CHAPITRE VIII
(ions), qu'il n'y a bon mathématicien qui n'eût dit qu'il y avait» fcntre cette dame et Pérëz, échange et communauté astrologique 1 . »
Le mauvais résultat de ces diverses entreprises contre la vie de Perez n'y mit pas un terme, comme nous le verrons. Perez ne pouvait pas rester longtemps inactif et inutile en Béarn. Il fallait à son ardeur, k son esprit d'intrigue, a son ambition, h sa haine, un théâtre et un aliment. 11 lui fallait respirer l'air des grandes cours, se mêler de nouveau aux plus importantes affaires, et rechercher les satisfactions de la vengeance. Les deux adversaires de la politique et de la puissance de son persécuteur
4 « Que Uegô la cosa, quando estava en Pao Antonio Perez, a len tar a una senora de aquellos confines, herraosaça gahnaça ; gentilaça» muy dama, una amazona en la caça y en un cavallo de monte y rihera (como dizen), como si trataran de matar a algun Sam son. En fin seJe offrescieron x mill escudos y vi cavallos espanoles porque viniesse a Pao, y travasse amistad con Antonio Perez, y cevado de su hermosura le combidasse y tirasse & su casa, y de alli se le entregasse una noche, 6 se le dexasse arrebatar andando a caça. La dama importunada, 6 por curiosidad (natural al sexo) de conoscer un hombre de que tanla estima hazia el poder y la persecucion, 6 por advertir al perseguido, iingié, segun se dex6 créer por lo que se segui<5, aceptar el tratado. Partiôse para Pao. Travô amistad con Antonio Perez. Veniale a* visitai* a su aposento. Yvan y venian lacayuelos y billetes, como Hovidos, y algunos regalos. Al fin pudô mas con ella su bien natural y la afficion que tomô A Antonio Perez, que el interes (métal baxo y el que mancha mas que ningun acto de amor), porque ella misma le vino* a descubrir al cabo el tratado, lo oiïrescido, el caso todo ; y no solo esto, poro le oiïresciô su casa y el regalo délia con tanta afficion (si se conosce por las demonstraciones el amor), que no huyiera buen mathematico que no dixera que ténia con Antonio Perez aquella dama commutacion de luminares. d (Relaciones, p. 176, 177,)
étaient Henri IV et Elisabeth ; il se mit a leur service. Dès le 9 décembre 1591, il avait écrit au premier de ces princes : « Les persécutions que j'ai souffertes, depuis douze années, dans les États du roi catholique, ont été si fortes en grandeur, en durée, en variété, qu'elles m'ont réduit a l'indispensable nécessité de quitter ces États pour venir dans ceux de Votre Majesté placer ma personne a l'abri de sa faveur et de sa protection 4 . » Il lui avait adressé un récit de ses infortunes, et l'avait supplié de lui faire savoir ses volontés. Henri IV était alors dans le plus fort de sa lutte contre la Ligue et contre Philippe 11 . Il avait gagné les batailles d'Arqués et d'Ivry , avait assiégé Paris, que le prince de Parme était venu débloquer a la tête d'une armée espagnole, et allait entreprendre le siège de Rouen, que le même général devait faire lever encore. Au printemps de 1593, avant de se mettre en campagne, il voulut voir Perez, qui pouvait être pour lui un instrument fort utile. Il écrivit a sa sœur, la princesse Catherine, de le conduire a Tours. La il eut avec Perez de longs entretiens, et, comptant se servir de lui auprès d'Elisabeth, dans leurs affaires communes contre l'Espagne, il l'envoya vers cette princesse avec la lettre suivante :
1 « Las persecuciones que yo hé padescido ïn aûos hA en los reynoS del rey catbôlico, han sido tan fuerles in grandeza, y duracion, y variedad, que me han reduzido a necesidad forzosa a apar tanne dellos y a venir A los de Vuestra Mageslad a salvar mi persona con su favor y protection. » [Carta*, p; 506.)