‹ Antomie comparée de cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrès, appliquée à la physiologie et à la pathologie du système nerveuxChapitre 33 sur 48 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Des Nerfs et du sens de la Vision , considérés dans tes quatre classes des animaux vertébrés.

Si l’étendue d’un sens est en raison directe du développement du nerf qui en est le siège immédiat, on peut établir, d’après ce qui précède, l'échelle de l’olfaction chez les animaux vertébrés. En descendant de l’homme aux singes , aux phoques , aux ruminans , aux carnassiers digitigrades , aux plantigrades , aux ruminans et aux rongeurs , on aperçoit le nerf de l’odorat, d’abord très-simple, envahir peu à peu toute la partie antérieure de la base de l’hémisphère antérieur. Les mammifères ont aussi ce sens plus fin que l’homme , parce qu’ils n’ont pas, comme lui , d’autres facultés qui y suppléent. L’olfaction étant liée intimement à la conservation des espèces , sert en quelque sorte de guide aux mammifères, pour le choix de leurs alimens. C’est , avec le goût , le sens le plus matériel.

La chambre osseuse de l’olfaction suit une progression semblable à celle du nerf : plus on descend de l’homme aux rongeurs, plus on observe l’agrandissement de la chambre olfactive , plus les masses latérales de l’éthmoîde , plus les maxillaires supérieurs acquièrent de l’étendue, plus la

NEUFS DE LA. VISION

face acquiert de volume aux dépens de la cavité du crâne , plus par conséquent la masse des hémisphères cérébraux diminue.

Les cétacés feraient une singulière exception à cette loi commune de l’étendue de l’olfaction , si de l’absence du nerf olfactif on pouvait déduire rigoureusement la privation complète de l’odorat. Mais le volume de la cinquième paire , le volume du ganglion sphéno-palatin chez ces animaux , permettent de croire qu’il y a transposition de ce sens, du nerf de l’odorat qui manque, sur la branche du nerf trijumeau, qui lui sert d’accessoire dans les autres animaux. Cette opinion de M. le professeur Duméril recevra un nouveau degré de certitude des faits analogues que nous rapporterons dans le chapitre suivant , et de la loi d’action du système nerveux émise par M. le baron Cuvier.

Chez les oiseaux, l’absence constante de la racine interne du nerf olfactif doit nécessairement apporter une diminution très-grande dans l’étendue de l’olfaction. Toute cette classe paraît aussi très-inférieure à celle des mammifères sous le rapport de ce sens. Chez les reptiles , l'organe de l’olfaction est relativement aussi étendu que chez les mammifères ; plusieurs faits établissent que chez eux le sens de l’odorat a une portée très-grande. Enfin, quoiqu’on n’ait encore aucune donnée positive sur l’odorat des poissons , on peut conclure analogiquement qu’il a une grande étendue, notamment chez les cartilagineux.

oofi ANATOMIE COMPARÉE DE CERVEAU I

Le sens de la vue ne suit pas tout-à-fait ce même rapport ; on peut dire que chez les mammifères , le sens de l’odorat prédomine sur celui de la vision : l’inverse a lieu chez les oiseaux. L’imperfection de leur odorat semble compensée par l’étendue de leur vue. Les reptiles me paraissent sous ce rapport dans une condition intermédiaire entre les mammifères et les oiseaux. Les poissons semblent doués d’une prédominance marquée de ces deux sens sur les autres vertébrés. C’est du moins ce qu’on peut déduire de l’anatomie comparative des nerfs de ces deux sens dans les quatre classes ç et des parties de l’encéphale auxquelles ils aboutissent.

La vision s’exerce par l’intermédiaire de l’un des corps les plus subtils de la nature, la lumière. Un organe admirable par sa structure, lui fait subir diverses modifications par les densités différentes des parties dont il est composé. L’impression des objets visibles, arrivée au fond de l’œil, est transmise par la rétine et le nerf optique, jusqu’à l’encéphale.

