‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 19 sur 191 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

entrer dans les conseils d' Espagne, y fortifier le parti du marquis de los Vêlez, du cardinal Quiroga, de Perez, et, d'accord avec ce parti, conduire les affaires de la monarchie. Aussi Escovedo ajoutait quatre jours après, dans une lettre adressée a Perez le 7 février : « Si vous pouvez nous rappeler en cour, sachez bien que nous en sommes venus à trouver que c'est ce qu'il y a de mieux à faire, et que nous nous y rendrons disposés a agir. Vous, pour ce qui vous concerne, veillez a obtenir ce résultat, et soyez sûr que, si vous parvenez a grouper a la cour Son Altesse, los Vêlez, Sesa 1 , avec Antonio et Juan pour acolytes, notre avis ne pourra manquer de prévaloir dans le conseil. Ce plan ménagé de loin, en y associant qui on pourra regarder comme un bon soutien, réussira, n'en ayez aucun doute. Dans les bonnes occasions que vous et Vêlez aurez de déplorer le trop de travail du roi et de reconnaître la nécessité de veiller à sa santé, d'où dépend le salut de la chrétienté, j'irais jusqu'à dire, sans plus de détour, que, par cette raison et attendu l'extrême jeunesse du prince son fils, il serait bon qu'il eût a qui faire porter le fardeau, et qu'après avoir apprécié la sagacité, la prudence et la fidélité que Son Altesse a déployées dans ces affaires-ci, il semble qu'il est le personnage a qui ce poste revient, et celui que, comme dit l'Écriture, Dieu a voulu, en récompense

1 Le duc de Sesa étail l'un des membres les plus influents du conseil de la guerre.

de la piété du roi, lui donner pour bâton de vieillesse 1 . »

Escovedo insistait auprès de Perez pour faire agréer au roi le départ de don Juan, de peur qu'il ne succombât a quelque grave maladie que faisaient redouter sa constitution délicate et l'état d'exaltation où l'avait jeté la ruine de ses espérances. « Je tremble, disait-il, qu'il ne nous laisse ici-bas a notre

bonne étoile, ou plutôt a notre mauvaise Si ce

malheur nous arrivait, adieu la cour, adieu le monde; il y a des montagnes autour de Saint-Sébastien et de Santander. C'est la que je veux m'aller mettre, plutôt au milieu des bêtes fauves que parmi les courtisans. Soutenons donc et conservons celui qui nous conserve, et plaçons-le où il pourra trouver satisfaction 4 . »

* « ... Vueslra Merced nos puede acer eorlesanos. Scpa que hemos llëgado a conocer que cslo es lo que ace al caso y que andaremos vestidos largos. Vuestra Merced, por lo que le ba, se desbele en encaininarlo ; que si acierla a estar ay Su Alleça y el de los Bêlez y Sesa, y por acolylos Antonio y Joan, créa cicrto que baldra nucstro parecer en el consejo, y esta platica tomada de lexos, y prebcnido délia a quien estuvierc cierto que ayudara, saldra sin duda. Yo, sin mas pcnsar, diria, en la buenas ocasiones que V. M. y Bêlez lernan, cerca dd doierse del trabajo de Su Magcstad y cuanla neccsidad ay de mirar por su salud, pues dépende délia crisliandad, que para eslo, ya quel principe Nuestro Sefior es nino, conbendria que tuviese con quien descargar, que aviendo vislo que con sagacidad, prudencia, y cordura Su Alleça se a gobernado en estos negocios, parece ques sugelo en quien cave este lugar y que, conio dicc la Escrilura, fue Dios scrvido, por su crisliandad, de darsele por baculo de su bexes. » (7 février 1577. Escovedo à Perez, nis. de la Haye, fol. 12 à 16.)

* a Que, lo lemo, lia de dexarnos hir a buenas noches, facihnenle digo a malas... y si nuestra desventura fuere tal, adios corte, adios

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