le tiers de leur gestation. A quoi tient le développement prodigieux de
NERF DE L'OLFACTION. 289
ce nerf? Le sens de l’odorat serait-il exercé dans l’intérieur de l’utérus? on l’ignore, et probablément on l’ignorera toujours , par la difficulté d’acquérir sur ce sujet des notions précises. Une remarque que nous devons ajouter ici , c’est que chez les embryons, l’étendue des fosses nasales n’est pas proportionnelle au volume du nerf de l’olfaction. Ainsi plus on descend vers les mammifères inférieurs, plus les nerfs de l’olfaction sont développés ; plus on remonte dans la vie utérine des mammifères supérieurs , plus ils se rapprochent , sous ce rapport , des dernières familles de cette classe.
Une des observations les plus curieuses de ces derniers temps est celle de l’absence du neif olfactif chez les cétacés (1). M. le baron Cuvier est le premier à qui elle est due ; M. le professeur Duméril en a donné la véritable explication , en montrant qu’elle coïncidait avec l’atrophie de l’organe de l’olfaction chez ces animaux ; j’en assigne la cause en déduisant ce fait de la loi générale , que les nerfs ne naissent pas de l’encéphale pour se rendre aux organes; mais qu’ils suivent une disposition inverse. Les fœtus monstrueux à trompe sont dans le cas des cétacés: chacun sait, depuis les derniers travaux de M. Geofïïoy-Saint-Hilairo, que cette monstruosité est formée par le déplacement de l’cthmoïde et des os nasaux , et par l’ab-
(1) PI. XII, Gg. 254, L.
sencc du sens de l’odorat. Or avec la destruction de ce sens coïncide la non-formation du nerf olfactif : j’ai constaté ce rapport chez un fœtus de mouton , sur un de veau , sur un embryon humain, et j’ai en ce moment sous les yeux l’encéphale d’un embryon de cochon appartenant à cette espèce de monstruosité ; comme chez les cétacés , on ne découvre pas le moindre vestige de nerf olfactif. Le sens de l’odorat serait-il remplacé chez les cétacés par la cinquième paire ? nous examinerons plus bas cette question.
Voilà les différences principales que j’ai remarquées sur le rapport de ce nerf avec les lobes cérébraux dans les quatre classes; en les présentant, j’ai voulu dégager les faits des conjectures auxquelles ils ont donné lieu; voici néanmoins ces conjectures. On a supposé que les nerfs de l’olfaction prenaient leur insertion dans le corps strié; mais aucun anatomiste n’a pu montrer ce rapport , qui est, du reste, en opposition avec le développement de ces corps chez les mammifères , ainsi que l’ont montré Soemmering, Gall et M. le baron Cuvier. M. Cuvier a même détruit pour toujours cette hypothèse , en faisant voir que les cétacés privés de nerfs olfactifs avaient conservé leurs corps striés. Je pourrais ajouter que ce rapport ost détruit également par la considération de cet organe chez les oiseaux ; plus encore par celle des reptiles , dont le corps strié est si atrophié en comparaison du développement du
NERF DE L’OLFACTION
agi
'nerf olfactif. Enfin , je ne sais comment on pourrait montrer cette connexion chez les poissons où le corps strié manque, et qui possèdent néanmoins (surtout les poissons cartilagineux) des pédicules olfactifs si volumineux.