L’exercice de ce sens suppose donc l’existence préalable de l’œil , du nerf optique , et des parties auxquelles s'insère ce nerf. Dans nos théories actuelles , nous ne saurions concevoir la vision sans la réunion de ces trois conditions ; mais ces trois conditions peuvent subir des modifications importantes. Le nerf optique peut manquer chez certains animaux , sans que la vision soit perdue. Si l’œil existe, s’il se met en communication avec

NERFS DE LA VISION

l’encéphale par l’intermédiaire d'un nerf, l’impression des objets extérieurs peut être perçue par l’animal, la condition fondamentale de la vision est remplie. Lesconditions secondaires sont seules changées.

En effet , si le nerf optique manque , si un autre nerf se trouve aboutir au fond du globe de l’œil , l’action de la vision sera transmise le long de ce nerf, comme elle l’est , dans l’état ordinaire , le long du nerf optique. Rien ne s’oppose dans nos théories à la possibilité de cette transmission.

Mais si ce nerf oculaire est différent du nerf optique , si ses rapports avec l’encéphale sont changés , s’il ne s’insère plus sur les mêmes points que le nerf optique , le sens de la vue , qui a déjà changé de nerf, changera donc aussi de siège dans l’encéphale ; il pourra être transporté d’une partie de cet organe sur une autre très-éloignée, sans connexion immédiate avec la première. 11 arrivera pour le sens de la vue ce qui se passe chez les cétacés pour le sens de l’odorat. Si cela est , comment accorder ces faits avec l’hypothèse de l’origine des nerfs adoptée jusqu’à ce jour? Comment les expliquer d’après nos théories sur l’action du système nerveux et de l’encéphale? Ces hypothèses et ces théories n’embrassant pas la généralité des phénomènes organiques qu’ils doivent expliquer, devront donc subir des modifications importantes , ou être remplacées par d’autres qui soient plus en harmonie avec la diversité des conditions sous lesquelles peut être remplie une

3o6 ANATOMIE COMPAREE DU CERVEAU,

même fonction. On déduira , je pense , cette conséquence de certains faits de l’anatomie comparative des nerfs de la vision, et du nerf trijumeau, sur lequel le sens de la vue est transporté chez quelques animaux vertébrés et dans certaines classes des invertébrés.

Nerfs de la vision.

Ces nerfs sont distingués en ceux qui perçoivent l’impression de la lumière , et ceux qui se distribuent dans les parties qui impriment le mouvement au globe de l’œil : on les connaît sous le nom de deuxième , troisième , quatrième et sixième paires : nous les examinerons dans cet ordre dans les quatre classes des vertébrés.

Les poissons sont remarquables par le volume de leur œil , par la grosseur de leur nerf optique, et par l’isolement du lobe particulier de l’encéphale dans lequel se rend ce nerf. En général , le nerf optique ( 1 ) est moins gros chez les poissons cartilagineux (2) que chez les osseux (5) ; trèspetit chez la lamproie (4) , il augmente chez l’esturgeon (5) , chez les squales (6) et les raies (7) ;

(1) PI. VI , fig. i5a , n" 8.

fa) Ibid.

(3) PI. VII, fig. 162, n" 10.

(4) PI. XI , fig. 224.

(5) PI. XII , fig. 235.

(6) PI. XII, fig. 236, n° a ; PI. XII, fig. 237, n" 2.

(7) PI. VI, fig. i33, n° 10.

NERFS DE L\ VISION» 3c >7

mais jamais il n’a dans cette famille la grosseur relative qu’on lui observe chez les poissons osseux en général (1). Les anguilliformes (2) , les pleuronectes ont néanmoins le nerf optique relativement plus petit que les raies et les squales.

