‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 5 sur 191 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

« Le marquis de los Vêlez, don Pedro Fajardo, raayordome mayor de la reine, est un homme réservé, taciturne, qui fait profession de se conduire avec prudence et de connaître assez bien les affaires d'État; il est d'un caractère retiré, conforme a l'humeur du roi, qui se sert beaucoup de lui 1 .

« L'archevêque de Tolède (don Gaspard de Quiroga) est le chef de la faction dominante. 11 est d'une humeur joyeuse et d'un caractère doux ; il est prompt dans son langage, mais il a d'excellentes intentions, et tout le monde le considère comme un homme de bien. On voit que le roi l'aime et se sert de lui ; il dispose de beaucoup de pouvoir*.

« Antonio Perez, secrétaire d'Etat, est élève de Buy Gomez. 11 est très-discret, aimable, de beaucoup d'autorité et de savoir. Par ses manières agréables il va tempérant et déguisant beaucoup de dégoûts que donneraient aux personnes la lenteur et la lcsinerie du roi. C'est par ses mains que passent toutes les affaires d'Italie et aussi celles de Flandre, depuis que ce pays est gouverné par don Juan, qui le pousse fort en avant, ce que font encore plus l'archevêque de Tolède et le marquis de los Vêlez. Il est si adroit et si capable, qu'il doit devenir principal ministre du roi. 11 est maigre, d'une santé faible, assez désordonné et ami de ses avantages et de ses plaisirs.

fortuna, non si parle mai ciel rc c à capo délia fattione contraria air arcivescovo di Tolelo. » (Relaziove délie cote di Spagnn. fol. 277 rV

4 Ibid., fol. 277 v\

J Ifttrf., fol. 279 r°.

11 tient a ce qu'on fasse état de lui et à ce qu'on lui offre des présents 1 . »

Enfin il dit de don Juan : « Il suit le parti de l'archevêque de Tolède et d'Antonio Perez*. »

Perez était alors âgé de trente-six ans. Fils naturel de Gonzalo Perez, longtemps secrétaire d'État de Charles-Quint et de Philippe II, il avait été légitimé par un diplôme de l'Empereur 3 et appelé aux affaires de bonne heure. A la mort de son père, arrivée en 1567, Antonio l'avait remplacé comme ministre 4 . Il était, avec Zayas, l'un des deux secrétaires du conseil d'État, et se trouvait chargé principalement du Despacho université c'esl-a-dire du contre-seing et des ordres du roi. Les théories de la politique italienne, qui n'étaient, du reste, que trop conformes

1 « Antonio Perez, scerelario e alievo dn Ruy Gomez, è persona discretissima, genlile, di molta creanza e sapere, il quale con la sua dok-e maniera và temperando, e coprendo molli disgusti, chc dariano aile persone la lunghezza e scarsita dcl re ; e per mano di questo passano tutti i negotii di slato d'Italia, e hà nnco in mano quelli di Fiandra dopoi che govcrna don Giovanni, che '1 porta molto avanli, ma più di tutti l'arcivcscovo di Tolcto e il niarchesc di los Vêles, e è tanlo accorto e sufficiente ch' è per venire il principal ministro che habbia il re. È persona macilente, di non molta sanilà, assai disordinato e amicissimo de suoi commodi e piaceri, et hà caro d' esserc stimalo e presentato. » [Relazione délie cône di Spagna, fol. 278 r\)

* « Seguita la parte deU* arcivescovo di Toleto et di don Antonio Perez. » (lbid. t fol. 277 r*.)

5 Ce diplôme est daté de Valladolid, 14 avril 1542. (Llorente, //»*toire critique de l'Inquisition, Paris, 1817, t. III, p. 368.)

* « Hecho en Madrid, a 17 julio 1567, con cien mil maravedis de sahirio al ano; en alencion à* suficiencia habilidad y fidelidad. » (Archivo gênerai de Simancas; quitaciones de Corte, leg* n* 8, articulo Antonio Perez.)

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