Une opinion qui chez les mammifères paraît plus probable, est celle qui considère les liaisons du nerf olfactif avec la radiation externe de la commissure antérieure. Malacarne est le premier qui l’ait émise, Roland o l’a adoptée , M. de Blainville l’a reproduite depuis peu ; Wicq-d’Azyr l’avait lui -même entrevue. Chez l’homme, on voit la racine externe du nerf olfactif s’insérer par l’un de ses faisceaux sur les rayons externes de la commissure antérieure. Chez les singes et le phoque , on suit cette racine jusque sur le faisceau de terminaison de la commissure; je l’ai surtout bien vue, et soigneusement représentée , dans mon grand ouvrage, chez le drill , le mandrill, le papion. Chez certains ruminans , comme le bouc ,1a chèvre, le chameau, ce rapport est plus évident encore; mais il m’a semblé que cette connexion chez ces mammifères , appartenait plutôt au lobede l’hypocampe qu’à la racine externe du nerf olfactif. Chez les oiseaux , celte racine est évidemment cri rapport avec la lame rayonnante des hémisphères (1) ; mais je n’ai jamais pu découvrir de liaison immédiate avec la commissure antérieure. Je n’ai pas
(i) PI. IV, 6g. 5i, n" 6.
clé pi as heureux chez les reptiles. Chez certains poissons, les nerfs olfactifs communiquent l’un avec l’autre par une commissure transversale , qui leur paraît exclusivement destinée (1) ; je n’ai rien trouvé de semblable chez les poissons cartilagineux. On voit donc que sous ce rapport encore , l’anatomie comparée des quatre classes est loin de donner une solution générale de cette proposition.
Enfin MM. Gall et Spurzheim, après avoir annoncé que tous les nerfs se rendaient à la moelle allongée , n’ont pas même tenté de le prouver pdur le nerf olfactif; ils ont seulement cherché à établir ses connexions avec le faisceau rayonnant des pédoncules , qui passe à la base des corps striés ; connexion qui devient d’autant plus sensible qu’on s’éloigne davantage] de l’homme pour se rapprocher des rongeurs.
Chez les oiseaux , j’ai remarqué que la partie postérieure de la racine externe se joignait d’une part avec la racine de la lame rayonnante des hémisphères (2) , etqu’ellecommuniquaitensuileavec le faisceau des pyramides (5) , en passant au-dessus du prolongement des lobes optiques (4). J’ai fait représenter ce rapport chez le perroquet (5); je l’ai suivi avec soin chez la poule , les faisans ,
(.) PI. VII, fig. 187, n° 9.
(2) PI. III, fig. 82 , 11e 5 et G.
(3) PI- III, fig. 82, n° 6 et 4.
(4) PI. III, ûg. 82 , nu 10.
(5) PI. III, fig. 82, n° 4, 5, G et lo
NERF DE L’OLFACTION. 1Ç)J
l’oie, le cygne, la cigogne blanche, l'autruche et le casoar.
Je n’ai rien aperçu d’analogue chez les reptiles ; chez la tortue franche , les faisceaux du nerf olfactif disparaissent dans l’épaisseur de l’hémisphère (1) , avant d’avoir rejoint le rayonnement des pédoncules cérébraux (a) ; chez la grenouille, le tupinambis, les lézards, les serpens, les crocodiles , on ne peut les suivre aussi loin que chez la tortue.
Chez les poissons osseux, on voit, en déplissant avec soin les lobes de l’encéphale , le nerf olfactif s’étendre jusque sur le prolongement des pédoncules (3). J’ai montré cette communication immédiate chez la morue (4) , chez l’égrefin (5) , la baudroie (6), la perche (7) et le merlan (8). Je n’ai jamais réussi à la suivre chez les poissons cartilagineux ; chez eux, le pédicide olfactif paraît être la continuation des hémisphères cérébraux (9).
Voilà les différences fondamentales que présente le nerf de l’odorat chez les vertébrés ; au-
(1) PI. V , fig. 121 , n“ 9.
(2) PI. V , fig. 121, n“ 7.
(3) PI. VII, fig. 166, n* 7 et 8.
(4) PI. Vil, fig. 166, n° 7.
(5) PI. VII, fig. 181 , n°6.
(6) PI. VII, fig. 189, n° 4 et 6.
(7) Pl. VI, fig. i3G, n" 5 et 6.
(8) Pl. VI, fig. 147 , n® 6 et 3.
(9) Pl. VI, fig. i38, 11" 1 5 et i(>.
