‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 146 sur 191 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

don Martin de la Nuza, qui lavait accompagné en France avec Gil de Mesa 1 . Henri IV lui écrivit, le 26 août, de Lyon : « J'ai eu plaisir de vostre retour en mon royaulme, et je vous dis que vous êtes le bienvenu, et veux que vous soyez reçu comme vous méritez ; et comme je fais estât de me rapprocher de delà dedans peu de jours, je ne vous donneray la peine de passer plus outre, mais je vous prie ray vous entretenir dans ma ville de Rouen, où j'ai sceu que vous vous estes advancé. Et escris présentement a mon cousin le duc de Montpensier qu'il ayt soin de vous, comme je désire que vous croyiés que je l'auray toujours tel que vos vertus méritent. Toutefois, si vous jugés estre vostre meilleur de venir à Paris, je m'en remettray a vous. En ce cas vous y trouverez mon cousin le prince de Conti et le sieur de Schomberg avec ceux de mon conseil, qui vous recueilleront et vous favoriseront comme si j'y estois moy-mesme. Mais je ne veulx finir la présente sans me condouloir avec vous de l'accident survenu au pauvre don Martin, qui a esté tué par un très-grand malheur. Je le regrette grandement; mais, puisqu'il a pieu a Dieu d en disposer ainsi, je vous prie de ne vous en affliger en vous conformant a sa volonté et vous assurer que la mienne ne vous manquera jamais. Je prie Dieu, sieur Perez, qu'il vous ayt en sa sainte garde*. »

4 Memoirs of queen Elizabeth, p. 282.

* Musée britannique, mss. additionnels, n # 4115, p. 143 et 144.

Ferez aima mieux aller au-devant de Henri IV a Paris que de l'attendre k Rouen. 11 y arriva le 10 septembre 1 . On eut pour lui les attentions les plus flatteuses et les plus rassurantes. On lui donna pour résidence une belle maison qui avait appartenu au duc de Mercœur, avec une garde de deux soldats qui furent chargés de veiller nuit et jour a la sûreté de sa personne 2 . Du reste, les précautions dont il fut l'objet n'étaient pas inutiles, car on découvrit alors un autre complot contre sa vie. Des avertissements venus d'Espagne, et transmis au secrétaire d'État Villeroy et au maréchal de la Force, annonçaient que le baron de Pinilla, le même qui avait cherché à prendre Perez a Sallent, était en route avec deux compagnons, dont l'un était un moine biscayen sous un costume de laïque, pour aller tuer Perez 3 . En effet, le baron de Pinilla, qui avait déjà touché six cents ducats d'or pour faire ce coup, était entré dans Paris et avait tout préparé pour fuir après l'avoir exécuté, lorsqu'il fut pris avec l'un de ses complices; le moine parvint a s'échapper. On trouva chez Pinilla deux pistolets chargés de deux balles chacun 4 . Mis a la torture, il avoua tout, et fut exécuté quelques mois plus tard, en place de Grève s .

4 Memoirs of queen Elizabeth, t. I, p. 295.

* Ibid., p. 296.

3 Ibid., p. 282.

* Ibid., p. 282, 299 et 402. — Relaciones, p. 179, 180.

5 a Le vendredi 19 (janvier) l'ut roué un Hespagnol en la place de Grève à Paris, atteint et convaincu d'avoir voulu tuer dom Pcrés, secrétaire du roy d'Espagne, qui dès longtems suivoit la cour : estant

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