‹ Antonio Perez et Philippe IIChapitre 101 sur 192 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

don Juan de Zuniga et Gil de Quiniones, décidèrent que Perez et Mayorini seraient traduits dans les prisons secrètes du saint-office, en Aragon, pour y subir leur procès en forme 1 . Ce décret du conseil suprême fut porté par un courrier, de Madrid à Saragosse, en deux jours. Les inquisiteurs Molina de Medrano. Hurtado de Mendoça et Morejon, le reçurent le 23 mai * ; et, le 24 au matin s , ils donnèrent, dans le château de l'Aljaferia, ancien palais des rois maures, situé hors de la ville *, et où siégeait leur tribunal, le mandement qui suit : « Nous, les inquisiteurs spécialement délégués par l'autorité apostolique contre la perversité hérétique et l'apostasie dans ce royaume d'Aragon, y compris la cité et l'évêché de Lérida, ordonnons k vous, Alonzo de Herrera, alguazil de ce saint-office, qu'aussitôt cet ordre reçu vous alliez dans la présente ville de Saragosse, et partout où il sera nécessaire, et vous saisissiez de la personne d'Antonio Perez, qui fut secrétaire du roi notre seigneur, en quelque endroit qu'elle se trouve, église, monastère, ou tout autre lieu saint,

4 « Ha parescido que los susodichos sean pressos y traydos à las carceles sécrétas de esa inquisition, y se les hagan sus procesos en forma. » (Collection Llorente, vol. XIII, 1. 1, fol. 68.)

* Ibid.y fol. 63.

5 Ibid. t fol. 69.

* « El tribunal y carcel del santo oficio y la habitation de los inquisidores esta en el palacio real que por cierto rei moro que la ediiicô, Uamado Aljafar, se llama la Aljaferia, edifizio fortaleza antigua, rodeado de torres fuertes para el tiempo que no habia artilleria : esta en el campo y dis ta de la ciudad trecientos pasos. » (Argensola, cap. xiv, p .22.)

fort, privilégié ; et que, après l'avoir pris, vous le conduisiez, avec précaution et sûreté, dans les prisons de ce saint-office, et le livriez k l'alcade de ces prisons, auquel nous prescrivons de le recevoir de vos mains, devant un des notaires del secreto 1 . »

L'alguazil Àlonzo de Herrera, porteur d'un semblable mandat contre Mayorini, se présenta, avec huit familiers de l'inquisition*, a la prison des Manifestados ; mais on refusa de lui livrer les prisonniers, en alléguant les dispositions formelles des fueros 8 . Instruits de ce refus, les trois inquisiteurs remirent alors a l'alguazil un ordre plus direct et tout a fait péremptoire, adressé aux lieutenants mêmes du justicia mayor. Ils y disaient : « Nous leur prescrivons, en vertu de la sainte obéissance, sous peine de l'excommunication majeure, d'une amende de mille ducats pour chacun d'eux, el de toutes autres peines réservées, qu'ils aient, dans l'espace de trois heures, k livrer, ou a commander qu'on livre

4 « Nos los inquisidores contra la herética pravedad y aposlasia en el reyno de Aragon... mandamos a vos, Alonzo de Herrera y Guzman, alguazil deste sanio oficio... que prendays el cuerpo de Antonio Perez, secretario que rue del rey nuestro seiïor, dondequiera que le hallaredes aunque sea en yglesia, 6" monasterio, 6 otro lugar sagrado, fuerte, privilegiado ; y assi preso y â buen rccado le traed à* las carccles deste santo oficio, y le entregad al alcayde délias, al quai mandamos lo reciba de vos por anle uno de los notarios del secrelo... Dado en el palacio real de Aljaferia de la ciudad de Zaragoça. L. Molina de M edrano, doctor Antonio Morej on, L. Hurtado deMendoça. » (Collection Llorente, vol. XIII, 1. 1, fol. 69.)

* a Los inquisidores embiaron con ocho famHiares. . . y un coche... » (Ptocmo, ms.)

5 Collection Llorente, vol. XIII, 1. 1, fol. 71.

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