2g4 ANATOMIE COMPAREE DE CE R VE AC ,
tour d’elles se rattachent les modifications qu’il présente dans les familles d’une même classe , ou les espèces d’une même famille. Ces différences essentielles pour apprécier le développement de' ce nerf et celui du sens auquel il se rattache , deviennent surtout importantes par les modifications qu’elles font subir aux hémisphères cérébraux, soit dans les classes inférieures, soit chez les mammifères. C’est principalement à cause de cette dernière circonstance, que nous chercherons à apprécier ailleurs , que nous nous sommes un peu appesantis sur ses variations.
Ces données générales de l’anatomie comparative sont confirmées par la pathologie et la physiologie expérimentale.
Si une maladie affecte matériellement le champ olfactif de l’homme , l’odorat de ce côté est perdu ô des degrés qui coïncident avec l’étendue de la désorganisation.
Si le champ olfactif est détruit en totalité , l’odorat est entièrement anéanti : la membrane pituitaire du côté correspondant est insensible aux odeurs les plus fortes , aux irritans les plus actifs ; le malade ne sentira pas l’ammoniaque liquide.
Si le champ olfactif est altéré des deux côtés en même temps, et par des maladies successives, le malade est entièrement insensible aux odeurs.
Si les deux champs olfactifs sont affectés à des degrés différons , il peut avoir complètement perdu
NERF DE L’OLFACTION
l’odorat d’un côté, et conserver encore faiblement l’impression des odeurs du côté le moins malade.
Le même résultat se remarque , mais à des degrés moins marqués , s’il n’y a qu’une des racines du nerf qui soit atteinte par l’altération organique. Chez les malades que j’ai observés, l’altération matérielle de la racine externe a paralysé l'olfaction d’une manière beaucoup plus prononcée que l’interne. Dix -neuf ouvertures de sujets ayant succombé à des paralysies ont confirmé ces résultats.
La physiologie expérimentale vient encore appuyer cétte vérité. Saucerotte est l’auteur de cette découverte; voici son expérience (1) : Ayant enlevé sur un chien la partie antérieure des hémisphères cérébraux jusqu’à la commissure antérieure , il remarqua entre autres accidens , que l’odorat était complètement détruit : car (dit-il) je lui versai dans les narines de l’eau vulnéraire très-forte 3 lui mis sous le nez un façon de sel d’ Angleterre très- pénétrant , lui\ brûlai des allumettes soufrées , sans qu’il parût en rien sentir. Le champ olfactif avait été détruit des deux côtés.
Sur des chiens où ce champ n’a été enlevé que d’un côté , la narine correspondante a été frappée d’insensibilité complète ; on peut enlever la membrane pituitaire avec un bistouri sans que l’animal paraisse en avoir la conscience. Chez les mammi-
(i) Prix de Y Academie royale etc Chirurgie , tom. IV, in-8 , png. 3i^. •
fères , le siège de l’olfaction paraît se porter de plus en plus en arrière, à mesure qu’on descend de l’homme aux rongeurs. Chez les lapins et les cochons dinde, l’altération artificielle du lobe de l’hypocampe détruit aussi l’odorat. Chez l’homme cet accident se remarque aussi , mais à des degrés beaucoup plus faibles.
Si chez les cétacés l’olfaction se fait par l’intermède des nerfs trijumeaux , le siège de l’olfaction est porté sur la moelle allongée en arrière du pont. Nous observerons des résultats analogues pour le sens de la vue.
Chez les oiseaux , le professeur Rolando a constaté la perte de l’odorat, après l’ablation des hémisphères cérébraux. On obtient le même résultat en 11’enlevant de ces hémisphères que le tiers postérieur; ce qui correspond à l’insertion de la racine principale du nerf olfactif dans cette classe. Chez les grenouilles , la masse entière des hémisphères paraît destinée au sens de l’olfaction.
