CHAPITRE VIII
il lit le malade 1 , ne sortit plus de sa chambre, et se servit deGildeMesa et de l'Italien Marenco pour porter ses messages et ses plaintes a son ami le connétable, qui lui donnait de bonnes paroles, a sa protectrice la sœur du roi, qui lui conservait toujours de l'intérêt, au roi lui-même, qui, tout en restant silencieux, ne voulut point cesser de paraître bienveillant*. Perez joua cette comédie pendant les mois de novembre et décembre 1597. Vers la fin de ce dernier mois, Naunton, racontant au comte d'Essex une conversation qu'il avait eue avec Perez, lui écrivait : « 11 se plaignit des variations et des fluctuations du roi, de la mobilité de ses conseils, de l'inconstance de ses affections, de ses changements de résolution, enfin de sa persévérance à faire toutes choses à demi*. »
Cependant, au mois de janvier de Tannée suivante, lorsqu'il n'y eut plus de doute sur les négociations avec l'Espagne, lorsque MM. de Bellièvre et de Sillery furent près de partir avec leurs instructions pour Vervins, Perez voulut au moins profiter d'une paix qu'il n'était pas parvenu a empêcher, et il sol-
al senor Gil de Mesa para hablar al sertir condestable t ms. Béthune, vol. n'9141, fol. 14 et 45.)
1 An historical view, p. 79.
* Ibid.
s « From Uns particular lie arose lo the gênerai of the king's vacillations and fluctuations, as he termed thcm, of his uncertainness in hiscounsels, hisunconstancy in his affections, his palinodizing in his resolutions, in a word his perseveralion only in doing ail things à demi.» (An historical view, p. 97.)
licita le roi de le comprendre dans le traité : « Je supplie Votre Majesté, lui écrivit-il, de se rappeler ce que, dans sa grandeur et sa bonté, elle m'a offert par un des articles qu'a signés M. de Villeroy, touchant la délivrance de ma femme, de mes enfants, et la restitution de mes biens \ . . L'heure et l'occasion sont arrivées pour Votre Majesté de montrer sa compassion naturelle dans un des cas les plus dignes de pitié de ce siècle, en accomplissement de sa royale parole*... Votre Majesté fera une œuvre agréable au ciel et glorieuse pour elle devant le monde... Sans cela, le roi d'Kspagne penserait que ces articles et promesses n'ont été qu'une vaine cérémonie, et il y verrait comme l'autorisation de consommer, en toule sécurité, ma ruine 8 . » Il prévenait en même temps Henri IV qu'il avait reçu d'Espagne l'avis que le roi catholique devait proposer, dans le traité, un article en faveur du duc d'Aumale, qui s'était réfugié à Bruxelles au moment où
1 « Supplico à Vuestra Magestad se aeuerde de lo que por su grandeza y benignidad me tiene offrcscido in uno de aquellos articulos decrctados por mano de M. de Villaroel, tocante à* la redencion de mi muger y hijos, y a la restitucion de mis bienes... » (Car tas , p. 572.)
* a Ya es llegada la hora y conjuntura di mostrar Vuesta Magestad su natural de piedad en el caso mas piadoso destos siglos, en el cumplimiento de su palabra real... Havrâ Vuestra Magestad hecho una obra en gracia del cielo, en gloria suya con las gentes, en merito para con Dios. » (Ibid., p. 574.)
5 « Porque el rey de Espaùa pensaria que aquellos articulos y promessas avian sido ceremonia ; y lo recibiria como por seguro y permission de la execucion di mi perdicion. » (Ibùl., p. 573.)