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plus en plus simples, à mesure qu’on se rapproche davantage de leur point de départ. Ce que ces formes embryonaires ont de très-remarquable dans les classes supérieures , c’est qu’elles répètent souvent les formes permanentes des classes inférieures. Les classes inférieures sont expliquées de cette manière par l’embryogénie des classes supérieures , et les embryons des classes supérieures répètent successivement les formes permanentes des classes inférieures.
Si cette proposition est vraie pour l’encéphale, on voit de suite quels seront les termes de nos rapports. Nous mettrons en parallèle les formes permanentes des classes inférieures avec les formes primitives des embryons. Nous arrêterons les organes au point où ils se ressemblent et se correspondent; nous les suivrons ensuite dans leurs diverses métamorphoses pour saisir les causes de leur complication et pour donner l’explication de leurs différences.
Intéressante par la nouveauté et la variété de ses résultats , l’étude de l’organogénie me paraît réclamer impérieusement toute l’attention des zootomistes. Livré
PRÉLIMINAIRE
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depuis douze années à ce genre de recherches , je vais présenter, dans ce Discours Préliminaire , l’ensemble des principaux faits auxquels je suis arrivé. Je montrerai comment se développent les principaux systèmes organiques; je ferai voir les rapports généraux de formation qui les lient les urrs aux autres. Après avoir jeté un coup-d^ceil rapide sur les lois générales de l’organisation , j’en ferai l’application au système nerveux , objet spécial de cet ouvrage ; je montrerai que le développement de cet important système est soumis aux mêmes principes , découle des mêmes lois que les autres systèmes de l’organisation ; je ferai voir enfin que les formes transitoires de l’encéphale des embryons , et les formes permanentes de cet organe chez les animaux vertébrés , sont la répétition les unes des autres; quelles dérivent des mêmes causes et qu’ elles sont rigoureusement soumises aux mêmes rapports.
Mais avant d’esquisser ce tableau, j’e'prouve le besoin de remettre sous les yeux du lecteur les priricipes philosophiques qui m’ont dirigé, et les applications prin- L b
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cipales qui en ont été faites dans les sciences anatomiques.
Suivez l’esprit humain et la nature dans l’ordre physique et moral : partout vous verrez l’homme qui divise dans sa pensée, et la nature qui réunit dans son action. Plus les sciences se perfectionnent ,* plus elles se concentrent, plus elles se rapprochent de la nature.
Les hommes de génie qui , dit-on , devinent la nature, ne font que lui surprendre ses secrets. Ils se distinguent des observateurs ordinaires par le talent de saisir les principes généraux , et par le talent plus singulier encore, d’enchaîner les idées entre elles par la force des analogies.
C’est véritablement l’art de penser en grand qui les caractérise ; c’est ce coup-d’ceil observateur qui découvre à tout moment , dans les objets , des propriétés , des analogies, des différences inaperçues: c’est par le talent remarquable, non de raisonner avec plus de méthode , mais de trouver les principes mêmes sur lesquels on raisonne j non de compasser des idées , mais d’en créer
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de nouvelles et (le les agrandir sans cesse par une réflexion féconde.
Ce brillant caractère nous frappe dans les écrits des hommes qui , comme Descartes, Bacon , Galilée , Newton , Haller , Buffon , Lavoisier , etc. , ont changé la face des sciences , n’ont pensé d’après personne , et ont fait penser d'après eux le genre humain ; on sent dans leurs écrits l’ascendant d’un esprit supérieur qui domine le sujet qu’il traite ; qui vous place d’abord sur une région élevée d’où vous^contemplez ces vérités premières auxquelles sont attachées , comme des rameaux à leur tige , mille vérités particulières.
Aussitôt toutes nos observations s’éclairent mutuellement , toutes nos idées se rassemblent en un faisceau de lumière ; il se forme de toutes nos expériences un seul et unique fait , et de toutes nos vérités une seule et grande vérité , qui devient comme le fil de tous les labyrinthes.
Nous le voyons ; c’est un petit nombre de principes généraux et féconds , qui , dans les sciences physiques, semblent nous avoir donné la clef de l’univers , et qui , par une
DISCOURS
mécanique simple , explique l’ordre de Farchitecture divine.
Pourquoi n’en serait-il pas de même dans les sciences anatomiques et physiologiques ? La plus belle partie de îa création serait-elle abandonnée sans règles , livrée au caprice et au hasard? Qu’est-ce qui maintiendrait dans leurs limites respectives les végétaux et les animaux , les classes , les familles, les genres et les espèces? Comment se conserveraient sans altération ces formes et ces rapports , dont l’harmonie remplit d’aclmiration l’esprit de l’observateur , des polypes à l’homme ?
Qu’est-ce qui empêcherait les formes d’une classe d’envahir les formes d’une autre , et de faire du règne animal un assemblage d’êtres informes, dont les organes incohérens choqueraient l’esprit et la raison ?
L’univers organisé ne présenterait donc bientôt que confusion et désordre , si des lois fixes et immuables ne présidaient à la formation des êtres, et ne maintenaient chacun d’eux dans les limites qui lui sont assignées ?
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Mais quels sont ces rapports généraux ? quelles sont ces lois? Tel est, a dit notre illustre Cuvier , le but élevé vers lequel doivent tendre désormais les efforts de tous ceux qui cultivent les sciences naturelles.
De grands effets ont déjà répondu eu France à cette inspiration du génie.
Embrassant les rapports des vertèbres et de leur» muscles, M. le professeur Duméril émet l’idée singulière que le crâne des animaux n’est qu’une grande vertèbre , et le cerveau, que la moelle épinière renflée. La rumeur générale qui s’éleva contre une opinion si inattendue , fit connaître à ce célèbre* zootomiste qu’il avait devancé son siècle. Quelques lustres se sont à peine écoulés, et déjà cette idée, devenue classique ,« changé la face de la science, et a fait naître une partie toute nouvelle , celle des homologies.
A l’aspect des formes variées que nous offrent les êtres organisés, à l’aspect des modifications sans nombre que nous présentent leurs organes, l’esprit s’arrête, écrasé , pour ainsi dire , sous le poids de tant de détails. Mais après trente années de
DISCOURS