‹ Antomie comparée de cerveau, dans les quatre classes des animaux vertébrès, appliquée à la physiologie et à la pathologie du système nerveuxChapitre 6 sur 48 · PRÉFACE. XXXIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXXIX

soins qu’il n’a cosse d’apporter à son grand amphithéâtre d’anatomie des hôpitaux.

Cet établissement, dont l’origine date du seizième siècle , fut transféré, en 1811 , de l’Hôtel-Dieu dans les vastes bâtimens situés derrière la Pitié, par M. le marquis de Marbois , à qui les pauvres et l’humanité doivent les embellissemens qui ont fait de l’Hôtel-Dieu l’un des plus beaux hôpitaux del’Europejet parM. le docteur Duchanoy, le vénérable Nestor de la médecine des hôpitaux.

Depuis 1814, il a été successivement administré par M. le duc de Larochefoucault-Liancourt, au nom duquel se rattachent en France les bienfaits de la vaccine, les améliorations des hôpitaux , des prisons et de tous les établissemens qui servent de refuge à l’humanité souffrante ; et par M. le duc de Larocliefoucault-Dudeauville , à qui l’hôpital de la Pitié doit une nouvelle création, et dont la vénérable mère fonda l’hospice de Larochefoucault. Cet amphithéâtre est un nouveau bienfait que les sciences et l’humanité doivent à cette famille , aussi illustre par ses senlimens de

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bienfaisance que par le rang éminent qu’elle occupe en France.

En voyant ce bel établissement , en considérant la rapidité avec laquelle il a atteint le degré de perfection dont il est susceptible , il est peut-être inutile de dire que M. Benjamin Desportes en est depuis dix ans l’administrateur spécial. L’Hôtel-Dieu , les hospices de la vieillesse , hommes et femmes , attestent ses rares talens administratifs ; mais nulle part, peut-être 5 il n’a trouvé plus de difficultés à surmonter que dans l’amphithéâtre général d’anatomie.

Puissent ces hommes bienfaisans , protecteurs éclairés des sciences ? trouver dans cet hommage un faible dédommagement de leurs pénibles et utiles travaux ! puissent-ils y voir le témoignage de la reconnaissance des nombreux élèves des hôpitaux , qui puisent annuellement leur instruction anatomique dans cet établissement !

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L’Académie des Sciences a proposé pour sujet de son grand prix , l’Anatomie comparée du Cerveau dans les quatre classes des animaux vertébrés. Cette question , intéressante par sa nature , devient , par les circonstances , plus intéressante encore. Depuis quelque temps l’étude du système nerveux est devenue le goût dominant , et pour ainsi dire la passion générale des anatomistes et des physiologistes. Dans le mouvement rapide où sont entraînés les esprits dans cette direction , les uns se hâtent de généraliser des données spéciales,

les autres se traînent lentement sur des

vérités de détail, sans saisir ni leur liaison, ni leur ensemble. Tous sentent la nécessité d’éclairer la psychologie humaine par la psychologie comparative.

La science attend de ces nobles efforts

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les plus grands résultats. Mais pour marcher d’un pas assuré dans une carrière si épineuse , il est nécessaire de donner à nos recherches une direction uniforme et de poser dhme manière rigoureuse les termes du grand problème qui occupe les esprits.

Les anatomistes et les médecins disséquaient le cerveau il y a déjà trois mille ans. Depuis trois siècles surtout , cet organe a fait le sujet constant de leurs recherches. Mais, ch»se étonnante ! quoiqu’on ait senti toute futilité dont pouvait être pour ce sujet Fanatomie comparative , les hases de cette partie de la science ne sont pas encore posées; les élémens de l’encéphale ne sont point déterminés, même chez les animaux vertébrés.

On ignore de quelles parties cet organe se compose chez les poissons , chez les reptiles et chez les oiseaux ; on n^est pas plus avancé sur leurs véritables connexions et sur leurs rapports : disons-le même , on n’a sur ce dernier objet que des idées erronées, parce qu’on comparait toujours les unes aux autres des parties hétérogènes.

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Il est facile de concevoir que toutes les notions acquises dans cette direction devaient nécessairement être vicieuses , et que pour arriver à des résultats moins incertains , il fallait d’abord déterminer la valeur des termes qu’on doit comparer , puisque leurs rapports constituentl’essence de l’anatomie comparative.

Il manquait donc à la science une bonne détermination des élémens de l’encéphale dans les quatre classes des animaux vertébrés. Pourquoi manquait - elle ? Telle est la question que nous devons d’abord examiner.

