‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 74 sur 191 · CHAPITRE IV m · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV m

et qu'il trouve bon accueil chez Vasquez pour tout ce qui est contre le droit. En attendant, le pauvre Martinez achève de succomber misérablement sous leurs coups. Par la passion de Notre-Seigneur, je supplie mille fois Votre Majesté de se laisser toucher en notre faveur, de prendre en pitié notre innocence, ainsi que la fidélité et les loyaux services de moi, de mon père et de mes aïeux. Qu'elle ait compassion d'un pauvre serviteur déchu, et qu'elle soit le juge qui fasse justice a tous. Je dis, sire, en me donnant au moins un aviron a manœuvrer pour son service, afin que le monde ne croie pas que, si j'ai été dépouillé de tout ce que je possédais, ce fût en réparation d une infidélité qui n'a jamais été en moi... Pour l'amour de Dieu, sire, que Votre Majesté nous vienne en aide par quelque témoignage de sa bonté ; nous en avons besoin autant que de la vie. La créature de Votre Majesté, Antonio Perez 1 .»

Loin de se laisser émouvoir aux angoisses et aux supplications de Perez, Philippe II remit sa lettre et toutes celles qu'il lui écrivit a cette époque a Rodrigo Vasquez, comme pièces de la procédure*. Celui-ci

1 « Por las llagas de Christo mill veces supplico â V. M. se duela de nosolros, y se apiade de nuestra innocencia, y de la lidelidad, y leales servicios de esta persona, padre y abuelos, y se duela V. M. de este

abatido, y sea juez, y el que salisfaga al mundo Digo, Sefior, cou

un remo si quicra de su servicio, porque no piense el mundo que tal privacion de lodo lo que se poseia, con taies denionslraciones, fue

por infidelidad mm, pues no la tube jamas Asi por amor de Dios,

Sefior, nos socorra con alguna senal de la gracia de V. Magestad que esta he menester, y vida. Hechura de V. Magestad. » (Proceso, ms.)

* « Todas estas cartas que escrimY» Antonio Perez a* Su Magestad, se

m ANTONIO PKREZ KT PHILIPPK II

continua l'instruction dont il était chargé, sans parvenir, toutefois, a autre chose qu'a des ouï-dire ou à des conjectures sur la culpabilité de Perez. Les témoignages qu'il recueillit fortiliaient la déposition d'Antonio Enriquez, mais ne lui servaient pas de supplément légal. Ils formaient une espèce de clameur publique, mais ils ne procuraient point une certitude judiciaire. Cependant Rodrigo Vasquez les considéra comme suffisants pour donner au procès un nouveau caractère, le faire sortir des ténèbres de l'enquête mystérieuse poursuivie depuis sept ans et y envelopper hardiment Perez. Le 21 août 1589, il fît visiter la prison qu'occupait Perez dans les bâtiments de don Benito de Cisneros pour savoir si elle était sûre et bien gardée 1 . Ayant appris que l'appartement où était enfermé le prisonnier se composait de seize pièces, que les deux alguazils, Erizo et Zamora, chargés de sa garde, ne pouvaient pas suffisamment surveiller; qu'il y avait, dans sa partie postérieure, deux portes qui ne fermaient pas et par où on entrait et sortait pendant la nuit ; qu'on avait même vu Perez se promener en plein jour dans les rues, et sans garde, il demanda au comte de

las enlreg<5 â Rodrigo Vasquez de Arce Su Magestad, y cl las pusô en cl pleilo. w [Proceso, ms )

* « Y en 21 de agosto del dicho aflo de 1589, el dicho présidente Rodrigo Vasquez hiz6 hacer visita de la prision que tiene Antonio Perez en las casas de don Benito de Çisneros, si es segura y guardada* sin puertas, ni vcnlanas por donde se pueda salir ni visilar su muger. ohijos, ni otias personas. » (Ibtd.)

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