CHAPITRE IV
cours 1 . Elle essuya d'abord un relus, et, comme elle ne cessa point d'insister, elle finit par être admise auprès de son mari au commencement d'avril*. C'est alors que Perez combina habilement ses moyens d'évasion. 11 parut plus que jamais accablé par le mal. Le soir du mercredi saint, 20 avril, vers neuf heures, ayant pris un vêtement et une mante de sa femme, il passa, sous ce déguisement, à travers les gardes et sortit de sa prison \ Au dehors l'attendait un de ses amis 4 , et plus loin se tenait l'enseigne Gil de Mesa avec des chevaux tout prêts pour le transporter en Aragon 8 . A peine avaient-ils fait quelques pas dans la rue avant de joindre Gil de Mesa, qu'ils rencontrèrent des gens de justice faisant la ronde. Sans se troubler, l'ami de Perez s'arrêta et causa avec eux, tandis que Perez restait silencieusement etrespectueusement derrière lui, comme un domestique 8 . Ce danger heureusement passé, Perez parvint bientôt auprès de Gil de Mesa, monta a cheval
' u Diô pelicioncs, pidicndo se le (liesse licencia â cllu y à sus liijos para curai" â su marido, por eslar muy apretado de su salud, como cous! a de la relacion de los medicos. i> (Procesoy ms.)
* Ibid.
* « Anloniu Perez quebranto la carcel, y se huyô, saliendo délia veslido de muger con nianto, y de noclie; entendiendo las guardias que cra su muger, saliô por en medio délias. » (Ibid )
* « Saliô... cl micrcoles santo â las nueve de la noclie. y con amigo isnlo. » [Relaciones, p. 85.)
5 « Gil de Mesa avia ydo esperar con los cavallos. » [Ibtd.)
0 «t Toparon en la calle con la justicia, y passaron, y con tan buena mafia del amigo, que hablô con la justicia estando Antonio Pcrei detras, como criado suyo. » (J6id., p. 85.)
avec lui, et, suivi par un Génois nommé Giovanni Francesco Mayorini 1 , il courut la poste pendant trente lieues d'Espagne sans s'arrêter, et mit enfin le pied en Aragon, où l'attendait l'appui d'une justice impartiale, au milieu d'un peuple que ses privilèges rendaient fort indépendant, et que son indépendance avait laissé lier et brave.
1 a Este fuc Juan Francisco Mayorini un Ginovcs, porque causasse setïunda vez los cavallos y no liallassen la persecucion y el corriinienlo que avian de partir tras cl en que correr como succdiô. j> (Relacione*, p. 85, 92.)