Au premier aperçu , les nerfs optiques , chez les poissons cartilagineux , paraissent s’implanter immédiatement dans les pédoncules cérébraux (5) , ce qui fait que plusieurs anatomistes ont borné en cet endroit leur origine. Ils y adhèrent , en effet , à un tel point, qu’il faut une dissection très-attentive pour les isoler et les suivre dans l’épaisseur des lobes optiques ( 4 ) ( tubercules quadrijumeaux ) , dont ils sont la continuation. Liés intimement avec un corps particulier qui se trouve à la base de l’encéphale (5) , dont ils reçoivent quelques faisceaux blanchâtres , on s’en est d’autant plus facilement laissé imposer , qu’on regardait les lobes optiques (6) comme les hémisphères cérébraux , et qu’on ne pouvait raisonnablement faire sortir ces nerfs de la partie antérieure et profonde de ces prétendus hémisphères. J’ai donq dû mettre à profit toute la sévérité de nos procédés anatomi-

(1) PI. VII, fig. 157, n° 6 ; fig. 1G2 , n" 10; fig. 176, n° 3 ; fig. 164, n° 12.

(2) PI. VII, fig. 192, n* 7.

(5) PI. VI, fig. .48, n° 9.

(4) PI. VI, fig. 148, n° 9 cl 12.

(5) PI. VI, fig. 148, 11" 8.

(6) PI. VI, fig. i38, n* 7; fig. i5a, n* 7; fig. 148, 11“ 12.

3o8 ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU ,

ques pour suivre ces nerfs au-delà des pédoncules cérébraux et découvrir leur liaison avec les tubercules quadrijumeaux (lobes optiques).

Si on enlève avec soin le corps particulier (1) qui se trouve en arrière de l’entre-croisement de ces nerfs, on les aperçoit entrer directement dans ce lobe (2) , d’autant plus facilement que le corps précédemment indiqué est moins volumineux et moins compliqué : si on ouvre le lobe optique (3), et qu’on laisse le nerf intact comme je l’ai fait chez la morue (4) , on voit le nerf (5) se diriger du pédoncule vers l’intérieur de ce lobe; si on découvre le lobe optique par sa partie supérieure (6), on voit les couches qui forment ce lobe (7), se continuer immédiatement dans la profondeur du nerf, si la section a été assez profonde pour ouvrir celui-ci (8).

En disséquant avec soin le nerf optique des poissons , on le trouve composé de quatre couches , une blanche extérieure , une seconde grise placée au-dessous , une troisième blanche , une quatrième interne et grisâtre comme la seconde.

(1) PI. VI, fig. 148, n° 9.

(2) PI. VII, fig. 178, n" 2.

(5) PI. VII, fig. i59, n" 3.

(4) PI. VII, fig. 164, n° 12.

(5) PI. VII, fig. i65 , u“ 7.

(6) Idem.

(7) PI- VII, fig. i65, n” 9, 10 et 1 1.

(8) PI. VII, fig. i65, n” 11.

NERF DE LA VISION. 3oi)

Or, chacune de ces couches est la continuation de celles qui forment les parois des lobes optiques , ce qui met hors de doute leur connexion ; j’ai suivi cette structure et cette communication chez les raies , les squales , et sur environ cent espèces différentes de poissons osseux ; je l’ai fait représenter dans ce précis chez le trigle (1) , la morue (2) et l’égrefin (3). Indépendamment de cette origine, quelques faisceaux des pyramides se continuent immédiatement dans le nerf optique (4).

Chez certains poissons , ces faisceaux des pyramides sont unis à ceux d’où proviennent les nerfs olfactifs ; les uns et les autres adhèrent au corps arrondi, situé en arrière des nerfs optiques (5), ce qui a fait croire à plusieurs icthyotomistes que le nerf olfactif (6) et le nerf optique (7) prenaient leur origine chez les poissons dans le même tubercule. Pallas avait fait cette observation chez le cyclopterus glutinosus ; la disposition que j’ai indiquée est la même chez le cyclopterus lumpus : Carus dit l’avoir vérifiée chez le gadus œglefinus ^ mais les rapports des nerfs olfactif ( 8 ) et opti,-

( 1 ) PL VII , fig. 1 5g , n* 5 , 4 el 5.

