‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 38 sur 191 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

amis, fils du capitaine Juan Rubio , gouverneur de la principauté de Melfi et ancien majordome de Perez, lequel fils, après avoir été page de dona Juana Coëllo, était marmiton dans les cuisines du roi, se liât d'amitié avec le cuisinier du secrétaire Escovedo, qu'il voyait tous les matins. Or, comme on préparait pour le malade un potage a part, ce marmiton, profitant d'un moment où il n'était pas vu, jeta dedans la valeur d'un dé d'une poudre que Diego Martinezlui avait donnée. Quand le secrétaire Escovedo eut pris de cette nourriture, il se trouva qu'elle contenait du poison. On arrêta par suite une esclave d'Escovedo qui devait avoir été chargée de préparer le potage, et, sur cet indice, on la pendit sur la place de Madrid sans qu'elle fût coupable 1 .

« Le secrétaire Escovedo ayant échappé a toutes ces trames, Antonio Perez prit un autre parti : ce fut que nous le fissions mourir un soir à coups de pistolet, de stylet ou d'estocade, et cela sans retard. Je m'en allai donc dans mon pays pour y chercher un de mes amis intimes et un stylet a lame trèsmince, arme qui vaut mieux qu'un pistolet pour tuer un homme. Je partis en poste et Ton me donna des lettres de change de Lorenzo Spinola de Gênes,

4 « Ech6 en ella un dedal de ciertos polvos, que el dicho Diego Martinez le havia dado : y comido cl secretario Escobedo de la holla, hallaron que ténia tosigo, por la quai vinieron à premier â una esclava de Escobedo, que debia de ser la que ténia à* cargo el aderezar la holla, y asi se sospecbô* que ella lo havia hecho, y con esto indicio la ahorcaron en la plaza de Madrid sin culpa. (Proce80 t ms.)

pour toucher a Barcelone quelque argent que je reçus en effet en y arrivant. »

Ici, Enriquez raconte qu'il fit entrer dans le complot un de ses frères nommé Miguel Bosque, auquel il promit une somme en or et la bienveillance de Ferez 1 ; qu'ils arrivèrent à Madrid le jour même où l'on pendait l'esclave d'Escovedo*; que, durant son absence, Diego Martinez avait fait venir d'Aragon, pour le même objet, deux hommes d'exécution appelés Juan de Mesa et Insausti; que, le lendemain même de son arrivée. Diego Martinez les avait réunis tous les quatre, ainsi que le marmiton Juan Rubio, hors de Madrid, pour convenir des moyens et du moment du meurtre; qu'ils étaient tombés d'accord a cet égard, et que Diego Martinez leur avait procuré une épée large et cannelée jusqu'à la pointe pour tuer Escovedo, et les avait tous armés de dagues; qu'Antonio Perez était allé, pendant ce temps, passer la semaine sainte à'Alcala 3 , dans l'intention, sans doute, de détourner de lui les soupçons lorsqu'on apprendrait la mort d'Escovedo. Puis Antonio Enriquez ajoute :

« Il demeura convenu que, chaque soir, nous nous

' « Y se concierto con un medio hermano suyo, que se llatiiaba Miguel Bosque, para hacer )a dicha muerte, ofrcciendolc para la buelta ciertos escudos de oro y mas la amislad que grangearia de Antonio Perez. » (Proce&o, ms.)

* « Y el mismo dia que llegaron, ahorcaron à la esclava de Escobedo. » (Ibid.)

3 « En eslc liempo se lue cl sccrclario Antonio Perez a Alcala la semant sauta. » (Ibid.)

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