PORTRAITS PAR MORO. — SON DÉPART POUR L'ESPAGNE
Les premiers mois de i564 furent témoins du départ du cardinal Granvelle, tombé, si pas en disgrâce, du moins en défaveur auprès de la gouvernante. Moro put, sans doute, séjourner à Bruxelles tant que dura la présence à la cour de son puissant protecteur ; pourtant il était à Utrecht en i564, comme le prouve un acte de transfert à sa belle-fille, issue du premier mariage de sa femme, Marie Gabrielz et à son époux Pierre Jansz. Stamproy, de la propriété reçue de Gisbert Damen dix années auparavant.
Si sévèrement que fussent, à ce moment, appliquées les ordonnances contre l'hérésie, leur renouvellement même, sous Marguerite de Parme, fournit la preuve qua ce moment encore la lecture de la Bible et la prédication des doctrines hétérodoxes étaient, sinon ouvertement tolérées, du moins encore courantes. Chaque jour, d'ailleurs, renaissaient les troubles et le fait même des nouvelles mesures répressives édictées par Philippe II, au mois d'octobre i565, atteste l'impuissance de sa sœur à venir à bout des sectaires.
Les rapports sans doute possibles de Moro avec certains représentants des doctrines prohibées, sont forcément enveloppés