Chacun sait que les préjugés du paganisme interdisant aux philosophes la dissection du cadavre humain , l’anatomie primitive de l’homme fut toute déduite de celle des animaux ; de là les erreurs que Vesale reproche si amèrement à Galien.

Dans le seizième siècle la science prit une direction tout-à-fait opposée j on disséqua l’homme et on rapporta tout à lui. L’anatomie des animaux fut déduite à son tour de celle de l’homme.

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En conséquence les anatomistes cherchèrent cl’abord les ressemblances dans l’encéphale des animaux , comparé à celui de l’homme, quileur était particulièrement connu. Ces ressemblances furent saisies chez les mammifères , parce qu’aux proportions près , cet organe est la répétition de lui-même dans les différentes familles dont cette classe se compose.

On y trouva tout comme chez l’homme, on y dénomma tout comme chez lui.

On arriva ainsi àPencépliale des oiseaux avec une méthode que l’on croyait assurée ; mais dè-s les premiers pas on se trouva arrêté dans la détermination des parties dont se compose cet organe dans cette classe.

Le cervelet en arrière et les lobes cérébraux en avant furent bien reconnus ; mais on rencontra à la partie moyenne une paire de nouveaux lobes qui n’avaient aucun analogue ni chez l’homme , ni chez les mammifères : ces lobes furent méconnus.

Cette erreur en entraîna d’au 1res dans les parties qui les environnent. Toute la région moyenne de l’encéphale de cette classe parut nouvelle; et comme les termes de

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rapport manquaient dans la science , le champ des conjectures fut ouvert aux anatomistes.

La chaîne des ressemblances parut dèslors rompue ; et lorsqu’on en vint aux poissons, il sembla impossible de la renouer , à cause de plusieurs circonstances que*nous allons faire connaître.

Les anatomistes , négligeant les préceptes de Varoli et deBartholin, s’étaient habitués , d’après des considérations physiologiques , à disséquer le cerveau humain par sa partie supérieure , et celui des mammifères d’avant en arrière. Cette méthode eut peu d’inconvéniens chez eux ; elle en eut également de faibles chez les oiseaux, parce qu’il était difficile de méconnaître les lobes cérébraux et le cervelet.

D’une autre part , la considération des formes , qui avait si heureusement dirigé les anatomistes chez les mammifères, qui leur avait encore servi à reconnaître le cervelet et les hémisphères cérébraux des oiseaux , les abandonna entièrement chez les poissons.

Au premier aperçu , rien ne rappelle

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dans cette classe ni l’encéphale des mammifères , ni celui des oiseaux j cet organe se compose, chez les poissons, d’une double série de bulbes alignés d’avant en arrière , tantôt au nombre de deux , le plus souvent au nombre de quatre , et assez fréquemment encore au nombre de six.

A quelle paire devait-on donner le nom d’hémisphères cérébraux? était-ce aux antérieurs, aux moyens ou aux postérieurs? À quelle partie des classes supérieures devait-on rapporter les autres lobes ? Sur quelles bases pouvait-on établir les analogies et les différences ? La science manquant des données nécessaires à ce sujet , chacun détermina ces lobes à sa manière , selon les idées qui le dirigeaient. Les mêmes lobes reçurent des noms différens , et furent tour-à-tour assimilés à des parties lout-à-fait hétérogènes.

Le cervelet lui-même , qu’il est si difficile de méconnaître dans les autres classes , était encore, chez les poissons, un sujet d’incertitude. Tantôt cet organe est unique et impair comme dans les classes supérieures, c’est particulièrement le cas des poissons

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osseux ; tantôt , comme chez presque tous les cartilagineux , c’est un organe pair , composé de feuillets symétriques et roulés sur eux-mêmes le long des parois du quatrième ventricule.

Chez un très-grand nombre, un corps particulier se détache des lobes postérieurs, et vient encore compliquer cet organe. Ce corps , qui ressemble tantôt à la luette du voile du palais de l'homme, et d’autres fois au cartilage épiglotique , se place en forme de couvercle sur le quatrième ventricule : le plus souvent il est simple ; d’autres fois , comme chez certaines raies , il est double ; et alors la moitié postérieure se dirige vers le quatrième ventricule , et l’autre moitié antérieure vient recouvrir les lobes postérieurs. Comment, au milieu de toutes ces transformations , reconnaître lé* cervelet ?

La base de l’encéphale des poissons n’est guère moins variable que sa face supérieure. Ce que cette base offre surtout de remarquable , ce sont deux tubercules arrondis qui , par leur situation et leur forme, ont quelque ressemblance avec les éminences mamillaives de l’homme. Aussi n’a-t-on

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