(2) PL VII, fig. i65, n° 7, 8, 9 et 10.

(3) PL VII, fig. 18 1, n° 3, 4» 5 et 9.

(4) PL VII, fig. 181, n» 3.

(5) PL VII, fig. 184, n*4 et 5.

(6) PL VII, fig. 184, n° 6.

(7) PL VII, fig. 184, n” 5.

(8) PL VII, fig. 184, n* 6.

que ( 1 ) , sont tout - à - fait différens chez ce dernier poisson : leurs origines n’ont rien de commun , le nerf olfactif n’a aucune communication avec le corps situé en arrière des nerfs optiques (2).

Avant leur entrée dans les lobes optiques , les nerfs optiques s’entrecroisent chez les poissons (3), celui de droite passe à gauche , et celui de gauche à droite : cette disposition n’est pas générale , le croisement n’est pas distinct chez plusieurs gades (4) ; il est peu distinct chez les cartilagineux, à cause de l’adhérence des nerfs optiques avec les pédoncules cérébraux ; chez les squales et les raies (5) , il faut disséquer le nerf en cet endroit, pour apercevoir les faisceaux croisés (6) ; chez les cyprins ( 7 ) , les pleuronectes et les anguilliformes (8) , le croisement se fait sans mélange cje la matière des nerfs ; chez le merlan (9) , le nert de droite 11e fait que se superposer sur le gauche , pour passer du côté opposé; chez le brochet (10)

(1) PI. VII, fig. 1 84, n° 5.

(2) PI. VII, fig. 184, n° 4.

(3) PI. VI, fig. 144, n° 6; PI. VII, fig. 178, n° 2.

(4) PI. VII, fig. 164, n° 12.

(5) PI. VI, fig. 148, n° 9.

(G) Idem.

(7) PI. VI, fig. 144, n° 6.

(8) PI. VII, fig. 192, n* 7.

(9) PI. VI, fig. 1 54 , n°4-

(10) PI. VI , fig. 164 , n” 4-

NERFS PE LA VISION

et l’anguille vulgaire (1) , l’entrecroisement se fait delà même manière; chez la baudroie (2), les nerfs sont réunis , et il faut les disséquer comme chez les raies , pour voir les faisceaux croisés : il en est de même chez la tanche- (3) , la morue (4) et les trigles (5). En général , l’entrecroisement est d’autant plus évident que le corps situé en arrière des nerfs optiques est moins prononcé , ce qui est surtout remarquable chez les anguilles (6).

Le nerf optique, chez les reptiles , a une insertion semblable en tout point à celle des poissons ; un lobe particulier semble destiné à le recevoir (7); et de même que dans la classe précédente , le volume du nerf est proportionnel au développement du lobe; toutefois le volume du nerf optique est beaucoup plus petit chez les reptiles que chez les poissons osseux et cartilagineux.

En général, chez les ophidiens, le volume du nerf optique (8) est beaucoup moins considérable que chez les reptiles doués de membres; les ophidiens sont à ces derniers ce que les anguilli formes , chez les poissons, sont aux autres familles de cette — - - -

(1) PI. VII, fig. 192, n" 7.

(2) PI. VII, fig. 182, n° 6.

(3) PI. VII, fig. 186, n° 8.

(4) PI. VII, fig. 162, n" 10.

(5) PI. VII, fig. i5y, n» 8.

(6) PI. Vil , fig. 192 , n“ 5 , 7 et 8,

(7) PI. V, fig. 122 , n* 10.

(8) PI V, fig. 187, n" 6.

5l2 anatomie comparée DU CERVEAU

classe. Ce nerf augmente graduellement des lacertiens (1) aux crocodiles (2) et aux chéloniens (5).

