‹ Antonio Moro; son œuvre et son tempsChapitre 19 sur 48 · ANT. MORUS. PHIL. HISP. REGIS. PICTOR. F. A. M. D. LVI · texte numérisé non relu

ANT. MORUS. PHIL. HISP. REGIS. PICTOR. F. A. M. D. LVI

(1) Nous devons de vifs remercîments à l'honorable officier supérieur pour nous avoir mis en possession de la photographie reproduite.

(2) Sans doute Saint Pierre est-il un autre portrait.

(3) Le catalogue de l'exposition d'Utrecht imprimait par erreur M. D. LXVI. La peinture mesure 1 m. y 5 de haut sur 1 m. 60 de large.

L'ordonnance, le style, autant que la gamme des coloration s, suggèrent le souvenir des maîtres florentins de la décadence. Moro, dans ses pages religieuses, se confond ainsi avec la masse des représentants de l'école d'Utrecht, dont le musée archiépiscopal rassemble des spécimens si intéressants.

Entre les toiles ayant, semble- t-il, échappé à la fureur des iconoclastes, mais aujourd'hui perdues, figuraient une Descente de croix et une Salutation angélique par Moro, œuvres léguées au chapitre de l'église Saint Jean en 1596, par le doyen Renesse (1). Elles avaient dû, nécessairement, voir le jour à Utrecht même.

La date de i556 inscrite sur le Christ ressuscité apparaît encore sur deux portraits : homme et femme, au Musée de Vérone. Le portrait masculin surtout est fort beau (2).

Rentré dans les Pays-Bas, peut-être à la suite du roi, comme l'ont pensé divers auteurs, le peintre allait voir cette cour de Bruxelles, la veille si brillante, si pleine d'animation, en quelque sorte le centre politique de l'Europe, réduite presque au rang d'un gouvernement de province par le départ de l'Empereur, des reines ses sœurs et de leur suite. Sans doute la faveur de Philippe II et de Granvelle lui demeurait ; mais l'avenir était sans sérénité. Le nouveau roi, à peine arrivé au pouvoir, se voyait contraint de ressaisir les armes et cela, au lendemain à peine de la trêve de Vaucelles.

Si, comme tout semble l'indiquer, Moro passa à Utrecht la majeure partie de l'année i556, son service auprès du roi dut le rappeler à Bruxelles dès l'année suivante. Trois œuvres créées en i55y ne devaient point tarder à le remettre en grande évidence.

(1) Dodt. van Flensburg : Archief voor Kerhelyhe en Wereldsche Geschiedenis. t. TI,

(2) M. de Loga lui attribue le modèle du beau portrait de Granvelle, gravé par Suavius en i556. Rien ne s'y oppose sans doute ; néanmoins Suavius était un maître pleinement en mesure de créer lui-même le dessin de sa planche.

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