‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 102 sur 191 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

le cri de Vive la liberté! Le grand justicier leur dit alors qu'ils ne pouvaient proférer ce cri qu'après en avoir reçu de lui le signal , et il leur ordonna de se retirer, sous peine de voir leurs noms pris par son greffier, et d'être poursuivis pour crime de rébellion 1 . Loin de lui obéir, ils couvrirent sa voix par des cris plus forts de Vive la liberté! auxquels ils ajoutèrent ceux de Mort aux traîtres ! et qu'ils accompagnèrent de quelques coups d'arquebuse*. Don Juan de la Nuza, troublé et cédant aux exigences du peuple, comme il avait naguère cédé aux volontés du roi, alla proposer au marquis de se laisser conduire en prison pour apaiser un mouvement si redoutable. Le marquis s'y refusa. Le grand justicier reparut à la fenêtre, pour essayer de fféchir le peuple, qui battait la porte en brèche avec une poutre et qui demanda plus impérieusement encore l'arrestation du marquis et de ses gens. « Eh bien, dit alors le grand justicier, me donnez-vous votre parole de gentilshommes, d'hidalgos et de gens d'honneur que, si je les fais sortir, ils seront en sûreté au milieu de vous?

pusiese â la ventana, y ansi lo hizô, al quai requiriô que prendiese al marques, y le llevase manifestado, porque esto era lo que convenia para salvar la vida del dicho marques. » (Gollecl. Llorentc, vol. XIV, t. III, fol. 80, déposition Chalcz.)

4 « Y el dicho justicia les dixô* que les requeria se fuesen, donde no, que mandaria â su notario que los pusiese por sus nombres, y los causaria resistencia, y los deelararia por traidores y comuneros, pues no podian apedillar libertad, sino es apedillando la el. » [lbid. T fol. 170, déposition d'Urban de la Sema.)

* « Y ansi el dicho justicia se quitô de la ventana, porque tiraron â ella muchas pedradas y aîcabuçes. » (Jbid., fol. 170 v*.)

—Oui I oui ! » répondirent-ils 1 . Don Juan de la Nuza retourna auprès du marquis, qu'il ne trouva pas moins opiniâtre dans ses refus. Il lui commanda alors de le suivre au nom du roi et pour le bien du royaume*.

Au moment même où ils allaient sortir, le peuple avait enfoncé la porte à coups de poutre et se précipitait dans les escaliers 3 . Malgré son déchaînement, il respecta d'abord le marquis, qui, placé entre le grand justicier et l'assesseur Torralba, traversa ses rangs sans être outragé ni assailli*. Le cortège, qu'ouvrait l'assesseur Martin Batista de la Nuza 8 , et que fermaient le secrétaire, le maître d'hôtel et le chef de*s serviteurs du marquis, entourés des deux autres lieutenants du grand justicier, s'avança ainsi

* a Y el dicho justifia les dix6 que si le davan la palabra como ca- Inlleros, hidalgos y nombres honrarios, de que, sacando al marques y î'i sus criados, podian ir seguras sus personas ? Y todos con grand o alarido dixeron que si, y que ansi ta promelian. » (Collection Llorenle, vol. XIV, t. III, fol. I7Ï, déposition dUrban de la Serna.)

* « Y el dicho marques no queria venir en ello, hasla que el justifia le lomenço a requérir de parte de Su Magestad, diziendole que ansi convenia a" su real servicio, y al bien y sosiego de aquel reyno. *> [Ibid.)

* « Y luego por «le fuera con una viga rompieron las puertas de la casa, y entro" gran tropel de gente con espadns desnudas, y olros con alcubuzes. » [Ibid., toi. 171 v% et plus loin, fol. 194 v% déposition

. Zorrilla. — Argensola, cap. xxx. p. 86, 87, récit de l'assesseur Torralba. note 2.)

* « Le Hevaron yendo entre el dicho juslicia y este que déclara. »

* Récit de l'assesseur Torralba dans Arçrensola, cap. xxx, p. 87, note 2.

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