‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 90 sur 191 · CHAPITRE V m · texte numérisé non relu

CHAPITRE V m

voyer a Saragosse pour vice-roi qui bon lui semblerait, sans être astreint à désigner un Aragonais. Le marquis d'Almenara était chargé de soutenir cette prétention devant le tribunal du justicia major 1 . 11 reçut toutes les dépositions et les diverses pièces qui incriminaient Ferez, lit mettre des gardes devant sa prison a(in qu'il ne pût pas s'évader *, et eut ordre de le poursuivre, de concert avec le fiscal, devant la justice aragonaise. La procédure commença. Comme il était encore permis d'en arrêter le cours, Perez invoqua de nouveau la miséricorde royale dans les termes d'un respect où perçait cependant la menace. H écrivit a cet effet, le 8 et le 10 mai 8 , au confesseur du roi. Après s'être plaint des persécutions auxquelles il avait été en butte pendant onze années, après avoir rappelé toutes les promesses que Philippe 11 et Diego de Chaves avaient faites soit a lui, soit a sa femme, pour obtenir qu'il ne se justifiât point et qu'il livrât ses papiers, promesses dont aucune n'avait été tenue ; après avoir annoncé qu'il ne lui était plus possible de se laisser ainsi accabler en silence, et avoir prévenu que, bien

* a Y luego se pusô acusacion contra Antonio Perez por el tiscal de Su Magcstad y por don Inigo de Mcndoza, marques de Aliuenara, un cavallero castellano que eslaha en Zaragoza por Su Magcstad, siguiendo y solicitando un pleito, que trataba anlc la corle del gran justicia de Aragon, en razon de que Su Magestad queria y pretendia el poner virrcy a quicn quisiesse, y el reyno de Aragon dicc que ha de set* Aragones, porque asi lo dispouen los fuero* del reyno. » (Proceso, ms.; Argensola, cap. xxiii, p. 50, 57.)

* Argensola, cap. xxvm, p. 77.

5 Mémorial p. 268-275.

qu'on crut lui avoir enlevé tous les moyens de se justifier, il lui restait encore assez de documents authentiques pour le faire d une manière éclatante 1 , il continuait eu ces termes :

« Que Votre Paternité considère, dans sa prudence et sa piété, s'il peut convenir qu'on aborde les secrets du roi en justice*, et combien elle est obligée, pour mille motifs divers, en conscience et . en honneur, à pourvoir à ma défense et à m'indiquer ce que je dois faire et répondre, appelé que je suis en jugement d'une manière si pressante. Je dis que je prie Votre Paternité de considérer, en vue de ce qui convient au service du roi, quel expédient je dois employer dans cette affaire au point où elle en est, car, comme je porte enracinés si profondément dans mon cœur la fidélité et le dévouement au service du roi, je suis disposé a faire tout ce qui sera propre à assurer l'intérêt de ce service. Que Votre Paternité examine si, sans m'obliger a me justifier et a expliquer ma conduite a l'aide des pièces probantes dont j'ai parlé plus haut et dont je puis tirer avantage, il ne serait pas bon de clore le procès et de me renvoyer absous 3 , faute de preuves

♦ Mémorial, p. 208-275

4 « Sobre todo esto considère Vueslra Patcrnidad, ton su miicha prudencia y christiandad, si pucdc convenir, por alguna cosa, que se llegue con laies niatcrias ;i juyzio. » [Ibid., p. 274.)

3 « Que como tengo (an arraygada en las entranas la lidelidad

y amor al scrvicio de Su Magcstad, dispuesto estoy a qualquier mcdio que mas conviniere para acertarse esla. Y mire Vueslra Patcrnidad si sera buen cxpedicnte que, no obligando me â descargo, ?i dar razon de

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