Ainsi les résultats fournis par la pathologie et par la physiologie expérimentale sont expliqués parceux de l’anatomie comparée ; ces trois sciences se prêtent un mutuel secours: les données de l’une confirment les données de l’autre et en donnent l’explication. Je m’efforcerai de démontrer ce triple rapport toutes les fois que mes observations médicales et les expériences physiologiques me permettront de le faire avec avantage.
NERF DE L’OLFACTION
T AR LE A E COMPARATIF
Des Dimensions du nerf olfactif chez les Mammifères.
Homme .
MESURES DU NEUF
mètre.
NOMS DES ANIMAUX
MESURES DU NEUF
mètre.
Patas (Simia rubra) . .
o,oo3go
Magot ( S. sytvanus ) .
o,ooi53
Macaque ( S . cynocephalus) .
o,ooa53
Maimon ( S . nemestrina) .
Rhésus (S. rhésus ) .
Papioiï (S. sphynx ) .
Mandrill ( S . maimon) .
o,oo35o
Drill (S. leucophca. Fr. C.) .
Sajou (A. apella ). . .
Maki ( Lemur macaco) .
o,oo5oo
Rhinolophe uni-fer ( Rhinolophus uni-
liastatus. G. S. H.) . .
Vespertilion [V esperlilio murinus). .
Hérisson (Erinaceus europœus). • . .
Taupe ( Talpa europæa ) .
o,oo35o
Ours brun ( Ursus arctos) .
Ours noird’Ainérique (U. arriericanus) .
Raton ( U. lotor ) .
Blaireau ( U. meles). . .
Coati brun ( Viverra narica) .
Coati roux ( V . nasua) .
Fouine (Mustela foina) .
Loutre ( M. luira ) .
o,oo3oo
Chien ( Canis familiaris) .
Loup, jeune (C. lupus) .
Renard ((7. vulpes) .
o,oo5oo
Hyène rayée ( C . hyœna) .
Mangouste du Cap ( Viverra cafra) . .
o,oo3oo
Lion ( F élis leo) .
o,oo85o
Tigre royal (F. tigris) .
Jaguar ( F . onça) .
o,ooy5o
Suite du Tableau comparatif des Dimensions du ner olfactif chez les Mammifères.
NOMS DES ANIMAUX
MESURES DU NERF
Panthère ( F . par dus) .
mdtre.
Couguar (F. discolor) .
Lynx (F. lynx). . . . .
Phoque commun ( Phoca vitulina ) . .
Kanguroo géant ( Macropus major.
Phascolome ( Phascolomys . G. S. H.)
o,oo55o
Castor ( Castor fiber) .
o,oo5oo
Lérot (Mus nitela) . '
Zemni ( M . Typhlus ) .
o,oo3oo
o,oo55o
Marmotte ( M. alpinus ) .
Ecureuil (Sciurus vulgaris ) .
Agouti (Cavia acuti) . . .
o,oo55o
Tatou (Dasypus sexcinctus) .
Pécari (Sus tajassu ) .
Daman (Hyrax capensis) .
Cheval (Equus caballus) .
o,oi4oo
Ane (E. asinus ) .
Zèbre ( E. zébra) .
Chameau à une bosse (Cainetus dromedarius) .
Lama (C. llactna) .
Cerf (Cervus elapbus) .
o,oo5oo
Bouc commun (Capra hircus). . . .
o,oo5oo
Bouc de la Haute-Egypte .
Taureau (Bos taurus) .
Mouton ordinaire .
Dauphin (Ddphinus dclphis ) .
Marsouin (D. phocœna) .
NERF DE LOLFACTION.
TABLEAU COMPARATIF
Des Dimensions du nerf olfactif chez les Oiseaux (1).
NOMS DES ANIMAUX
MESURES DU NERF
mètre.
Aigle royal ( Falco chrysaôtos). . . .
