‹ Antonio Perez et Philippe 2Chapitre 97 sur 191 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

était tourmenté par le chagrin et l'inquiétude, en apprenant ce que sa femme et ses enfants avaient à souffrir 1 , s'écria : Dieu dort, Dieu dort! Il faut que tout ce qu'on nous dit de l'existence de Dieu soit une plaisanterie; il ne doit pas y avoir de Dieu. Qualification. Cette proposition, en tant qu'elle dit et répète que Dieu dort, et en la joignant aux parties qui la suivent, est suspecte d'hérésie ; comme si Dieu n'avait pas des choses humaines ce soin que les saintes Écritures et l'Église catholique enseignent. Quant aux deux autres parties de la proposition : la première, il faut que tout ce qu'on nous dit de F existence de Dieu soit une plaisanterie ; la seconde, il ne doit pas y avoir de Dieu, elles sont hérétiques, parce que, bien que nous puissions les excuser beaucoup en disant qu'on les avance en doutant, celui qui doute en matière de foi est un infidèle, car celui qui doute d une chose ne croit ni le oui ni le non. Or l'homme est obligé de croire positivement l'un

• « Dixô Antonio Perez : « Ducrme Dios, Dios ducrme I Deve ser « burla todo esto que nos dizcn de que ay Dios ; no deve de aver (f Dios. » Esta proposicion, qnanto â lo que dixô y repcti que duerme Dios, junta â las parles siguientcs, est suspecta de hœresi, quati Deus non habeat curam rerum hunumarum quant sacrie Litterte et cathoîica EccUsia docent. Quanto â las otras dos partes de la proposicion. ht

prima, « Deve ser burla todo csto que nos dicen de que ay Dios, »

son partes hereticas, porqne, quando le pudicscmos miiého escusar y Hecir que lo dice dudando, dubius in fide infidelis est, porque el que duda de una cosa no crée el si ni el no; y el nombre esta obligado â créer positivamente los dicbos, y no creiendolos no es cristiano, y el que duda, como bé dicho, no crée. » (Collection IJorentc, vol. XIII, t. I, fol.(V7.)

ou l'autre; en ne les croyant pas, il n'est pas chrétien ; et celui qui doute, comme je l'ai dit, ne croit pas.

« Perez, plein de colère en voyant la manière, selon lui, injuste, dont on le traitait, et la part que prenaient à cette persécution des personnes qu'il supposait avoir de bonnes raisons d'en agir autrement, mais qui n'en jouissaient pas moins de l'estime attachée a une conduite irréprochable, a dit 1 : Oh! je renie le lait que j'ai sucé; et c'est là être catholique! Je ne croirais plus en Dieu, si les choses se passaient ainsi. Qualification. Cette proposition, Je ne croirais plus en Dieu, s'il en arrivait ainsi, est une proposition blasphématoire, scandaleuse, offensant les oreilles pieuses, et, jointe à la proposition précédente, elle n'est pas exempte de soupçon 1 d'hérésie 8 . » '»

Cette censure, qui contenait aussi un paragraphe contre Giovanni FrancescoMayorini, fut signée a Madrid, le A mai 1591, par frère Diego de Chaves, et communiquée au conseil de la suprême inquisition. Le 21 , l'inquisiteur général, dont Gaspard de Quiroga, et les trois licenciés, don Francisco d'Avila,

1 Voyez la déclaration de Diego de Buslamentc, Collection Llorente, vol. XIII, t. I, fol. 39.

* « Dixo Antonio Perez: «6 rcniego de la lèche que marné ; y cslo « es ser catolicos ! Dcscreeria de Dios, si esto passase asi.w Esta proposition, quanto â lo que dicc : « Descreeria de Dios, si esto passase « a si, » es proposicion blasfema, escandalosa, piarum aurium offensiva, et, adjuncla prœcedenti proposition, non caret suspicion* de illa hipresi. » (Collection Llorente, vol. XIII, 1. 1, loi. G7 v°.)

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