Chez tous les reptiles , le nerf optique se continue directement dans le lobe optique , ainsi qu’on peut le voir sur le lézard gris (4) et sur la tortue franche (5). La lame blanche du lobe se prolonge immédiatement dans le nerf (6) ; celui-ci paraît n’en être que la suite ou le prolongement.

L’adhérence du nerf optique aux pédoncules cérébraux est si faible chez les reptiles , qu’on détache le nerf en totalité (7) sans intéresser les faisceaux des pédoncules. J’ai vérifié ce fait chez les chéloniens avec toute l’importance qu’il mérite , relativement à l’hypothèse émise chez les poissons sur l’origine prétendue du nerf optique dans les pédoncules cérébraux. J’ai constaté aussi que chez le caméléon (8), le crocodile vulgaire (9), le crocodile à deux arêtes (10) , la vipère hajé (1 1) et les

(I) PI. V, fig. 129, n° 5.

(а) PI. V, Gg. 118, n" 5.

(3) PI. V, fig. 122, n” i3.

(4) PI. V , fig. 1 29 , 1»° 5 et 4-

(5) PI. V, fig. 122, n° 1 1 et i3.

(б) PI. V, fig’. 121 , n" 3.

(8) PI. V, fig. 1 î3 , n" 5.

(9) PI. V, fig. 117,11° 4 et 8.

(10) PI. V , fig. 118, n“ 4 et 5.

(I I) PI. V, fig. 127 , n" 5 et G.

NERFS DE LA VISION

grenouilles (i), le nerf optique est en rapport immédiat avec le petit corps situé immédiatement en arrière de son entrecroisement.

Le nerf optique s’entrecroise chez tous les reptiles; cet entrecroisement est d’autant plus marqué, que le nerf et le corps situé en arrière sont plus petits ; chez tous les ophidiens (2) il 11’y a que superposition des deux nerfs; celui de droite passesur celui de gauche, sans contracter de liaison avec lui. Chez les batraciens (3), la disposition est à peu de chose près la meme ; chez les sauriens (4) et les chélqniens (5) , les nerfs optiques se confondent, leur substance semble se mélanger avant que le croisement n’ait lieu ; c’est au point de jonction des deux nerfs que le corps situé en arrière d’eux envoie les faisceaux blanchâtres par lesquels il communique avec eux ; plus ce corps est volumineux , plus est étendue la surface par laquelle les deux nerfs se touchent ; on peut voir ces effets chez le caméléon (6) , le crocodile (7) et la tortue franche (8).

(1) PI. V, fig. i3i , n* n et 12.

(2) PI. V, fig. 127, n° 6.

(3) PI. Y, fig. 1 3i , n* 12.

(4) PI. V, fig. 112, n° 5 et 6.

(5) PI. V , fig. 1 22 , 1 2 et 1 3

(6) PI. V , fig. n 2 , n° 5 et 6.

(7) PI. V , fig. 117, n” 4 et 8.

(8) PI. V, fig. 1 12, n” 1 3 et 12.

Chez les oiseaux, le nerf optique (î) reprend le volume que nous lui avons remarqué chez les poissons (a) , et qu’il avait en partie perdu chez les reptiles (5) ; comme dans ces deux classes , il se rend dans deux lobes creux (4) , situés sur les côtés et à la base de l’encéphale ; chez les oiseaux , de même que chez les reptiles et les poissons , le volume de ces lobes (5) est toujours proportionnel à celui des nerfs qui s’y portent (6). Remarquons que , de même que chez les poissons , on trouve le nerf optique composé, chez les oiseaux, de quatre couches ; la première blanche et extérieure , la seconde grise , une troisième blanche , et une quatrième interne et grise. Observons de plus que ces couches sont la continuation de celles qui forment les lobes creux dans lesquels se rendent les nerfs , absolument de même que chez les poissons: il y a donc identité de composition des nerfs optiques chez les poissons et les oiseaux; identité de rapport avec les lobes optiques dans l’une et l’autre classe; identité de structure de ces lobes chez les oiseaux et les poissons. La position seule de ces lobes est différente chez les oiseaux adultes.