Pygargue (F. ossifragus ) . ,
Bondrée commune (F. apivorus). . .
o,oo3oo
Buse commune (F. buteo ) .
o,ooi5o
Roitelet ( Motacilla régulas ) .
o,ooo5o
Hirondelle ( Hirundo urbica ) .
Alouette (Alauda arvensis) .
Moineau ( Fringilla domestica). . . .
Pinçon (F. cælebs) .
Linotte (F. linaria ) . .
Serin (F. canaria ) .
Chardonneret (F. carduelis) .
Verdier ( Loxia c/doris ) .
Corbeau [Corvus corax) .
Pie (C. pica ) .
o,ooi35
Perroquet amazone. .
o,oo3oo
Perroquet d’Afrique .
o,oo3oo
Poule ( Phasianus gallus) .
Faisan argenté (P. nyctliemerus). . .
Faisan doré (P. pictus ) .
Pigeon ( Columba palumbus ) .
Perdrix [Tctrao cinereus) .
o,ooi53
Autruche du continent ( Slruthio ca-
met us .) .
o,oo35o
Casoar ( S . casuarius ) .
o,oo5oo
Cigogne blanche (Ardea ciconia). . .
o,oo3oo
Cigogne noire ( A . nigra ) .
Fou de Hassan ( Pclecanus bassanus.)
Oie ( Anus anser ) .
o,oo235
Cravant ( A . bernicla ) .
Canard musqué (A . moschata). . . .
Canard ordinaire (A. boschas). . . .
(i) Nous avons vu que le pédicule olfactif n’existe pas chez les oiseaux; le nerf est formé par le faisceau externe des mammifères; c’est donc le diamètre de ce faisceau dont ce tableau contient les dimensions.
3oo
TABLEAU COMPARATIF
Des Dimensions du nerf olfactif chez les Reptiles.
NOMS DES ANIMAUX
MESURES DU NERF
Tortue grecque ( Testudo grœca ). . .
Tortue couï (T. radiata) .
Tortue franche (T. mydas ) .
Crocodile vulgaire ( Crocodilus nilo-
ticus. G. S. H.) .
Crocodile à deux arêtes ( C . biporcatus ).
Caïman .
Monitor à taches vertes ( Tupinambis
mac ulatus) .
Lézard vert ( Lacertaviridis ) .
Lézard gris (Z. agilis ) .
Caméléon vulgaire (L. af ricana). . .
Orvet ( Anguis fragilis ) .
Couleuvre à collier ( Coluber natrix).
Vipère hajé ( C . haje) .
Vipère A raies parallèles .
Grenouille commune ( Rana esculenta.)
mètre.
o,ooo5o
0,00075 0,00075 o,ooo5o 0,00075 0,00066 o,ooo5o o, 00040 0,00 1 00 0,00066 0,00075 0,00075
NERF DE L’OLFACTION
TABLEAU COMPARATIF
Des Dimensions du nerf olfactif chez tes Poissons.
NOMS DES ANIMAUX
MESURES DU NERF
Lamproie de mière ( Petromyson fia-
mètre.
vialis ) .
Requin (Squatus carcharias) .
o,oo5oo
Aiguillât ( S . acanthias ) .
o,ooaoo
Ange (S. squat ina) .
o,ooi 5o
Raie bouclée (Raya davata) .
o,oo353
Raie ronce (R. tubas) .
Raie (R. bâtis.) .
Esturgeon (Aci penser sturio) .
Brochet ( Esox lucius) .
Carpe (Cy prinus carpio). .:....
o,ooi53
Tanche (G. tinca) .
o,oooG6 «
Morue ( Gadus morrhua) .
o,ooi33
Egrefin ( G . eglefinus) .
Merlan (G. merlangus) .
Turbot ( Pleuronectes maximus ). . . .
Anguille ( Muræna anguilla) .
o,ooo33
Congre ( M.conger ) .
G r o n a u ( Trigta lyra) .
Baudroye ( Loohius piscatorius). . . .
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