‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 156 sur 191 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

le trésor jusqu'au moment où lui seraient entièrement conférés les revenus ecclésiastiques ci-dessus spécifiés 1 ; 4° une gratification de deux mille écus une fois donnés pour s'établir dans le rang de conseiller que venait de lui accorder le roi* ; 5° une garde d'un ou deux soldats suisses pour veiller a la sûreté de sa personne, toujours menacée par la persécution du roi Philippe II 3 ; 0° la délivrance de sa femme, de ses enfants, et la restitution de ses biens, en cas de paix entre les couronnes de France et d'Espagne 4 . Henri IV accepta ces articles, qui furent signés en son nom, le 13 janvier, par le secrétaire d'État Villeroy, et garantis, le 18, par le connétable de Montmorency, conformément aux désirs de Perez 5 .

1 « Que hasta tanto que se eomplierc la diclia cantidad de renia, aunque se le dé alguna parte délia, se continue la pension de quatro mill escudos que agora tiene, mandando que se consignen en parle que con eflecto los cobre. Que demas deslo entre afio hasla que se le haya hecho la mereed de renta ecclesiaslica diclia se le den dos mill escudos de ayuda de costa cada ano en avisos de gracias que el terna cuydadode buscar. » {Copia, etc.)

* « Que por estar agora tan gastado y para componerse en el grado de criado y consejero conque le ha querido Su Magestad honrrar, se le den dos mill escudos de ajuda de costa al présente. » (ibid.)

5 « Que eonsiderando el gran peligro que corre su vida por la persecucion dcl rey de Espaîia contra su persona, se le dé alguno 6 algunos Suycios de los de la guarda de Su Magestad, para su seguridad y respecto del que maquinare contra el. » [Ibid., ms., Bélhune, vol. n* 9141, fol. 3.)

* « Que sy viniese a tratar de pazes entre esta corona y la de Espana, Su Magestad procure la redencion de su muger y hijos. » (Ibid.)

% a M. le connétable... luy offre de s'employer volontiers de tout

Fortement prononcé en toute occasion pour l'alliance étroite entre la France et l'Angleterre, Perez avait tour à tour cherché a y ramener celle de ces deux puissances qui semblait s'en écarter. Un jour même il avait dit a Henri IV, en présence de Villeroy, ancien ministre du duc de Mayenne, et soupçonné d'être aux gages de Philippe II, qu'il n'y avait que des insensés qui pussent lui conseiller de traiter avec l'Espagne 1 . Sa nouvelle position le disposa encore davantage a insister pour le maintien de l'union entre l'Angleterre et la France. 11 voyait Henri IV, mécontent de la molle exécution du dernier traité conclu avec Elisabeth, prêter l'oreille aux propositions de paix du légat, qui avait envoyé dans le même but le général des cordeliers, Calatigirone, a Philippe II. Afin de prévenir cet arrangement, qui aurait été si pénible a sa haine, il lit offrir sa propre médiation entre l'Angleterre et la France, dans les premiers jours de mars 1597. 11 chargea Naunton, agent du comte d'Essex a Paris, d'écrire au comte qu'il se hâtât, tout délai étant, selon lui, plein de dangers, au milieu d'une semblable crise*. Mais ce que Tanimosité et la prudence de Perez voulaient

son pouvoir en toutes ses affaires et à toutes occasions, et d'apporter tout ce qui dépendra de sa prière et sollicitation, soit envers Sa Majesté et ceux de son conseil , pour l'accomplissement des présents articles. En foy de quoy il a signé la présente réponse, à Ruan, le 18 janvier 1597. » (Copia, etc.)

* Memoirs of queen Elizabeth, t. I, p. 432.

* « And this to be done with ail possible expédition, delays being full of danger in sucb a crisis. » (Ibid.. t. II, p. 294.)

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