Il faudrait , d’après ces rapports , se laisser étran-

(1) PI. III, fig. 78, n° 10.

(2) PI. VII, fig. 162, n" 10

(3) PI. V , fig. 122, n" i3.

(/j) PI. III, fig. 78, n* 7.

(5) PI. III, fig. 79, 7

(G) PI. III, fig. 78, n» 10.

NERFS DE LA VISION

gement abuser par l’esprit de système , pour méconnaître l’analogie qui existe entre les lobes , d’où proviennent les nerfs optiques dans ces trois classes; il est vrai que chez les poissons cartilagineux ( î ) j on a profité de l’adhérence que ces nerfs contractent avec la base des pédoncules , pour borner à cette partie leur origine ; mais chez les oiseaux , cette adhérence est plus prononcée encore que chez les poissons : les nerfs optiques, en se rapprochant l’un de l’autre (s), s’appliquent contre les pédoncules , les embrassent., les recouvrent (3) , et contractent une telle adhérence avec eux , qu’en les détachant on enlève une partie des faisceaux des pédoncules (4) ; ce n’est qu’après avoir laissé séjourner quelque temps l’encéphale dans l’alcohol , qu’on parvient à isoler les pédoncules (5) du nerf (6) chez les oiseaux, et à suivre leur continuation dans l’épaisseur des parois des lobes optiques (7). Depuis Willis, Haller, Collins, Malacarne , nul anatomiste n’a mis en doute l’origine de ces nerfs dans ces lobes ; nul n’a imaginé de les faire provenir des pédoncules cérébraux ;

(0 PI- VI, %• *48, n- 9.

(2) PJ. IY, fig. 98, n° 12.

(3) PI. IV , fig. 91 , n* 5.

(4) PI. VI, fig 9., n° 4.

(5) PI. III, fig. 82, »° 8.

(6) PI. III, fig. 82, n° 5.

(?) PI. IV , fig. 90, n° 5.

Si 6 ANATOMIE COMPARÉE DU CERVEAU,

pourquoi penserait-on différemment des poissons , si on n’avait un système de détermination à faire prévaloir ?

Ainsi chez les oiseaux , de même que chez les reptiles , que chez les poissons osseux et cartilagineux , le nerf optique s’insère immédiatement dans les lobes du même nom ( 1 ) ; en déplissant ces lobes, on voit leurs parois se prolonger directement dans l’épaisseur dp nerf (2) : j’ai suivi cette insertion et ces rapports chez la poule , l’oie , le canard , le dindon, les faisans doré et argenté; le pigeon , les perdrix , les oiseaux de proie , les oiseaux nocturnes ; je les ai représentés dans ce précis chez le casoar (3), l’autruche (4), la cigogne blanche (5) et le perroquet (6).

En outre , j’ai constaté chez tous ces oiseaux , et sur beaucoup d’autres espèces , que je ferai représenter dans mon grand ouvrage , que le nerf optique se met en rapport avec les hémisphères cérébraux des oiseaux par un faisceau considérable (7) , qui se joint à la commissure antérieure (8) , et se rend dans le rayonnement mé-

(1) PI. IV , fig. 91, n° 4.

(2) PI. III, fig. 82, n° 3.

(5) PI. III, fig. 82, n° 7 et 9.

(4) PI- III, fig. 80, n° 2 et 5.

(5) PI. IV, fig. 1 85 , n° 6 et 9.

(6) PI. III, fig. 82, n" 3 et 8.

(7) PI. IV, fig. 91 , n° 4.

(8) PI. III, fig. 82, n" 4 et 5.

NERFS DB LA VISION

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