‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 114 sur 191 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

a la merci des inquisiteurs et du roi. Philippe II avait eu soin déménagera son aulorité l'appui des députés, des juges et des principaux nobles de l' Aragon, en leur adressant les témoignages de sa satisfaction et de sa bienveillance. Il avait écrit, dans les termes les plus affectueux, au comte d'Aranda et à d'autres personnages 1 , qu'il devait châtier sévèrement plus tard, de seconder avec leurs parents et leurs amis les mesures qu'allait prendre le vice-roi pour assurer l'extradition de Perez. Cette extradition fut fixée au mardi 24 septembre. Gerônimo d'Oro, qui était a la fois membre de la députation permanente et secrétaire du saint-office, écrivit, le 20, à l'inquisiteur Molina : « Le vice-roi a grand espoir que le tout se passera aussi paisiblement qu'on peut le désirer, tant a cause des assurances qu'il a reçues de presque tous les gentilshommes que pour celles qu'il a aussi des paysans du quartier de la Madeleine, lesquels, m'a-t-il dit, se sont fait offrir a lui avec des expressions de repentir, de sorte qu'à la faveur de ces circonstances et des occupations de la vendange, j'ai la confiance la plus fondée que tout s exécutera sans troubles 8 . »

Par suite des arrangements convenus et des me-

1 « Del duque de Villahermosa, del tonde de Aranda, de olros

los mas de Ioj â quien avia escrito el rey agradescimiento. » [Relaciones, p. 154. Voir Llorente, Histoire critique de V inquisition, 1. 111, p. 340.)

* « Tiene el dicho virey grandissima esperança de que a de ser ello con la quielud que se desea, asi por la seguridad que tiene de casi todos los cavalleros, como por la que tiene de los labradores de la

sures arrêtées d'avance, le 23, les inquisiteurs dressèrent un nouveau mandat pour que le justicia mayor et les lieutenants de sa cour eussent a livrer Perez et Mayorini au saint-oifice. Ce mandat était conçu dans les formes ordinaires ; mais les inquisiteurs avaient eu soin d'y ménager la susceptibilité aragonaise, en évitant de prononcer, comme ils l'avaient fait dans le précédent, l'annulation du privilège des Manifestados 1 . il fut porté par le secrétaire Lanceman de Sola, le 24, entre dix et onze heures du matin, au grand justicier, qui était déjà sur son siège entouré de ses cinq lieutenants*. La charge de grand justicier était échue depuis deux jours au fils de don Juan de la Nuza, mort le 22 septembre*. Ce jeune homme, qui portait le même nom que son père, était a peine âgé de vingt-sept ans, et avait plus de résolution que d'expérience*. Il fit appeler aussitôt les députés du royaume d'Aragon et les jurats de la ville de Saragosse pour conférer avec eux de l'exécution du mandat des inquisiteurs.

parroquia de la Madelena, que me ha dicho que se le an ymbiado à* ofrecer reconosciendosc, de manera que con esto y con la ocupacion de la vendimia yo tengo la mejor esperança de que todo se harâ con (|iiielud. » (Collection Llorente, vol. XV, t. V> fol. 119.) ' ibid., vol. XV, t. V, fol. 126.

« « Entre las diez y las onze horas antes de medio dia, estando

juntos en la sala del conscjo don Juan de la Nuça, juslicia de Aragon, » clc. (Relation de Lanceman de Sola, ibid., fol. 127.)

5 « En esta sazon murio don Juan de la Nuza, quarto justicia do Aragon, y cl mismo dia enlro en el magistrado su hijo don Juan, quinto dosle nombre, y fue â 22 de setiembre.» (Argensola, cap. xxxiv, p. 101 .)

* a VA juslicia de Aragon de cdad de veinle y sietc aùos era mozo sin oxporicncia. » [Ibid., rnp. xxxvi, p 10G.)

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