‹ AntoniellaChapitre 28 sur 32 · CX VI · texte numérisé non relu

CX VI

Cependant la police de la province avait fait venir de Naples les pièces relatives à l’exécution d’Annunziata, à la sédition des affidés de Lorenzo, au renversement de l’échafaud, à l’enlèvement et à la fuite d’Antoniella avec son libérateur. On résolut d’envoyer les coupables, sous la garde de la gendarmerie, à Naples pour punir Lorenzo et pour obtenir des renseignements sur la complicité d’Antoniella.

Au bout de deux mois, Lorenzo fut assez guéri de sa blessure pour pouvoir être mis en route suY la paille de la charrette des

prisonniers, accompagné par les gardiens.

Triste et doux à la fois fut ce voyage : Antoniella allait recouvrer son innocence, Lorenzo affronter son supplice; ils se juraient tout bas l’un à l’autre de ne pas se survivre si la rigueur des hommes venait à infliger à l’un des deu^ la peine de mort que l’un avait encourue par une généreuse, fiction, que l’autre avait bravée par confiance dans la vertu de celle qu’il aimait, contre la propre confession de son crime.

Arrivés dans le golfe de Sainte-Euphémie, on les tira de la voiture et on les porta dans une felouque de la marine militaire, qui devait les transporter à Naples, pour y être remis aux juges et au gouvernement.

Leur perte paraissait assurée et prochaine.

Qui pouvait sauver Lorenzo de la faute

qu’il avait commise contre la justice, en dérobant sa victime à l’échafaud?

Page 1