‹ Antonio Perez et Philippe IIChapitre 102 sur 192 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

réellement à notre alguazil, Antonio Perez et Giovanni Francesco May or in i, pour être conduits dans les prisons du saint-office, nonobstant cette prétendue manifestation de leurs personnes, laquelle ne saurait être maintenue en des choses touchant et appartenant à la foi comme celles-ci. C'est pourquoi nous prescrivons de révoquer et d'annuler ladite manifestation, comme empêchant le libre et juste exercice du saint-office 1 . »

Cet ordre fut porté, entre huit et neuf heures du matin *, a don Juan de la Nuza, qui était déjà dans la salle du conseil avec ses cinq lieutenants, micer Gerônimo Chalez, micer Martin Baptista de la Nuza, micer Juan Gaco, micer Juan Francisco Torralba, et micer Gerardo Claveria 8 . Le justicia mayor avait eu, dans la nuit même, un entretien secret avec le marquis d'Almenara, qui l'avait décidé k suivre docilement les volontés de Philippe II*. C'est pourquoi, après avoir consulté ses lieutenants, il fut d'avis de

f a ... Que dentro tiempo de très ho ras... den y entreguen... al dicho alguazil las personas de los dicbos Antonio Perez y Juan Francisco Mayorini, para que les trayga à* estas carceles, no embargante qualquier pre ténia manifestation de sus personas, hecha y proveyda, que no puede impcdir lo sobre dicho ni ha lugar in cosas tocantes y pertencscientes â la fé, como estas son ; mandamos revocar y annular la dicha manifestation , como provision que impide el libre y recto uso y exercicio del santo oficio, y notitiçar la dicha révocation â todos los oficiales de su corte. » (Collection Llorente, vol. XIII, 1. 1, fol. 71.)

* a Entre las ocho y las nueve de la manana. » (Déposition du docteur Chalez, ibid., fol. 76 v°.)

3 Ibid., fol. 72.

* Ibid., Histoire critique de V inquisition i t. III, p. 352.

céder aux demandes de l'inquisition. Il envoya le secrétaire Lanceman de Sol a, le massier Malheo Ferrer et le notaire de la cause, Mendibe, a la prison des Manifestados pour qu'ils en tirassent Perez et Ma j or in i, et les remissent entre les mains de l'alguazil du saint-office 1 . Tout s exécuta d'abord comme il l'avait prescrit. On inventoria, selon Tusage, les effets de Perez. Parmi ces derniers on trouva un exemplaire des fueros, un portrait de son père, Gonzalo Perez, et une image de Notre-Damedes-Douleurs 8 , dans la lecture ou la vue desquels il puisait, sans doute, des arguments pour défendre sa cause, des forces pour affermir son cœur contre rinfortune. On le plaça ensuite dans un carrosse avec Mayorini, et on les transporta l'un et l'autre à l'Aljaferia.

Malgré la diligence et le mystère que les inquisiteurs et le conseil du justicia mayor avaient mis a réclamer et a livrer les prisonniers, la nouvelle de cette extradition, qui paraissait contraire aux privilèges du royaume, s'était bientôt répandue dans la ville de Saragosse, et avait ému ses habitants. Perez avait des intelligences dans le palais même du saint-

1 Collection Llorente, vol. XIII, 1. 1, fol. 72.

* Cet inventaire avait surtout pour objet de procurer à l'alguazil les huit ducats qui lui revenaient, d'après le mandement ordinaire des inquisiteurs, pour les frais de capture. On y trouva : un libro de lot fueros y observancias del reyno de Aragon,... un quadro con un retralo de una figura que parecia de Gonzalo Perez,... una imagen de Nuestra Senora de la* Doloree, et beaucoup de papiers. (Inventario, ibid. t t. I r fol. 73, 74 et 75.)

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