CHAPITRE V
oyaume, dans la maison du marquis. Faisant tour- 1er contre celui-ci le droit dont la violation causait e soulèvement, il alla demander et il obtint un orreàe manifestation four son cousin 1 . Si le marquis l'y déférait pas, il était rebelle envers la justice l'Aragon, et, s'il y obéissait, il était perdu. Mais il raignit beaucoup moins en ce moment de désobéir ux lois que de se livrer au peuple. 11 refusa donc l'ouvrir, et il envoya prévenir le grand justicier du léril où il était, et lui demander secours. Le grand iisticier , accompagné de ses deux fils don Juan etdon 'edro de la Nuza, dont l'aîné était déjà désigné pour ui succéder 8 , suivi de ses assesseurs et précédé de es massiers, se rendit en toute hâte auprès du aarquis a travers des flots de révoltés, qui, au nomire de trois à quatre mille, assiégeaient sa maison 8 . I y entra avec Burces, et il laissa à la porte, pour en nterdire l'accès, l'assesseur Chalez, qui était le dus ancien de son conseil 4 .
1 « Y visto que no se podia enlrar la casa... lomaron por acuerdo, ara que se abriese necesariamente, que se pidiese manifestation, ngiendo que en la casa del dicbo marques estava escondido y preso lomingo Gil Burces, y la dicha manifestation la fueron é pedir y obuvieron. » (Collection Llorenle, vol. XIV, t. III. fol. 469, même déposition. — Argensola, cap. xxx, p. 83.)
* « Llego à casa del marques acompanado de los lugarlenientos y e sus dos hijos don Juan y don l'edro de la Nuza, el mayor desinado ya justicia de Aragon despues de los dias de su padre. (Argenola, cap. xxx, p. 85.)
3 « Los demas que tiene dichos, con mas de quatro mill nombres [ue ya se avian juntado, quedaron combatiendo la dicha casa por tolas partes. » (Coll. Llorente, vol. XIV, t. III, fol. 469.)
* « Y entraron en la dicha casa, y melieron consigo al Gaspar Bur-'
Pendant que Burces cherchait son cousin, qu'il ne devait pas trouver, le justicia mayor et ses asses-. seurs engagèrent le marquis à fuir par une porte de derrière, afin de se soustraire a la furie du peuple. Le marquis s'y refusa et répondit avec fierté que personne de sa race n'avait jamais fui, et qu'il ne fuirait pas pour la vie 1 . Au moment où on le pressait ainsi de pourvoir a sa sûreté % les gentilshommes qui avaient fomenté l'insurrection sommèrent l'assesseur Chalez de faire arrêter le marquis par le grand justicier, sous peine d'être considérés et poursuivis, eux et lui, comme des traîtres 8 . Témoin de leur fureur et intimidé par leurs menaces, Chalez appela du dehors le grand justicier a la fenêtre, et le requit, au nom du peuple, de constituer le marquis prisonnier 4 . A ces mots les insurgés poussèrent
ces. . que «via de reconecer la dicha casa.» (Collection Llorente, fol . 469 v' et 470. — « Y dexé a la puer ta, para que la guardase, a este que déclara como mas antiguo del consejo. » (Ibid., fol. 79 v° et 80, déposition du docteur Chalez.)
* « ... Que viese el grande peligro en que estaba, y que se sirviesse de huir la furia de un pueblo inddmito y sin razon y que se fuese por la puerta falsa de la casa en un caballo... respondiô siempre cl marques que no babia de buir por la vida, porque ningnno de su linage lo babia h écho. » (Récit du docteur Torralba dans Argensola, cap. xxx, p. 86, note 1.)
2 a L'assesseur Torralba lui proposait de pratiquer une ouverture pour se rendre dans sa propre maison, attenante à celle du marquis, et s'échapper par là. » (Ibid.)
5 a Le requirieron à csle que déclara que requiriese al justicia sacase preso al marques, y sino que proleslavan contra este y el justicia, y los dénias culpados; que se lo pidirian. » (Collection Llorente, vol. XIV, t. III, fol. 80, déposition Chalez.) 4
* « Y ansi le fue forzado de Uamar al justicia, diziendole que se