CHAPITRE IV
rent données, si mieux il n'aime payer pour chacune d'elles trois cents ducats, réserve faite audit Perez de son recours contre ladite princesse pour la compensation qu'il prétend lui en avoir donnée; item. deux diamants de prix, qu'il paraît avoir reçus de ladite princesse, a moins qu'il ne paye en échange deux cents ducats ; item, quatre pièces d'argenterie provenant de la vente du comte de Galvez, et qu'il a reçues de ladite princesse, telles et aussi bonnes qu'au temps où elles lui furent données, a moins qu'il ne paye pour elles quarante-quatre mille trois cent soixante-dix maravédis; item, unebaguemontée d'un grenat, qu'il a reçue de ladite princesse, a moins qu'il ne paye pour elle cent quatre-vingt-dixhuit mille sept cent cinquante maravédis, atin que toutes les sommes et objets susdits soient remis et livrés aux enfants et héritiers du prince Ruy Gtfmez, ou par eux k qui il appartiendra; item, un brasier d'argent, qu'il a reçu du sérénissime seigneur don Juan d'Autriche, tel et aussi bon qu'au temps où il lui fut donné, a moins de payer en échange sept cents ducats, et, pour diverses autres charges et transgressions résultant de l'enquête et par ellè constatées, sept millions trois cent soixante et onze mille quatre-vingt-dix-huit maravédis, le tout revenant à la chambre et au fisc de Sa Majesté 1 . »
Perez se plaint amèrement de cette sentence, sans, toutefois, se justifier des faits qui lui étaient
1 a Aplicado todo por la caméra y fisco de Sn Magestad. » (Praceso, ms.)
imputés, car il se borne, dans ses Relacioms, à prouver la validité d'un don pour lequel il n'était pas poursuivi, et qui ne figure point dans la condamnation 1 . Trois jours avant qu elle fût portée, et pour qu'il n'essayât point de s'y soustraire, les deux alcades Alvaro Garcia de Toledo et Espinosa se présentèrent dans la maison où il était en demicaptivité, et qui touchait presque a l'église de Saint- Just. L'alcade Espinosa entra dans le bureau où étaient les papiers pour s'en emparer, et Alvaro Garcia de Toledo monta dans une grande pièce où Perez se trouvait avec dona Juana Coëllo*. Il lui lit part de ses ordres et l'arrêta. Perez conçut aussitôt le dessein de se placer sous la protection de la justice ecclésiastique, et il envoya adroitement un de ses serviteurs consulter a cet égard le cardinal de Tolède. En attendant son retour, il amusa l'alcade. Le cardinal ayant approuvé son projet, et le serviteur qu'il avait dépêché auprès de lui l'ayant fait comprendre par signe à Perez, en présence même
1 Madones, p. 42, 45.
4 a El dia 20 de henero del niîo 1585, como da fê de ello Gaspar deLopez, escribano del crimen... prendieron â Antonio Perez... los alcaldes Albaro Garcia de Toledo y Hespinosa ; y se eonccrtaron que el alcaldc Hespinosa se quedasse en cl patio de la casa donde vivia Antonio Perez, adonde estaban los papeles, y lostomasse; y el alcaldc Albaro Garcia de Toledo subicsse arriba, y prendiesse al dicbo, que en junto a San Justo en las casas del cordon que son del conde do Puîionrostro. Y aviendo Uegado â la casa, el dicbo alcalde Hespinosa eut ro en el escritorio donde estaban los papeles ; y el dicho alcalde, Albaro Garcia de Toledo subiô arriba â prender k Antonio Perez y le ballo con dona Juana Coëllo su muger en una sala grande que tenia una chimenea ; y le prendio\ » (Proceso, ms.)