‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 82 sur 191 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

sidérables s'écria même avec indignation : « Les trahisons de sujet a souveraia sont communes; mais jamais trahison pareille de souverain a sujet ne s'est vue 1 . » Le prédicateur de la cour dit même en pleine chapelle : «Hommes, après quoi courez-vous ainsi tout effarés et la bouche béante*? Vous ne voyez pas le désenchantement ? Vous ne voyez pas le péril dans lequel vous vivez? Vous n'avez pas vu hier tel homme au pinacle qui est aujourd'hui a la torture? Et ne sait-on pas pourquoi il y a tant d'années qu'on le martyrise? Que souhaitez-vous donc, et qu espérez-vousencojre? »

Quant a Perez, laissé par ses juges et par le bourreau, meurtri, brisé, il était en proie a la fièvre et a une inquiétude d'esprit plus cuisante encore que la fièvre. 11 apercevait clairement le sort qu'on lui réservait, la mort après la torture. Il savait que Vasquez avait dit au roi que Perez, privé de ses papiers, ne pourrait plus se justifier*, et que sa conduite comme sa déclaration demeurerait entachée de fourberie. Vasquez entendait de nouveaux témoins *, et dirigeait ses recherches de manière à prouver de

1 a Trayciones de vasallos â reyes mucbas se lian visto, pero de rey a vasallo nunca tal. » [Rclaeiones, p. 80.)

* « Hombres, Iras quicn os andays desvancscidos, y bocabicrtos ? No veys cl desengano? No veys el peligro en que bivis? No le vcys? No le vistcs aycr en la cumbre, y oy en cl tormento? Y no se sabe porque ay lantos anos que le affligen ? Que buscays ? que csperays ? » (/ id., p. 81.)

5 a No ténia conque provarlos, aviendoselc quilado sus papoles. » (/6rrf. f p. 80.)

C'est alors qu'il entendit Bartholomc de la Era, Andréa de Mor^

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plus en plus que le meurtre d'Escovedo avait eu pour cause l'intimité criminelle de Perez et de la princesse d'Eboli, et à faire retomber encore sur Perez la mort de l'astrologue Pedro de la Era et de récuyer Rodrigo Morgado. Dans cette extrémité, Perez songea plus que jamais à se dérober par la fuite au supplice ignominieux qui l'attendait. Mais comment y parvenir? 11 était perclus des deux bras, malade, seul, étroitement gardé. Il demanda, le 27 février, qu'on laissât arriver auprès de lui ses serviteurs habituels pour le soigner dans sa maladie 1 . Le docteur Torres, qui vint alors le visiter comme médecin, attesta qu'il l'avait trouvé en grande fièvre, avec péril de la vie, si on ne le soulageait \ Le 2 mars on autorisa un page, choisi par Juana Coëllo, dont la grossesse avancée ne rendait pas le dévouement moins actif, a le servir en prison, sous la condition de ne plus ni sortir, ni rentrer, ni parler a personne 8 . La maladie s'aggravant ou paraissant s'aggraver, dona Juana Coëllo demanda, vers le milieu de mars, qu'on permît à elle et a ses enfants d'assister Perez, alin qu'il ne mourût pas sans sc-

gado, doua Isabel de Aguilar, don Lorcnzo Telles île Silva, marquis de la Fabara. (Proceso, nis.)

* « Por eslar muy raalo pidio que se le dicsse licencia à* que entrasse â curarlc los criados que solian, y ê servirle por estar tullido de los brazos. » (Ibid.)

4 a Y el mismo dia diô una ceiïificacion cl doctor Torres, medico, que déclara le hallô con muelia calcnlura y con peligra de la vida, si no se alivia. » (Ibid.)

3 a Con tal que entrando no ha de salir, ni entrar, ni hablar

con persona alguna. » (Ibid.)

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