‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 71 sur 191 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Balthasar de Alamos 1 , fut découvert et déjoué. On garda plus étroitement Ferez. Afin même de le contraindre à livrer les papiers qu'il avait mis en sûreté et qui pouvaient le justifier en accusant le roi, on enferma aussi sa femme et ses enfants. On menaça dona Juana Coëllo d une détention perpétuelle, avec quelques onces de pain par jour, si elle ne livrait pas les papiers demandés. Le confesseur du roi et le comte de Barajas, qui avait remplacé dans la présidence du conseil de Castille Antonio Pazos, la poursuivirent a ce sujet de leurs instances et de leurs menaces. Elle aurait refusé avec une constance courageuse de se dessaisir ainsi des moyens de justification de son mari, si celui-ci ne lui en eût donné l'ordre par un billet écrit de sa main et avec son sang*. Après avoir longtemps résisté, Perez le fit pour mettre un terme k la captivité de sa femme et pour adoucir la sienne 8 . Deux malles fermées et scellées, qui renfermaient les papiers si ardemment désirés, furent portées au confesseur, lequel, sans les ouvrir, en envoya immédiatement les clefs au roi*. Ce précieux dépôt fut reçu avec d'autant plus

1 Balthasar de Alamos fut condamne pour cela à six années de bannissement. {Proceso, ms.)

* Voir tous ces détails dans les Relaciones, p. 57, 58. « Doua Juana con el valor que ha mostrado al mundo en cl discurso de los trabajos de su marido, y su vos... dexava de entregar los laies papeles pues en el tal entrego faltava â la ley divina y humana... sino fuera porque el marido le escriviô y ordeno* que los entregasse por villetes escritos de su mano y sangre. » (P 58.)

3 Relaciones, p. 58.

* « Pues mas pass6, que recibiô el confessor los dos baules eernr

de joie, que le maître crut avoir privé le serviteur des moyens de l'accuser et de se défendre. Mais, aussi astucieux que Philippe II, Perez sut parvenir, a l'aide de mains fidèles et intelligentes 1 , à détacher des papiers qu'il livra les pièces les plus importantes pour sa justilication et beaucoup de billets de la main du roi, qu'il produisit plus tard devanl la justice d'Aragon.

Lorsque les papiers eurent été remis, vers la fin de 1585, la captivité de Perez fut adoucie. Il était tombé malade a Turruegano, et dona Juana Coëllo obtint qu'il fût transporté à Madrid, où il jouit de nouveau, pendant quatorze mois, d'une demi-liberté dans une des maisons les meilleures de la ville, et y reçut les visites de toute la cour*. La permission même d'assister aux oflices de la semaine sainte a Notre-Dame d'Atocha lui fut accordée. Les traitements contradictoires dont il était l'objet étonnaient

dos y sellados como se los embiava dona Juana, sin abrir los, ny ver loque le cntrcgavan... no quis<5 rccibir las llaves de los baules el confessor, sino que ordcno al criado, que se los avia entregado, que luego fuessc el mismo â darlas al rey en sus manos. » (Relacionea, p. 59. Les deux lettres adressées par le confesseur à la femme de Perez à ce sujet se trouvent dans le ms. de la Haye, fol. 104 à 106.)

1 Ce fut par l'entremise de Diego Martinez que les papiers lurent portés et tries. « Fue le preguntado, que papeles y escrituras tenian en aquellos baules que llevô al confessor del rey? Dix6 que no lo sabia ; mas que su ama dofia Juana Coëllo se los mandé llcvar a buen rccado. » [Proceto, ms., confession de Diego Martinez.)

* « Traydo A la corte â una de las mejores casas de Madrid, alli estuvo catorze meses medio preso. Visitavale libremente casi toda la corte, grandes senores, y de todos grados de ministros. » (Relaeiones, p. 60,61.)

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