‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 53 sur 191 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

princesse, sans posséder aucune preuve dont il pût faire judiciairement usage. Il répondit donc au président de Castille : « Seigneur, puisqu'il en est ainsi, je donne ma parole pour moi, mon frère et ma mère, de ne plus parler de cette mort contre l'un ni contre l'autre 1 . »

Don Antonio Pazos appela ensuite Matheo Vasquez, et lui dit assez sévèrement que, n'étant tenu de poursuivre les meurtriers d'Escovedo. ni par ses fonctions, ni par aucune obligation qu'il eût au mort, et, de plus, étant prêtre, sa sollicitude semblait fort suspecte : « Abstenez-vous donc, ajoutat-il, car l'affaire est bien différente de ce que vous supposez 4 . » Mais Matheo Vasquez ne s'abstint pas. A défaut des fils d'Escovedo, il suscita un autre parent, qui continua a presser le roi de faire justice de ce meurtre. Philippe II fut extrêmement importuné de ces suppliques, qu'Antonio Pazos parvint à écarter 3 , et dont les tribunaux ne furent saisis que dix ans après. I/altière princesse d'Eboli se plaignit vivement k lui de la hardiesse offensante avec laquelle on ne craignait pas de la nommer et de l'accuser : « Votre Majesté, lui écrivit-elle, voudra bien se rappeler que j'ai porté a sa connaissance ce que

4 « Senor, pues asycs, yo doy mi palabra por mi, pormi hermano y por mi madré de no hablar mas en esta muerle, ny contra el uno, ny contra el otro. » (Relaciones, p. 14.)

* « Reporta os, que es muy différente negocio del que pensays. » (/6»'4.,p. 14.)

8 Voir l'appcndix J.

je savais avoir été dit par Matheo Vasquez et son monde, que ceux qui mettaient le pied dans ma maison perdaient vos bonnes grâces 1 . Je sais que, depuis, ils sont encore allés plus loin, jusqu'à dire, par exemple, que Perez avait tué Escovedo à cause de moi*, et qu'il a de telles obligations a ma maison, qu'il fallait bien qu'il le fit quand on le lui demandait. Puisque ces gens-là sont si osés, puisqu'ils en sont venus à un tel point de hardiesse et d'irrévérence, Votre Majesté est, en sa qualité de roi et de gentilhomme, obligée à en faire un tel exemple, que le bruit en parvienne partout où l'injure aura été connue. Si Votre Majesté ne l'entendait pas ainsi, et voulait que le crédit de ma maison se perdît avec la fortune de mes aïeux et la faveur bien gagnée du prince mon mari; si elle payait leurs services d'un tel retour et d'une pareille récompense, j'aurais du moins accompli, en vous parlant comme je le fais, ce que je dois à ce que je suis. Je supplie Votre Majesté de me renvoyer cette lettre, ce que je dis n'étant que pour un gentilhomme à la discrétion duquel je le confie, avec tout le ressentiment de l'offense éprouvée 3 . »

1 «... Lo que avia cntendido, que dezia Matheo Vasquez, y los suyos que perdian la gracia de Vuestra Magestad los que entravan en mi casa. » (Relaciones, p. 24.)

3 « Despues desto hé sabido que han pasado mas adelante, como a dezir que Antonio Perez maté a Escobedo par mi respecto. » (Ibid.)

3 « ... Con aver dicho yo esto, me havre descargado con Vuestra Magestad de la salisfaccion que devo a quien soy . Y suppHco à Vuestra Magestad me buelva este papel, pues lo que h£ dicho en el es como â

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